‹ La musique au JaponChapitre 12 sur 12 · LES INSTRUMENTS À PERCUSSION · texte numérisé non relu

LES INSTRUMENTS À PERCUSSION

Il y a au Japon trois familles d’instruments à percussion: à la première appartiennent les instruments couverts de peau et qui se jouent avec des baguettes; à la seconde, ceux en •métal; et à la troisième, ceux en bois.

Le chef de la première famille est le Jamagairou-guinetaicOj fig. 58, grand tambour de guerre, que fit construire, il y a 190 ans, Ooischi Curannoske. Ce Taico est tout d’une pièce et formé d’un tronc d’arbre évidé; large de 0m,185 avec un diamètre de 0m,52. Sur ce cerceau de quelques centimètres d’épaisseur sont étendues des deux côtés des peaux assez fortes, qui sont fixées avec des clous à tête ronde. Trois anneaux en fer placés à distance au milieu du cerceau, servent à attacher le tambour à une espèce de châssis en bois.

L’unique différence qu’il y a entre le Taiko de l’orchestre japonais et le nôtre c’est que le premier est plus orné et attaché à un châssis très-élégant.

On joue le Taiko moderne avec deux baguettes en bois, fig. 59, de la longueur de 0m,40 dont la tête, également en bois, est couverte en peau vernissée.

Le petit Taiko ou tambour ordinaire, fig. 60, se compose d’une caisse ronde en bois évidé du diamètre de 0ra,25 sur une hauteur de 0m,13; cette caisse supporte deux cercles de 0m,345 de diamètre, formés par une peau tendue sur un rond en métal. Ces deux cercles sont fixés à la caisse par un cordon en soie; celui-ci passe dix fois alternativement dans le fer des deux bords opposés et permet ainsi de donner à la peau la tension nécessaire.

On joue le petit Taiko, ainsi que tous les instruments de ce genre, avec des baguettes pareilles à celles du grand Taiko, mais d’une dimension plus petite.

Le Tossoumi , fig. 57, est une espèce de petit tambour, que les danseuses japonaises tiennent suspendu à leur cou et dont elles jouent en dansant. Savio donne dans l’ouvrage que nous avons cité, le dessin de la danse des papillons, m l’on voit des danseuses avec des ailes de papillon attachées aux épaules, jouer du Tossoumi qu’elles portent suspendu à leur cou.

Humbert le cite aussi comme un instrument spécialement employé par les disciples de Therpsicore.

Le Toussoumi est extrêmement élégant. Sa forme svelte et les ornements dorés qui l’entourent, le rendent propre à l’usage <{ue l’on en fait.

Sa peau fixée sur deux cercles en bois doré de 0ni,20 de diamètre est tendue au moyen d’un cordon en soie ; la caisse a la forme d’un calice double en bois de la hauteur de 0ra,25 et dont l’orifice a un diamètre de 0m,10.

Le Kako et le Yoko ne sont que deux variétés du Toussoumi légèrement modifié.

La préparation des peaux pour les tambours est l’occupation spéciale des Eta, espèce de Paria japonais, et ce sont eux aussi qui les montent sur les cercles.

Dans la seconde catégorie des instruments à percussion, désignée sous le nom générique de Doo , nous trouvons une très-grande quantité de tam-tam , de différentes formes et de diverses grandeurs. Le plus connu au Japon est le Gong ou grand tam-tam, fig. 64, en bronze, de forme circulaire; il a un diamètre de 0m,60 et ses bords, de la hauteur de 0ra,10 sont un peu repliés en dedans, de sorte que le diamètre de son ouverture n’est que de 0m,53. Au milieu du Gong se trouve une espèce de calotte circulaire du diamètre de 0m,15 et de la hauteur de 0m,028; c’est sur cette calotte que l’on frappe avec une baguette en bois dur, dont la tête est recouverte de peau, fig. 65. On attache le tam-tam, dont la grosseur varie de 0m,002 à 0m,004, à un châssis, moyennant un cordon en soie ou une sangle en peau, qui passe à travers deux trous pratiqués dans le bord de l’instrument.

Le Schoko , fig. 66, espèce de petit tam-tam, de 0m,33 de diamètre et de 0m,0018 de grosseur, a un bord de 0m,045 de hauteur, replié verticalement. Il a tout autour un enfoncement de 0m,006 de profondeur et de 0m,05 de largeur.

Aussi bien que le précédent, il présente au milieu une protubérance de 0m,09 de diamètre et de 0m,02 de hauteur. On l’attache à un châssis très-élégant par un cordon passé au-travers de deux ouvertures pratiquées dans le rebord à une distance de 0m,20 l’une de l’autre.

Le plus rare et le plus étonnant de tous les tam-tam est le Doraa de Corée, fig. 61, de fouine circulaire. Son diamètre est de 0m,39 et sa bande repliée en dedans est large de 0m,09. La surface de cet instrument est très-inégale et elle est formée par une quantité de petites élévations, qui ne se trouvent pas dans les autres tam-tams, dont la surface est généralement très-unie. Ce Doraa donne un accord en La mi-

heur, et ce qu’il y a de plus curieux c’est que la tonique disparaît tandis que la dixième domine.

Les Nihoïhagi , fig. 67, sont des cymbales en bronze larges de 0m,296 avec une calotte sphérique rentrante au milieu, qui a 0m,045 de profondeur sur un diamètre de Om,lL Cet instrument est en usage dans les temples de Boudda.

Les Nihoïhagi que je possède ont une inscription tout autour de leur rebord ; elle nous apprend qu’ils ont été faits dans la rue de Jaroo, fonderie de Koung-te-chiou , la première des années Teng-mei (1781 ap. J. C.), et qu’ils faisaient partie des objets conservés dans le temple de Tai-lien, afin que tous les dieux protègent la terre.

Dans les orchestres et dans les Musiques militaires on emploie des Nihoïhagi plus grands, fig. 63, qui ont 0m,396 de diamètre et une calotte de 0m,195 de largeur sur 0m,07 de hauteur.

Ceux-ci ont été fabriqués dans la onzième année Kouan-sei (1800). On tient ces cymbales en main par le moyen d’un gros cordon à nœuds, fixé à travers l’ouverture qui se trouve au centre de la calotte sphérique.

La figure 56 représente le Soudsou , espèce de sonnerie formée d’un manche en bois d’une longueur de Om,ld avec un garde-main formé de 5 feuilles. Au-dessus de ce dernier est fixé un fil de métal de la grosseur de 0m,003, tordu de façon à former trois cercles concentriques, superposés l’un à l’autre à la distance de 0ra,03.

A ces cercles sont attachés douze grelots en bronze, semblables à ceux que nous employons pour les chevaux de poste.

Ces sonneries servent, comme je l’ai déjà dit plus haut, à des usages sacrés et profanes.

Dans la troisième catégorie, nous trouvons des espèces de castagnettes en bois de différentes grandeurs.

Dans le nombre se trouve le Schacou-bioschi formé de 2 simples morceaux de bois dur à faces carrées, un peu plus larges à leur base, qu’à l’autre extrémité.

Un autre instrument, qui appartient à la même catégorie, mais qui est beaucoup plus intéressant, c’est le Mokkine, fig. 85, espèce de Xylophone; il consiste en 13 baguettes en bois dont la plus courte a 0m,15 et la plus grande 0m,28 de longueur. Ces baguettes sont fixées par un clou à tête arrondie sur une bande en feutre et elles reposent sur le bord d’une petite caisse teinte en noir avec dorures, longue de 0m,58 et large de 0m,30. On en joue avec deux boules en bois attachées à deux baguettes en cuivre.

La succession des sons de cet instrument est vraiment originale, en commençant par le son le plus bas elle est Re. Mi. Fa. La. Do. Re. Fa. Sol. Si. Do. Re. Mi. Fa.

Le Mokkine que je possède a été fait à Desima dans l’île de Kiouschiou et a servi aux musiciens aveugles.

Page 1