La musique aux Pays-Bas avant le 19e siècle. Documents inédits et annotés. Compositeurs, virtuoses, théoriciens, luthiers; opéras, motets, airs nationaux, académies, mâitrises, livres, portraits, etc.; avec planches de musique et table alphabétique
Voici un recueil de noies el de documents historiques, et non une histoire vérilahle. Celte histoire est-elle possible aujourd'hui? Nous osons affirmer que non. Des contradictions et des ténèbres, des fables mêlées à des récils vrais, des détails puérils usurpant la place des faits sérieux, telle est, en ce moment, la physionomie de nos annales musicales.
Cet état appelait une prompte régénération. On réédifie, de fond en comble, l'histoire de la peinture, de la sculpture et de l'architecture. Pourquoi donc la musique serailelle laissée à l'écart? Son rôle a été, ce nous semble, assez important, assez glorieux, pour mériter d'être mis en relief d'une façon digne et durable.
Et comment parviendra-t-on à faire jaillir la lumière, sinon en recourant aux sources authentiques, en dépouillant nos dépôts d'archives? Déjà un esprit vaillant, un chercheur intrépide, M. Léon de Durbure, a commencé ce
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rude travail dans les registres de la cathédrale d'Anvers. Le résultat de ses investigations est consigné, en partie, dans deux intéressantes publications , Tune relative aux associations musicales, l'autre concernant les luthiers de l'antique métropole commerciale. La Biographie nationale, qui s'édite sous les auspices du gouvernement, fournira à notre savant ami une excellente occasion d'utiliser le reste de ses trouvailles.
Nous nous joignons à lui, avec l'espoir de pouvoir apporter notre modeste contingent à une restauration si nécessaire. Nommé, en 1862, au poste d'employé aux Archives générales du royaume, à Bruxelles, nous comprîmes bientôt ce que cet immense établissement pourrait offrir d'auxiliaires précieux pour l'avancement de la grande entreprise. Un faible essai, publié quelques années auparavant, d'après des documents recueillis dans une petite ville de Flandre (i), nous avait inspiré le goût de ce genre de recherches, et inoculé une patience à toute épreuve, vertu si indispensable à celui qui pénètre dans le dédale des vieux papiers. Nous nous mîmes à l'œuvre, et, grâce à quelques secours obligeants, il nous fut donné de mettre la main sur des documents d'un intérêt capital pour notre histoire musicale.
Il fallait un mode de publication. Se borner à repro-
(1) Recherches sur la musique à Audenarde avant le XIX^ siècle. Anvers, Buschman, 1856, in-S", avec une planche de musique. Cet opuscule, écrit sans prétention et à distance des grands centres où le recours aux livres spéciaux est facile, a été rudement malmené par M. Fétis. Nous prouverons à celui qui censure notre inexpérience d'alors, qu'il ne sait pas lui-même le premier mot de ce qu'il croit être une vérité indiscutable. M. Fétis ignore jusqu'à la langue dans laquelle sont écrites les pièces servant de base à notre nolice.
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duire les documents lels qu'ils se sont présentés, c'était ne fournir à la science qu'un mélange confus de pièces, à commencer par celles qui comportent à peine deux lignes, jusqu'à celles qui embrassent plusieurs pages. Attendre que tous les documents eussent reçu leur corollaire indispensable, c'était condamner notre existence à des perquisitions incessantes sans profil immédiat pour l'histoire. Point de pièce qui ne porte son enseignement; point de jour qui n'amène une trouvaille imprévue. D'ailleurs, les Archives générales du royaume sont loin de renfermer tous les éléments d'informations auxquels devra puiser l'annaliste. Les provinces sont là avec leurs archives particulières, tant civiles que religieuses. Le moindre dépôt renferme des milliers d'anneaux de la grande chaîne à établir.
Mais les fureteurs du dépôt central peuvent ouvrir la voie, dégrossir le travail et servir en quelque sorte d'éclaireurs aux autres pionniers. Par la publication raisonnée et circonstanciée de leurs découvertes, le zèle des archivistes de province s'enflammera, les faits et les noms nouveaux leur deviendront familiers, et leur coopération active cessera d'être une impossibilité. Car, monopoliser les recherches et écarter les ardents, n'a jamais été dans notre pensée. Nous appelons, au contraire, à notre aide tous les généreux investigateurs, et nous les convions à mettre au jour le résultat de leurs perquisitions.
Voilà ce que nous avons tenté de faire, et l'ordre adopté dans notre recueil, nous semblait indiqué par la matière même.
Les documents sont groupés sous des noms de personnes. En prenant pour rubriques des noms de villes, il eût fallu multiplier à l'infini, sans profil pour le lecteur, les para-