‹ La musique arabeChapitre 2 sur 14 · PET · texte numérisé non relu

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qui ont aidé l’esprit humain à développer ses facultés d'analyse et ont préparé le progrès

Mais ne croyez-vous pas que dans cette histoire de l’art et de la pensée, une place plus large aurait pu être faite à la musique ? N’estelle pas, comme un monument d'architecture, l'expression d’une époque, l’extériorisation de la façon de sentir d’une race, une partie de la vie d’un peuple? Helmholtz a écrit que « pour exprimer les mouvements de l’âme nous n'avons pas de moyen plus’ précis et plus délicat que la musique ».

Dès lors ne trouverions-nous pas un très grand intérêt, à côté des études de littérature et d'archéologie musulmanes, à provoquer des études de la musique arabe et à leur demander si elles ne peuvent nous apporter quelque jour nouveau sur la civilisation de ce peuple olorieux, si elles ne peuvent contribuer à affirmer les règles de l’esthétique musulmane.

À supposer que dans ce sens des recherches resteraient stériles, ne pourrions-nous analyser la musique arabe pour trouver en elle une nouvelle manifestation des conceptions artistiques révélées par architecture et les arts décoratifs, pour reconnaitre si cet art sociologique par excellence, si ce mode de penser et de sentir peuvent ou non se rattacher aux autres arts musulmans dont nous subissons toujours la séduction.

À rester dans le domaine musical, l'étude de la musique arabe ne nous permettrait-elle pas de résoudre certains problèmes importants de musicologie et de découvrir, pour raccorder le présent au passé dans la chaîne des temps, quelques étapes significatives ?

Or, beaucoup d’entre vous l’auront constaté. La bibliographie de la musique arabe est d’une pauvreté insigne. Quand nous aurons cité le travail de Salvador Daniel paru en 1863 dans la Revue À fricaîine (1), l’esquisse de Christianowitch, publiée à Cologne à la même époque (?), le mémoire allemand de Kiesewetter édité en 1842 (8), les études és ptiennnes de Villoteau () qua reproduites et commentées Fétis (5), nous devrons constater qu'en dehors du mémoire de M. Land, lu en 1883 au Congrès des Orientalistes de Leyde sur les origines de la gamme arabe (6), il n'existe aucun ouvrage scientifique basé non plus sur des impressions personnelles plus ou moins contestables, mais appuyé sur des textes ou des faits, consacré à la musique arabe, à ses formes et à ses monuments.

Pendant que des paléographes éminents fouillaient les archives publiques et privées et reconstituaient la musique profane et reli-

(1) La Musique arabe : ses rapports avec la musique grecque et le chant gré-. gorien (Revue africaine 1862-63, livraisons 31 à 39). Le même auteur a publié chez Richault, à Paris : Chansons arabes, mauresques et kabyles transcrites pour piano et chant. Les mélodies sont affublées d’un accompagnement peutétre très savant musicalement, mais parfaitement ridicule au point de vue de la musique arabe.

(2) Esquisse historique de la musique arabe auxtemps anciens avec dessins et quarante mélodies notées et harmonisées. Cologne 1863.

(3) Die Musik der Araber nach originalquellen dargestellt. Leipzig 1842.

(4) De l’état actuel de la musique en Égypte dans la Descri SR de l'Egypte. (Tomes XIII et XIV de l'édition in-8, Paris 1823-26). ‘Atlas Etat moderne, pl. AA-CC.

(9) Histoire générale de la musique, Paris 1869. T. II.

(6) Actes du 6e Congrès international des Orientalistes : Recherches sur V’histoire de la jamme arabe par J. P. N. Land (Section sémitique), Leyde 1885.

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