‹ La musique au JaponChapitre 6 sur 12 · SI · texte numérisé non relu

SI

et on obtient 54 pour la longueur de la corde qui donne le Schô.

On prend ensuite 54 pour unité nouvelle; on le divise de nouveau par 3 et l’on ajoute cette 3me partie à 54:

ce qui donne 72 pour le Kakou.

On divise de nouveau le résultat 72 par 3 et on soustrait le tiers de 72:

ce qui nous donne 48 pour le T'schi.

Le résultat 48 est de nouveau divisé par 3 et ce tiers est additionné au 48 :

ce qui nous donne 64 pour Ou.

On continue de la même manière en divisant toujours par trois, en soustrayant et en additionnant alternativement.

On aperçoit clairement par ces calculs et par l’analyse de tout le système musical japonais qu’il est d’origine chinoise. En effet nous avons au Japon 12 sons fondamentaux correspondant aux 12 Liou des Chinois ; nous voyons en outre que les gammes pentatoniques sont construites d’une manière analogue à celle qu’employait le célèbre chinois Lin-Len et qu’elles reposent toutes sur des successions de quintes ascendantes et de quartes descendantes.

Qui ne reconnaît pas dans les cinq noms de la gamme japonaise Kiou, Schô , Kakou, Tschi, Ou, le Kong , Chang, Ko, Tschê, et Y ou des Chinois ?

La plupart des instruments en usage au Japon sont également d’origine chinoise ; on aura l’occasion de s’en convaincre quand j’en donnerai la description.

Toute la différence entre les deux systèmes consiste:

1° Dans la différente origine qu’attribuent les deux peuples aux différentes parties de leurs théories et à leurs instruments ;

2° dans l’usage que font les Japonais de la substitution des sons accidentels, qui existent dans la théorie chinoise, mais qui n’y ont jamais eu une application pratique.

Quant au système de notation musicale, les Japonais n’en possèdent un relativement complet, que pour la musique pure ou sacrée.

Dans les -morceaux de musique pour les instrumens à corde, l’on indique par un numéro la corde qu’il faut jouer, et dans ceux pour les instrument à vent, on écrit les différents numéros correspondant aux trous qu’il faut boucher avec les doigts. Quelquefois ils écrivent aussi le nom du son en relation avec la tonalité dominante. On indique les sons accidentels par de petits accents que l’on écrit à côté de la représentation graphique du son et qui signifient qu’il faut lever ou baisser le doigt sur la corde ou sur le trou.

Au moyen d’un petit rond ou de deux ronds concentriques, on indique qu’il faut baisser d’une ou de deux octaves le son normal, qui avait été indiqué d’abord.

La valeur ou la durée des sons est marquée de deux manières, savoir:

1° En laissant entre les différents signes musicaux que l’on écrit l’un au-dessous de l’autre, un espace plus ou moins grand, selon la valeur plus ou moins grande des sons.

2° En plaçant à droite du signe musical indiquant le son, un rond entier, un demi-rond ou un quart de rond selon que le son doit durer un entier, un demi ou un quart.

On ne trouve pas dans la musique japonaise de véritables indications pour le mouvement ou le rhythme. Cependant toutes les mélodies et les chansonnettes que les historiens et les voyageurs nous ont fait connaître sont en temps pair 4/4 ou 2/4 et, quant au rhythme, on trouve dans la plus ancienne musique nationale des virgules placées entre un signe musical et le suivant. Ces virgules indiquent un sforzando à faire dans un son longuement tenu, qui est accompagné d’un coup de Schiacou-bioschi (espèce de castagnettes).

Dans la musique profane, l’on ajoute aux signes musicaux des monosyllabes qui varient selon l’instrument que l’on joue, et qui imitent le mouvement que l’on doit donner aux sons ; pour les instrumens à vent on se sert p. ex. de la sillabe va répétée plusieurs fois comme rarara , ra , rara....

La musique japonaise est écrite sur des lignes verticales qui se suivent, comme dans l’écriture ordinaire, de droite à gauche en commençant toujours d’en haut. Quand c’est de la musique vocale, alors on écrit les paroles à gauche des lignes et les signes accidentels à droite ou à gauche à volonté.

Les morceaux de musique japonais sont généralement écrits de manière à être joués par un instrument avec ou sans accompagnement de chant ou d’autres instruments. Dans le premier cas, le chant, qui est regardé au Japon comme uu accessoire et non comme la partie principale, est toujours à l’unisson avec l’instrument, de sorte que l’un sert de renfort à l’autre.

Il y a une règle fixe dans la musique pure on sacrée pour l’instrument qui accompagne. Il doit jusqu’à la fin suivre

l’instrument accompagné dans le même intervalle avec lequel ils ont commencé.

On trouve dans le genre profane seul des exceptions à cette règle.

L’orchestre japonais, Baiaschi , est généralement formé de neuf musiciens, Gakkounin , ainsi distribués:

Deux Taiko-gata

(joueurs de tambour)

Deux Fouye-gata

(joueurs de flûte)

Deux Schoschicirikki

(joueurs d’un instrument à anches)

Un Kane-gata

(joueur de triangle)

Deux' Outai-gata (chanteurs).

L’orchestre composé de cette façon se nomme Kouninebaiaschi, mais on le nomme Gonine-baiaschi quand il n’y a qu’un seul musicien de chaque espèce.

Le Kane-gata commence et finit les différents morceaux de musique. Il est suivi par les Schoschicirikki, puis par les Fouye-gata et les derniers à jouer sont les Taiko-gata. L’orchestre complet, excepté le Kanegata et les Outai-gata jouent un sextuor concertant dans lequel se fait entendre par intervalles le Kanegata.

Quand le sextuor est fini, alors recommencent les duos ou les solos, s’il s’agit d’un gonine-baiaschi; la production tout entière se compose d’une suite de morceaux dans lequels les Gahkounin jouent dans l’ordre que je viens de décrire.

Sur un ancien rouleau de soie japonais où se trouve la description des fêtes données en l’honneur de la divinité du mont Schigherij on voit une peinture de l’orchestre qui j ouait un rôle important dans cette solennité.

Il est disposé en deux sections, l’une en face de l’autre:. la première de ces sections est composée d’un joueur de Sono-Koto (grande harpe japonaise) et d’un Schoschicirikki entre deux joueurs de Scho-no-fouyê (espèce d’harmonium à anches libres).

La seconde section a en première ligne deux Taiko-gcita (joueurs de tambour), deux Schoschicirikki , deux Fouyé-gata (joueurs de flûte) et deux joueurs de Scho-no-fouyê .

Quant à l’orchestre domestique, d’un usage si commun dans les fêtes de la vie privée, il est en général formé de trois instruments seulement: le Sono-Koto, le Schamiseng et le Kokiou.

L’orchestre du théâtre chinois au Japon est composé de 6 espèces d’instruments dont je donne ici les noms japonais et chinois ; on en trouvera le description avec celle des autres instruments.

Qirin (en chinois Ourh-hsien) violon à 2 cordes, fig. 68.

Pokpan et Heongpan (en ch. Paipan) castagnettes en bois, fig. 72, 73.

Sengtian (en ch. Hsing-ti) espèce de hautbois, fig. 71.

Poung-kou , fig. 74, petit tambour qui sert au chef d’orchestre pour battre la mesure.

Soulà (en ch. Tan-ta ), fig. 75, petit tamtam.

Taakam (en ch. Yang-chin ), psaltérion avec plectres en bambou, fig. 70.

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