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La musique arabe

Pour se conformer à la tradition arabe, avant de prendre la parole, le conférencier fait exécuter par l'orchestre et les chanteuses indigènes, l’air populaire, Rana djinak (nous sommes venus) qui commence toujours les fêtes ou religieuses ou mondaines pour souhaiter la bienvenue aux hôtes et aux invités.

Lorsque la Société de Géographie d'Alger et de l'Afrique du Nord m'a fait l'honneur de me charger d’une causerie sur la musique arabe à l’occasion des Congrès qui ont conduit dans notre ville l'élite des savants de France et de l'Etranger, la raison qui a le plus déterminé mon empressement à accepter celte mission flatteuse s’est fondée sur le prix de cette occasion rare et brillante de présenter en une circonstance solennelle un plaidover nécessaire en faveur d’un art délaissé et sur lequel j'espérais attirer l'attention dun auditoire de penseurs et d'érudits.

(1) Conférence faite le 20 Avril 1905, dans le Hall du Palais Consulaire, sous les auspices de la Société de Géographie d'Alger et de l’Afrique du Nord, à l’occasion des Congrès des Orientalistes et des Sociétés savantes.

(Extraite du Bulletin de la Société de Géographie d'Alger et de l'Afrique dy Nord, 9% année, ?e trimestre).

cheurs. L

De nombreux savants ont consacré un formidable labeur a recons-. tituer, en des livres luxueusement édités, les merveilles de larchitecture et des arts plastiques des Arabes. De patients orientalistes, penchés sur les manuscrits mystérieux, nous ont rendu Ja littérature et la philosophie de l'Islam; des arabisants distingués sont familiers avec la poésie Sins avec la prose élégante des Hariri. Ibn Nobata, El Kharizmi, avec la métrique de Khalil, avec les ouvrages innombrables des jurisconsultes, des théologiens, des mystiques, des mathématiciens, des alchimistes de tous les pays d'Orient. La musique arabe n’a pas encore bénéficié d’une faveur pareïlle(!) Sans doute, les arts plastiques ont pour eux qu’ils séduisent tout de suite l’esprit par la clarté de leur langage et l’éloquence expressive de leurs formes. Sans doute, elle est profondément passionnante cett délicieuse floraison des arts décoratifs musulmans, avec leur inimitable fantaisie et leur grâce souveraine où nous aimons retrouver l'expression fidèle et éloquente de la pensée d’une race qui a laissé 14 dans la civilisation du monde un sillage toujours lumineux. Sans" ‘doute, rien n est plus digne du labeur des traducteurs et des com- mentateurs que ces littératures orientales, dont le génie imprègne les littératures occidentales du Moyen-Age, que ces œuvres de science.

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