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graphes et les subdivisions de paragraphes. Il n'est point, en effet, d'artiste plus instable que le musicien. Sa carrière n'est, pour ainsi dire, qu'une pérégrination continuelle. Tout reprend, du reste, sa place normale dans la Table onomastique, où les noms de villes apparaissent en caractères saillants, avec tous les objets qui s'y subordonnent.
Notre cadre comprend, entre autres, les compositeurs, les virtuoses, les musicographes, tout ce qui concerne la lutherie et les luthiers, eu égard particulièrement aux instruments polyphones à clavier, ces auxiliaires puissants du développement de l'harmonie.
On y verra des renseignements sur les institutions musicales, telles que maîtrises, académies, associations de Sainte-Cécile, de Saint-Job, de Sainte-Marie-Madelaine.
Les chants nationaux inédits, soit civils, soit religieux, auxquels se rattache un fait, une légende, un trait de mœurs quelconque, seront reproduits avec le plus grand soin et accompagnés des notes explicatives qu'ils réclament. Le présent volume en offre un : le Requiem des confrères de la Marguerite, qui nous semble mériter l'attention des connaisseurs.
L'origine et les développements de l'opéra français et italien, aux XVII^ et XVIH^ siècles, seront retracés chronologiquement au moyen d'une série de documents d'une authenticité irrécusable.
La bibliographie n'a point été négligée, et l'on verra, en parcourant le curieux catalogue inédit de la bibliothèque musicale du chevalier Dandeleu, mort en 1667, les ressources que de pareils documents peuvent fournir aux fureteurs de livres.
Les portraits rarissimes des vieux musiciens ont été
recherchés aussi avec le plus grand soin. Celui de Josquin Desprès, qu'un heureux hasard nous a fait découvrir, offre une importance sur laquelle il est inutile d'insister. Le portrait original d'Adrien Willaert, gravé en 1559, conséquemment trois ans avant la mort de l'illustre fondateur du Conservatoire de Venise, nous paraît unique dans son genre, et éveillera, sans nul doute, l'intérêt des amateurs. Tous deux ont été reproduits avec une fidélité matériellement exacte, par le procédé photolilhographique de MM. Simoneau et Toovey, de façon à représenter en quelque sorte la gravure même.
En présence de pièces d'un sens énigmatique capables de dérouter l'œil le plus perspicace, nous nous sommes permis parfois de hasarder quelques suppositions. Comme nous le disons ailleurs : « Les inductions et les hypothèses » sont tolérées en l'absence de preuves rigoureuses, et si » elles ont souvent une base chancelante, elles ont sou- » vent aussi le mérite de mettre sur la voie de la vérité et » d'élargir le champ de l'investigalion. » Donner des dates et des faits, et rien que des dates et des faits, le beau mérite! Si, plus tard, des documents positifs viennent démentir nos conjectures, le système de périodicité de notre recueil facilite immédiatement le redressement des erreurs commises et l'utilisation des nouveaux matériaux exhumés. La même chose ne saurait avoir lieu avec les Histoires, les Biographies, les Études, etc., autant de modes de publications qui affectent des formes définitives, et qui, grâce à leur litre séducteur et à leur style élégant, accréditent les erreurs et retardent l'épanouissement de la lumière.
Il y a plus. Bien que notre livre soit purement historique, nous avons cru devoir y joindre, de temps en temps,
quelques observations eslhéliques, lorsqu'il s'est agi d'œuvres (l'une rareté excessive, soit manuscrites, soit imprimées, enfouies dans des collections particulières dont l'accès est souvent difficile. Le cas s'offrira souvent pour les monographies des petites villes. Chaque fois qu'il y aura lieu, nous aurons recours à la phololithographie pour témoigner de notre scrupuleuse exactitude.
A peu de chose près, notre travail est géographiquement circonscrit dans les limites tracées par Jean de Glen, auteur d'un livre intitulé : Des habits, mœurs, cérémonies, façons de faire, anciennes et modernes, du monde. (Liège, 1601, p. 111) : « La Gaule Belgique, dit-il, est diversement nom- » mée la Belge, la basse Allemaigne, les dix-sept provinces » et le Pays-Bas. Mais le nom de Pays-Bas comprend encore » le pays de Liège, les duchés de Juliers et de Clèves. Cette » région est bornée de la rivière d'Eems, de l'évesché de » Coloigne, de Trêve, de Picardie, Vermandois jusques à » l'embouchure de la rivière d'Aa qui va se desgorger en » la mer près de Gravelingue. Les dix-sept provinces sont : » Brabant, Lutzembourg, Lembourg, Gueldre, Flandre, » Artois, Haynaut, Hollande, Zélande, Namur, Zutphen, » le marquisat de Saint-Empyre, les seigneuries de Frise, » IMalines, d'Utrecht, Overyssel et Groningue. »
Notre volume a paru, par fascicules successifs, dans l'un des meilleurs recueils périodiques du pays, le Messager des Sciences historiques, de 1863 à 1867. Durant ce long espace de temps, les trois derniers tomes de la Biographie universelle des musiciens de M. Fétis ont vu le jour. Il y aurait à cela un grave inconvénient pour nous, si, comme nous le craignions, le musicographe s'était tenu au courant des découvertes qui surgissent chaque jour. Non-seulement