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sans. C’est un alto accordé comme un violon, mais une octave plus __ , baset qui, vous l’aurez remarqué, se joue en tournant l'instrument vers l’archet dont le mouvement de va et vient est toujours dans le même plan. : LE Voici le Kanoun, descendant du lon et du pissantr des re Hébreux et des AU. Il compte 51 cordes accordées 3 par 3, donc 17 notes, et se joue au moyen de deux plectres de plumes ou | de baleines nes à l'index par un anneau de métal. Le Kanoun Égyptien a 24 notes, soit 72 cordes, et les cordes, en avant des clefs, portent sur trois sillets qui peuvent se rabattre successivement de façon à ce que chaque note peut avoir 4 longueurs différentes
correspondant à des différences de quart ile ton.
. Voici encore le tar ou tambour de basque, dérivé du teff que Marie, sœur d’Aaron, frappait de sa main en répétant le sublime cantique de Moïse après le passage de là Mer Rouge. SC Voici, enfin, la derbouka, dont l'origine remonte à l'antique 7. Égypte et qui est surtout un instrument de dames. | ; Quand j'aurai cité le guinebri (la petite guitare à deux cordes si. pareille au samsim des Japonais et des Chinois), les flûtes taillées dans un roseau, les gheïla aux sons criards importées en Algérie He par les Turcs, et quelques instruments de percussion, j'aurai fat défiler devant vos esprits tous les instruments-types dont se sert la musique arabe pour s'exprimer.
Une esquisse ne saurait prétendre à une conclusion et je me suis
proposé seulement de vous esquisser la physionomie d'ensemble + je une question très complexe. # Au point de vue purement musical, la musique AE n'est sans
Moue pas l’art complet et digne de ce nom comme nous l’entendons
pu hui. Il faut la juger comme nous jugeons l’art des primitifs en la replaçant dans son milieu et dans son temps. À ce titre, elle est pleine d intérêt parce qu’elle nous reporte à 10 Rues en arrière et confirme certaines données de l'histoire générale de la musique. | ;
Pour la comprendre He il faudrait pouvoir une heure … revivre la pensée arabe, sentir comme les contemporains des kali-
fes, nous faire une intelligence musicale-débarrassée de toute notre éducation artistique et pareille à celle de ses compositeurs de 4 es de Médine et de Séville ;.il faudrait que notre conception
. du plaisir musical, que ce plaisir musical lui-même eût ses sources objectives et subjectives, ces causes internes et externes absolument identiques à celles des musiciens arabes. Nous n’essaierons pas ce chapitre de psychologie comparée et nous nous contenterons de. reconnaître l'importance de l’étude de la musique arabe dans ce qu’elle est une survivance d’un art plusieurs fois séculaire, qui a eu sa part dans les transformations multiples d’où sont sortis les éléments de la musique moderne et qui est doué d’une vitalité prodi-. gieuse, puisqu'il a survécu à l’aide de la seule mémoire de ses interprètes, sans le secours de l'écriture, et est resté lui-même Œ . mille ans de distance, dans le temps et dans l’espace. LES J'ai, en outre, essayé de vous montrer qu'en étudiant la turque He
NA
RL, DATE A rs x | . “ns | var arabe, on pourrait écrire un nouveau chapitre de l’Esthétique des arts musulmans, chapitre qui confirmerait la plupart des notions
acquises. |
No ii. Considérée selon les émotions d’art qu’elle a pu connaître et TA héttler la race arabe nous epparaît nimbée de son sceplicisme 1158 doucement résigné, grave et tranquille dans sa sérénité fataliste. Elle né conçoit pas l’art comme un moyen d’expression de pensées . violentes, des drames de la vie où de sentiments minutieusement analysés : elle y trouve plutôt le sujet d'une sorte de méditation extatique ; elle y cherche l’image de pensées flottantes, vagues, qui __ attirent l’âme et l’absorbent dans la contemplation intérieure de son rêve. 4 Ce qu’elle aime dans l’art c’est l'atmosphère de ce rêve qu'il dé termine; ce sont, comme dit Gayet, les extases de l’âme plongée 2 ci dans toutes les complexités de la délectation morose (1). Ro Et quel art plus que la musique peut lui apporter cette sorte de Fe cénesthésie heureuse, cette sensation vague et générale qui accom= pagne la conscience de nos états psychiques? Quel art peut lui pro- + curer un plaisir esthétique plus intense, plus abondant, un plaisir. AB que l'émotion commence et que limagination continue, un plaisir POUR qui permet de s’oublier, d’envelopper sa vie récente d’un nuage et quand même de se sentir vivre et content de vivre? | FES Et parmi les diverses musiques connues, où pouvait-il trouver un
15 no 710 4) Gayet : l'Art arabe. | £ | AR
iare plus adapté que le sien, à sa denianté de contemplatif, dé mys- Fe is de spiritualiste doublé d’un sensuel. ee À Aussi ne lui demandez pas une musique compliquée qui | oblge LEA rait à l'analyse de ses sensations ; comme tous les primitifs, il pense … ë mélodiquement et rytimiquement et cela suffit à son besoin de . # chanter. | 10 Surtout n'accusez pas sa musique de re parce qu'elle est à une seule dimension et purement linéaire, car les lignes simples n’en sont pas moins admirables; elles ont SU aux me primitifs pour laisser sur la pierre leurs D tou sociales ou religieuses Et pour lancer vers le ciel, avec la modulation d'un roseau percé de quelques trous ou d’une corde tendue sur une carapace de tortue, ‘leurs appels de tristesse ou de joie.
Pour l’histoire de l’art et de la civilisation des Arabes, pour a musivologue à qui elle révele des richesses précieuses, pour le psy- . chologue qu’elle éclaire sur les modalités diverses de l’âme arabe pour le philosophe qu’elle renseigne sur l'esthétique d’une racese composant une sensation, pour l’orientaliste qu’elle peut conduire à des découvertes intéressantes, la musique arabe est un sujet d'études et d’investigations très riche el à peine exploité. en Avec cette musique l’âme d’un grand peuple à palpité ; elle a béta À KA les rêves de toute une suite de sénérations et aujourd’hui: encore, ei ; après des s'ècles, elle suffit amplement à nos populations indigènes + héritières d’âges dns dont elle est l’expression la plus fidèle et K la plus pittoresque. | Re
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En dehors de ces considérations, je m'aperçois aujourd’hui que les études de la musique arabe sont particulièrement fructueuses pour les contérenciers puisqu'elles m'ont procuré ce soir l’honneur précieux et le plaisir délicat de présenter mon ardente conviction devant une assistance des plus distinguées et des plus bienveillantes qui voudra bien me pardonner d’avoir retenu si longtemps son attention.
Pour finir la séance et se conformer à la tradition arabe, les deux orchestres entonnent à ce moment l'air populaire entre tous Bekaou âala kheir (restez en paix) qui se chante dans les fêtes et cérémonies pendant que les invités se retirent.