LES LIVRES DE MUSIQUE
Miisica divina, de 19 autheurs illustres, à 4, 5, 6 et 7 voix; imprimée en Anvers; 7 vol.
Madrigali a 4 voei, di Luca Marenzio et 19 autres autheurs; imprimez en Anvers, avec son bas général; 9 vol.
Édition anversoise du recueil de madrigaux à i voix, de Marenzio, que M. Fétis ne mentionne pas. Il ne cite que l'édition de Venise. « Ces madrigaux, — dit-il, — doivent être classés parmi les plus beaux ouvrages de Marenzio. »
Canzoïiette a quatro voei, di Felice Anerio, romano, et autres
autheurs; imprimées en Anvers; 7 vol.
Édition anversoise inconnue à M. Fétis.
Canzonnette a 4 voei, d'Horatio Vecchi da Modena; imprimées à Neurembergh; 6 vol.
Giardino nuovo bellissimo di varii fiori musicali sceltissimi, a cinque voei, de Monteverde et autres excellens autheurs; imprimé à Coppenhaven; 7 vol.
Ce recueil n'est pas cité par M. Fétis, à l'article Monteverde.
Partitura delli sei libri de' Madrigali a cinque voei, dell' illustrissime et eccellentissimo principe di Venosa d. Carlo Gesualdo, et autres autheurs; imprimé à Genova; 7 vol.
Sept volumes de divers autheurs, escrits à la main.
Di Giovanni Croce Chioziotto, maestro di capella délia serenissima signoria di Venetia in San Marco; madrigali a sei voei; imprimé à Anvers; 6 vol.
Balletti a tre voei con gli suoi versi per cantare, suonare et ballare, di Gio. Giacomo Gastoldi di Garavaggio, maestro di capella nella chiesa ducale di San Barbara in Mantoua, et autres autheurs; imprimez à Anvers; 3 vol.
Le titre de cet ouvrage diffère de celui que reproduit M. Fétis, à rarlicle Gastoldi.
Madrigali di Poraponio Nenna da Barri, a cinque voei, et autres autheurs; imprimez à Venise; 5 vol.
L'Amphi-Parnassa comedia harmonica d'Horatio Vecchi da Modena; imprimé à Venise; o vol.
Partitura per suonare délia canzonette alla francese, a 4, 5 et 8 voei, del signor Gioseppo Goami; imprimé à Anvers; 7 vol.
Le titre de cet ouvrage diffère de celui que donne M. Félis.
Concerli musical! con le sue sinfonie, a olio voci, commodi per conccriare con ogni sorte di stromenti, di Gio. Giacomo Gastoldi; imprimez à Venise; 9 vol.
Canzoni da suonare a 4 et a 8, di Francesco Rovigio et Ruggier Trofeo, organisti eccelentissimi; imprimés à Milan; G vol.
Ouvrage que ne cile point M. Fëlis. Le premier auteur lui est inconnu; le deuxième est qualifié de raallre de chapelle à Jlilan, Or, il résulte du titre de cette composition que Rogier Trofeo fut un grand organiste.
Madrigali a 4, 5, 8, 9, 10 et H, concertati coq voci et stromenti di Giovanni Valentini et autres autheurs; imprimez à Venise; 8 vol.
M. Félis ne cile pas ces madrigaux de Valentini.
Madrigali del Venosa, a cinque voci; imprimez à Venise. Notez que ces 3 livres sont rapportez avec deux autres soubs la lettre F, cy-devant; 5 vol.
Dans le manuscrit, la lettre F afTccte la Parlilura delli sei libri de madrigali, de Gesualdo, édition de Gènes, citée quelques lignes plus haut. Cette édition-ci, de Venise, est inconnue à M. Fétis.
Madrigali del signor Cavalliero Anselmi et autres autheurs, a 2, 3, 4, 5 voci; imprimez à Venise; 6 vol.
Ouvrage du chevalier Anselme, inconnu à M. Félis. S'agit-il ici d'Anselme de Flandre, auquel on attribue l'honneur d'avoir complété la gamme? Dans ce cas, le titre nobiliaire de ce compositeur peut mener à la découverte de son origine et peut-être de quelques circonstances de sa vie.
Madrigali concertati, a cinque voci, di Galeazzo Sabbatini; imprimez à Venise; 6 vol.
Pietosi affeiti del mollo R. P. Don Angclo Grillo, et autres autheurs, composti in musica a due voci, da diversi eccellenti musici; imprimez à Milan; 3 vol.
Auteur et ouvrage inconnus à M. Fétis
1. Le quinte musiche di Claudio Saracini, a una voce. — 2. Arie di Filippo Vilali, a 1, 2e 3 voci. — 3. Arie musiche di Gio. Felice Sancti, a 2 e 3 voci. — 4. Cantate et arie a voce sola, del signor Alessandro Grandi. — 5. Le musiche del signor Sigismondo d'India, il terzo libro, a i e 2 voci. — 6. Del signor Sigismondo d'India il quarto libro, a 1 e 2 voci. — 7. Le moderne musiche di Carlo Milanuzi. — 8. Madrigali, arie e scherzi,
a 1 e 2 voci. — 9. Scherzi musicali di Giuseppe Vecchi lib. i°, a i e 2 voci. — 10. Musiche di Gio. V^alentini a 2. — 11. Madrigali d'Innocentio Vivarino, a 1, 2 e 4 voci. — 12. Lamente d'Arianua, en deux livres; imprimé à Venise, 2 vol.
No 1. Auteur et ouvrage inconnus àM.Fétis. — N» 2. Il n'y a, dans M. Fétis, qu'un recueil d'Aria a due voci. — N» 3. Auteur et ouvrage inconnus à M. Fétis. — N<» 4 Ouvrage non cité par M. Fétis. Voy* plus haut, à la rubrique Madrigali. — N»* 5 et 6. Ouvrages inconnus à M. Fctis. Voij. plus haut. — N«» 7. OEuvre inconnue à M. Fétis. — 9. Auteur et ouvrage inconnus à M. Fétis. Est-ce un parent du célèbre Horace Yecchi, de Modène? — N° H. Auteur et ouvrage inconnus à M. Fétis.
Orlandi di Lasso Missae aliquot; imprimé à Anvers; 6 voL II n'y a, dans M. Fétis, qu'une édition de Missae aliquot quinque vocum, imprimée à Munich en 1589. Le même biographe n'a point connu non plus les Cantiones sacrae flosculi, a 5 e< 6 voci, de Lassus, mentionnées plus haut, à la page 26.
Madrigali a 2, 3, 5, 6 et 8 voci, con due violini, di Giovanni Rovelta; imprimé à Venise; 6 vol.
Des madrigaux à huit voix ne sont pas mentionnés dans le recueil dont M. Fétis reproduit'le titre, à l'article Jean Rovetta. Est-ce une autre édition?
Thalia Michaëlis Praetorii 5 vocum ; imprimé à Neurembergh; 6 vol.
Madrigali, a otto voci, di Gio. Dominico Rognoni Talgio; imprimez à Milan; 9 vol.
M. Fétis ne cite que le premier livre de ce recueil.
Madrigali a cinque, cio e tre voci e due violini, di Francesco Turini; imprimé à Venise; 7 vol.
Ce titre diffère de celui que reproduit M. Fétis.
Duytsche liedekens, met dry, vier, vyf stemmen, door Joannes Baptista Halbos; gedruckt t'Aniwcrpen; 5 vol.
Auteur et ouvrage dont M. Fétis ne parle pas.
Conoerti di diversi Eccellenti autori a 2, 3 e 4 voci, raccolii dal R. D. Francesco Lucino; imprimez à Milan; 4 vol.
Madrigali concertât! a 2, 3, 4 e 5 voci, di Galeazzo Sabbatini; imprimez à Venise; 5 vol.
Ce titre diffère de celui que fournit M. Fétis.
Tricinia di V^alentini Haussraan; imprimé à Neurembergh; 3 vol.
Ouvrage non cité par M. Fétis.
Chansons vulgaires, de divers auiheurs; imprimées à Anvers;
4 vol.
Madrigali a 8 voci, di Pietro Philippi, inglese; imprimez à Anvers; 8 vol.
Concerti musicali, a otto, dodeci et a sedeci voci, di Frencesco Slivori; imprimez à Venise; iA vol.
Recueil omis par M. Fétis.
Madrigali a 2, 3 e 4 voci, in concerto d'Horatio Tarditi; imprimez à Venise; 4 vol.
Recueil inconnu à M. Félis.
Madrigali di Huberto Walrant, a 5. voci; imprimez à Anvers;
5 vol.
Madrigali a 5 voci di Vincenzo Guami; imprimez à Anvers;
6 vol.
Auteur el ouvrage inconnus à M. Fétis.
Madrigali di Francesco Soriano, romani, a 5 voci; imprimez à Rome; 5 vol.
Modrlgali a 4 voci, di Paolo Quagliaii; imprimez à Venise; 5 vol.
Recueil inconnu à M. Fétis.
Violono e basso da suonare; Madrigali concertali a 2, 3 e 4 voci, di Galeazzo Sabbatini; imprimé à Venise; 5 vol.
M. Fétis ne cite que des madrigaux à 5 voix de cet auteur.
Basia Cornelii Padbrue, met 3, 4 ende 4 stemmen, imprimé à Amsterdam; 6 vol.
Auteur et ouvrage inconnus à M. Fétis.
Madrigali di Pietro Philippi, a 8 voci, imprimé à Anvers, et autres autheurs; 8 vol.
Madrigali concertati a 2, 3 e 4 voci, di Galeazzo Sabbatini; imprimez à Venise; 7 vol.
Madrigali a 2, 3 e 4 voci, in concerto, di Gio. Rovetta; impri. mez à Venise; 6 vol.
Augustini Agazzarii harmonici intronati, et autres autheurs, a 2, 3 e 4 voci; imprimez à Venise; 4 vol.
Concerti ecclesiastici a 2, 3 e 4 voci di Ludovico Viadana; 4 vol.
Orlandi de Lassus 5, 6, 7 et 8 vocum; imprimé à Anvers; 6 vol.
Madrigali di Galeazzo Sabbatini, a 2, 3 e 4 voei; imprimez en Anvers; 5 vol.
Édition anversoise inconnue à M. Félis. Pour Touvrage même, voy. quelques lignes plus haut.
Armonica ricreatione; Villanelli a 3 voei, di Leonardo Godimontio; Cauzonette a 3 voei del signor Tomaso Pecci.
Deux auteurs et deux ouvrages omis par iM. Fétis.
Canzonette a 3 voei, di Riehardo Duringo, inglese; imprimez à Anvers; A vol.
Auteur et ouvrage inconnus à M. Fétis.
Canzonni e sonate del signor Giovanni Gabrieli, a 3, 5, 6, 7, 8, iO, 12, 14 e 22 voei, per suonare con ogni sorte d'instromenti; imprimez à Venise, 13 vol.
OEuvre de ce grand compositeur inconnue à M. Fétis, et qui offre un morceau à vingt-deux voix. S'il s'agit ici exclusivement de parties de chant, voilà un tour de force dont on rencontre peu d'exemples dans l'histoire de la musique. M. Fétis parle avec éloge des combinaisons vocales de ce maître, qu'il taxe de magiques. Voy. aussi, à ce sujet, l'ouvrage de Winterfeld, intitulé : Joannes Gabrielis und sctn Zeilaller.
Canzoni di Giacomo Celano, a tre voei, 3 vol. Auteur et ouvrage inconnus à M. Fétis.
Airs de cour, à 4 et 5 parties, par P. Guedron; imprimez à Paris; 5 vol.
Viianelle d'Arcangelo Borsaro, a tre voei, 3 vol.
Recueil non cité par M. Fétis.
Taffel Confort durch Thomam Simpson, mit vier stimmen; imprimé à Hambourg; 5 vol.
Auteur et ouvrage non cités par M. Fétis.
Motetti sacri, a 3, 4 e 5 voei, di Egidio Henrico; imprimez à Anvers; 6 vol.
Auteur et ouvrage non cités par M. Fétis.
Madrigali, a 2, 3 e 4 voei, di Gio. Rovetta; imprimez à Venise; 4 vol.
Madrigali, a 1, 2, 3, 4, 5 voei, del cavalier Tarquinio Merula; imprimez à Venise; 5 vol.
Recueil iucounu à M. Félis.
Lilaniae B. Mariae Virginis, 4, 5, 6, 8 cl 9 vocibus, per Pctrum Philippum, anglum; imprimées à Anvers; 9 vol.
Armouia espiritual de Stefano Limido; imprimé à Madrid; A vol.
Auleur et ouvrage inconnus à M. Fétis.
Madrigal! à 5 voci di Giovanni Priuli; imprimé à Venise;
5 vol.
Recueil non cité par M. Fétis.
Moteta sacra, pro unica voce, Blasii Marini; 2 vol. Recueil omis par M. Fétis.
Le Jardinet du cistre, i vol.
Madrigali a sei voci di Pietro Philippi; imprimez à Anvers;
6 vol.
Madrigali concerlali a due e ire voci, et altri a 5, 6 et 8, con due violini, di Gio. Rovelta; imprimez à Venise; 6 vol.
Titre différent de celui que donne M. Félis.
Sacre armonie a 3 voci di .Mario Capuana; imprimé à Venise; 4 vol.
Auteur et ouvrage non mentionnés par M. Fétis.
Pièces à 4 [parties], manuscrite; 4 vol.
Liste des amateurs de la musique avec quelques règles de l'Académie d'icelle; 1 vol.
Airs de France, à 4 parties; 4 vol.
Rossignol spirituel, 1 vol.
Tablature pour l'orgue; Livre doré; 1 vol.
Chancy; à 4 parties; 4 vol.
M. Félis ne cite de ce musicien qu'une tablature pour mandorc. II s'agit ici, probablement, d'une composition à quatre parties distinctes.
il Scholario, per il violino; 1 vol.
Deux livres curieux, manuscrits, pour la viole de gambe; 2 v.
Il Transilvano de suon organi, i vol.
Simfonie, messe, e motetti di Costanzo Anlegnaii, a 8; 5 vol.
Item, quelques parties imparfaictes et autres rapsodics dans
une mande, lesquelles ne sont de valeur.
luulilc, croyons-nous, de faire ressortir rimporlance de
notre trouvaille, pour la biographie et la bibliographie musicales en général. En ce qui concerne les Pays-Bas, elle n'offre pas un moindre intérêt, sous ce double point de vue, car elle fournit plusieurs noms et ouvrages musicaux, relatifs à ce pays, et dont on ne soupçonnait pas l'existence. Ainsi, il nous est permis, jusqu'à preuve du contraire, de revendiquer Sébastien Ortelius (Orlens), auteur d'un recueil de messes à six, sept, huit et dix voix; Pierre Lupus (Wolf), auteur d'une collection de Canzone; le chevalier Anselme, très-probablement Anselme de Flandre, qu'on croit être l'inventeur de la septième note de la gamme, et que nous trouvons cité, dans notre deuxième liste, pour un recueil de madrigaux, à deux, trois, quatre et cinq voix, imprimés à Venise.
Nous pouvons également restituer à Jean-Pierre Swelinck, de Deventer, et à Cyprien de Rore, de Malines, des ouvrages rarissimes qui ont échappé jusqu'ici aux recherches des savants. Tel est, entre autres, le recueil de madrigaux de ce dernier maître : // Cromalicî, recueil dont le titre correspond à celui que porte une série de madrigaux de Vincent Ruffo, imprimés à Venise en 1555, conséquemment à l'époque où florissait Cyprien de Rore. Reste à savoir quelle est la première en date de ces deux curieuses productions. Enfin, il nous est échu d'exhumer des éditions anversoises inconnues aux bibliographes musicaux, et notamment celles des messes d'Orlando de Lassus, des Canzonele de Félix Anerio, de Richard During, (Anglais), des madrigaux de Vincent Guami, de Luc Mareuzio, de Goleazzo Sabballini, et des motets religieux d'Egide Henri, encore un des nôtres peut-être.
VIH.
Pierre Hiirtado,
Maille de chanl de la calhédrale de Saint-Bavon, à Gand. — Il sollicile la prébende de l'église de Sainle-Pliaraïlde, dans la même ville. — Sa requête, sans date, est postérieure à l'année 1654. — Organisation de la musique à Saint-Bavon. — Ses compositions d'église. — Sa famille, originaire d'Espagne. — Il est inconnu à M. Félis,
Pierre Hurlacio était maître de chant à Téglise de Saint- Bavon à Gand, au milieu du XV1I° siècle. Pendant dix ans, il remplit les fonctions d'enfant de chœur à la chapelle royale de Bruxelles. Ayant perdu successivement son père, qui fut lieutenant de cavalerie dans l'armée du roi des Pays- Bas, et son beau-frère, Laurent Wilmetz, qui servit en qualité de capitaine dans la même armée, il se vit obligé de pourvoir à l'existence de sa mère et de cinq orphelins de son frère. Ses ressources ne lui permettant pas de faire face à leurs besoins, il attendit une occasion favorable pour améliorer sa position, et la mort de Van Biervliet, chanoine de la collégiale de Sainle-Pharaïlde, à Gand, ne tarda pas à la lui fournir. 11 s'adressa donc au gouverneur des Pays-Bas, pour l'obtention de cette prébende, et nous supposons qu'elle lui fut octroyée sans la moindre opposition.
Sa requête, que Ton conserve aux Archives du royaume, ne porte pas de date. Mais les mots : « dernier siège d'Arras » indiquent clairement un événement tout récent. Or, il ne peut être question ici que du siège d'Arras de 1654-, où s'illustra le maréchal Turenne. La France, comme on sait, était alors en pleine guerre de la Fronde. Le prince de Condé, à la tète de 30,000 hommes, la plupart Espagnols, avait essaye de s'emparer de la capitale de l'Artois,
pour se venger de la prise de Slenay, qui était la place de sûreté favorite du prince. Non-seulement les Français, au nombre de 14,000 seulement, les forcèrent dans leurs lignes et les obligèrent de lever le siège, mais ils leur firent essuyer une perte de près de 7,000 hommes, tués ou prisonniers.
La requête de FJurtado n'est donc pas de beaucoup postérieure à 1654. La voici textuellement :
« A Son Excellence,
» Remonstre en deuc submission Pierre Hurtado y de Avalos, prebstre et maistre de chant de l'église cathédrale de Saint-Bavon à Gand, qu'il a servy l'espace de dix ans d'enfant de cheur en la chappelle royale de Bruxelles, et que feu son père, lieutenant d'une compagnie de cavallerie au service de Sa Majesté, servit plus de vingt et six ans, et que son beau-frère, Laurent Wilmetz, capitaine d'une compagnie d'infanterie du terce du viscomte de Lembeeck, servit plus de vingt ans, s'ayant trouvé dans toutes les occasions qui se sont présentées en ce temps-là, et reçeu plus de vingt et six griefves blessures; finalement fut tué exerceant sa charge avecq beaucoup de valeur dans les trcnchées du dernier siège de la ville d'Arras. Et comme le suppliant se trouve maintenant chargé de sa mère vefve et de cinq pauvres orphelins de sondict frère, sans moyens suffisants ou bénéfice quelconque pour s'entretenir deuement, et que par la mortdeBirvliet, chanoisnede l'église collégiale deS^'^Pharailde, en ladicte ville de Gand, est venue à vacquer une prébende en ladicte église, de la provision de Sa Majesté, supplie très-humblement, qu'en esgard à ce que dessus, Vostre Excellence soit servie de luy faire la mercède de ladicte prébende vacante. Quoy faisant, etc. »
Pierre Hartudo était prêtre. D'après Hellin (i), la cathédrale de Saint-Bavon, à Gand, avait jadis un maître de
(1) Histoire chronologique des cvêqucs et du chapitre excml de l' église cathédrale de Saint-DavoUy à Gandy [), 12.
musique, douze musiciens, non compris l'organiste el les inslrumentistes («).
Pour être placé à la lèle de celte petite phalange, Hurlado devait avoir un mérite sérieux. Aussi, avons-nous trouvé, dans deux listes manuscrites de la première moitié du siècle dernier, lesquelles seront publiées plus loin, la mention de quatre de ses compositions, à savoir : deux « motets de chœur » à cinq voix et à trois instruments; un motet à trois voix; un Te Deum, à six voix et à trois instruments.
M. Fétis consacre quelques lignes à un chanoine régulier de Tordre des Minorités, du nom de Thomas Ilurtado, lequel naquit à Tolède, en 1589, et écrivit un traité, intitulé : De chori ecclesiastici antiquilate, necessîtate et fructibus, publié à Cologne en 1653. Peut-être est-ce un parent de Pierre Hurtado. A coup sur, le maître de chant de réglise de Saint-Bavon appartenait à une famille d'origine espagnole. La forme de son nom et la qualiflcation qui y est jointe dans la requêle, ne laissent subsister aucun doute à ce sujet. Si nous disons qu'il est originaire d'Espagne, par sa famille, cela n'implique nullement le fait de sa naissance sur le territoire de la Péninsule. Cette question reste donc indécise, jusqu'à plus ample information.
Ajoutons que Pierre Hurtado est complètement passé sous silence, dans la Biographie universelle des musiciens, de M. Fétis.
(1) Nous donnons ces indications, un pou vagues, pour ce qu'elles valent. Évidemment, ce n'est que par un dépouillement attentif des archives de celte cathédrale, que Ton pourra avoir, un jour, des renseignements plus explicites cl plus développés.
Corueille Cauift»,
Maître de musique Je la chapelle de Charles Quint. — il est nommé prébendier de SaiDl-Bavon, à GanJ. — 11 meurt à Prague en Id61. — Renseignemenls conlradicloires fournis par Guicciarilini et l'auteur de la Biographie universelle des musiciens. — Reproductian du passage de Guicciardiui concernant les musiciens des Pays-Bas. — Compositions de Canis conservées à Rome. — .\utres compositions de lui imprimées à Nuremberg. — Les armes de Canis.
Le livre de Helliii, cilé plus haut, renferme an articulet relatif à Corneille Canis et dont voici la teneur : « Corneille » Canis, dit d'Hont, était maitre de musique de la chapelle » royale de Charles-Quint, lorsque le prévôt Luc Munich » le nomma à cette prébende (la troisième prébende royale » de réglise de Saiut-Bavon, à Gand). Il eu prit possession » le 1 9 juin i oo 1 , et, dix ans après, le 1 o février, il décéda » à Prague, en Bohême, étant chapelain de Tempereur Fer- T) dinand (i). »
La nomination de Corneille Canis aux fonctions de chanoine de Saint-Bavon, à Gand, ainsi que son décès à Prasue, forment deux renseignements inconnus aux biographes musicaux. Guicciardini, dans son ouvrage : La description de tout le Païs-Bas , rédigé en 1560, range Canis au nombre des compositeurs qui avaient cessé de vivre. Assurément l'autorité de Guicciardini est repectable, mais celle de Hellin, écrivant d'après des sources authentiques, ne l'est guère moins. Voilà donc une nouvelle question à résoudre.
Remarquons encore que Hellin est précis autant qu'on peut Télre. Il assigne le lo février lo6l comme date de la mort de Canis, et il ajoute que c'est à Prague que le fait
(1) Hekei.n, t. l^r, p. 237.
eut lieu. Guicciardini, lui, dresse une simple nomenclalure, où le nom d'un musicien, éloigné de son pays natal, peut s'être glissé inopinément. Vraisemblablement a-l-il été ajouté après coup, comme certaines autres particularités que signale Thislorien, dans la première édition de 1567.
M. Fétis, qui d'abord avait accueilli sans examen l'induction que fournit Guicciardini (i), mais en la rapportant à l'année 15d6, où il croit que la Description de tout le Païs-Bas fut écrite, revient sur Corneille Canis dans une note qui accompagne la biographie de Thomas Créquillon, sans rectifier son erreur, et dit : « Il faut ajouter aux ren- » seignements qui concernent Corneille Canis, qu'il estqua- » lifié maître de chapelle en 1S48, maître des enfants de » cette chapelle en 1550, dans les états de la maison de » Charles-Quint. Il résigna ces fondions en 1555, rentra dans sa patrie, et fut chanoine de Saint-Bavon, à Gand, où il vivait encore en 1559. »
Si M. Fétis trouve, d'après des documents authentiques, que Corneille Canis vivait encore en 1559, en qualité de chanoine de Saint-Bavon, à Gand, il en résulte, pour nous, que le renseignement de Guicciardini, en tant que fourni en 1560, est complètement erroné. Or, de là à accepter la date et le lieu de décès de Canis, transmis par Hellin, il n'y a qu'un pas. On voit de fréquentes émigrations dans la carrière des anciens maîtres de chant, et le poste de chapelain de Ferdinand I^% empereur d'Allemagne, aura du sourire davantage à notre musicien que le titre de prébendier de Saint-Bavon. Du reste, cette dernière position, il peut l'avoir conservée comme bénéfice.
Comme nous aurons encore à mentionner Guicciardini, nous reproduisons en entier le paragraphe qui concerne la musique et les musiciens des Pays-Bas. Le voici :
(1) Biographie universelle des musiciens, 2'"'' cdilion, arl. Canis,
(T Ceux-ci sont les vrays maislres de musique, el ceux » qui l'ont restaurée et reduicte à perfection, d'autant qu'ilz B l'ont tant propre et naturelle, que hommes et femmes chan- » lent naturellement à mesure, avec très-belle grâce et mélo- » die, au moyen de quoi conjoignanl l'art à la nature, font » telle preuve et armonie qu'on voit et oit; et s'en trouve » lousiours par toutes cours des princes de la chrestienté.
» De ceste nation, j'entende parler des temps plus mo- » dernes, furent : maistre Jan le Tainturier, de Nivelle, » mentionné plus avant en sa ville; Josquin des Prez, » Obrecht, Ockeghem, Richefort, AdrianWillaert, JanMou- » ton, Verdelot, Gombert, Lupus Lupi, Courtois, Thomas » Créquillon, Clément non papa, et Canis, lesquelz tous » sont décédez.
» Et sont encore à présent vivans : Ciprian de Rore, » Jan le Coick, Philippe de Monte, Orlando de Lassus, Man- » chicourt. Barbe, Josquin Baston, Chrestien d'Hollande, » Jaques de Weert, Bonmarché, Séverin Cornet, Pierre du » Hot, Girard de Turnhout, Hubert Waeirant, Jaquet de » Berckem, et plusieurs aullres très-maistres, touts célébrez » et renommez par le monde (i). »
On conserve, dans les archives pontiflcales à Rome, un grand nombre de compositions musicales dues à des maîtres belges, el dont il n'a point encore été permis de prendre copie. Le nom de Canis figure dans la liste de ces compositions, liste dont un exemplaire est en noire possession.
On trouve des œuvres de Corneille Canis dans un recueil extrêmement rare, que M. Fétis n'a pas connu, el dont le titre est : Evangelka Dominicorum el Festorum dierum musicis numeris pulcherrimi comprehensa cl ornala. Noribergae, Joan. Montanus et Ulr. Neuber, 1554- 1356, in-4" obi. L'ouvrage forme 50 parties réunies en
(1) Edition de Silvius, d'Anvers, de l'année 1568.
6 volumes. Corneille Canis est cilé, au tome III, intitulé : Evangelwnim 4-, S, 6 et plurhim vociim, continens de Trinilalc, de Dedkalione Templi, de Cœna Domini; et au tome VI, portant par inscription : Evancjeliorum, 4, 6 e^ 8 vociim, continens de Pœnitentia.
La plupart des pièces que celte collection renferme, ne se rencontrent pas ailleurs. Certains compositeurs ne sont connus que grâce à elle, et conséquemment font défaut dans la Biographie universelle des Musiciens (i). On sait que Montanus, l'un des éditeurs, est gantois de naissance et s'appelait de Berg»
Hellin joint à son articulet les armes de Canis, qui étaient : d'azur, au chevron d'argent, accompagné de trois chiens passants de même, accolés de gueules.
Roger Pathic,
Organisle de Marie, reine de Hongrie, gouvernante des Pays-Bas. — II est nalif du diocèse de Cambrai et il devient prébendairc de la cathédrale de Saint-Bavon, à Gand. — Ses voyages à Grammont et à Audenarde. — Un singulier cas d'homonymie. — Nicolas Vander Ryt et Sigisraond Vyer, raccrouleurs d'orgues de Marie de Hongrie.
Le même Hellin, au paragraphe de son ouvrage où sont mentionnés « les possesseurs de la première graduée en théologie du côté droit du chœur ou de royaux, » parle de Roger Pathie, organiste de iMarie, reine de Hongrie, en ces termes : « Roger Pathye, natif du diocèse de Cambrai, or- » ganiste de Marie, reine de Hongrie, gouvernante des Pays- » Bas, succéda en cette prébende (de Saint-Bavon, à Gand) » par la collation du prévôt Luc de Munich; mais avant d'en
{\) Voir le 74^ catalogue de musique ancienne de A. Asher el comp., à Berlin, p. 5, n» 4.
» avoir pris possession, il la permuta avec Guillaume Han- » rys, docteur es lois, procomte Palatin (i). »
Par suite de cette permutation, Hellin ne range pas Roger Palhie au nombre des chanoines de la cathédrale de Gand. La date n'en est pas indiquée; mais il y a moyen de suppléer à cette lacune approximativement. François Crassers, possesseur de ce canonicat avant Pathie, mourut le 28 octobre 1o40. Guillaume Henrys, qui remplaça Pathie, fut mis en possession de sa prébende le 21 juillet 1542. Conséquemment Pathie reçut sa nomination entre le 28 octobre lo40 et le 21 juillet 1542. Ces renseignements de Hellin ont égalemement échappé aux biographes musicaux.
M. Pinchart le trouve cité en 1538 et 1539, avec le titre d'organiste de Marie de Hongrie. Peut-être est-ce de Roger Pathie qu'il s'agit aussi dans l'article suivant, que nous extrayons des comptes communaux de Grammont, de l'année 1556 :
« Eerst, ghepresentheertende gheschonken, byden heere ende wet, de coninghinne van Hongherien, régente van hcrweerls overe, etc., als zy hier quam van Audenaerde, up den meydach [xv'] sxxvj, een ame rynsche wyn, ghehaelt ten huuse van Maiheeus Vylain, bedraghende xxv lib. par.
» Ten selven daghe, gheprcsentheert... den organist vande régente twee cannen, te xij st. par. s
Si c'est lui que désignent les comptes communaux d'Audenarde de la même année, sous la qualification de « maître » Rogier, aumônier, » l'on peut en induire que Pathie cumulait les fonctions d'organiste avec celles d'aumonier de la régente des Pays-Bas. Il était prêtre, et plus d'un souverain octroyait aux musiciens attachés à leur service, des emplois de ce genre pour être à même de les gratifier convenablement. Voici le passage en question :
(1) Hellin, l. I", p. 266.
a Dezangliers vander coninghinnc [régente cnde gouvernante van haerwacrts overe], tsaenien viij kannen [wyns]. » Meesier Rogier den aclmoessenier, twee kannen. » Den capellaen vander coninghinne, twee kannen. »
Roger Faillie se rendit encore à Audenarde en 1341. L'article des comptes de celte ville qui constate ce voyage, se borne à citer le prénom dn musicien, ce qui confirme l'hypothèse que nous avons émise plus haut. L'article est ainsi conçu :
0 Item, ghepresenteert len selven daghe [den vij^" in hoymaent] meestere [R]ogier, organiste vander coninghinne van Hongherien, ij cannen [vvyns] van x st. vj den. den stoop, in der zwane ... xtij st. par. »
Puisque Roger Pathie était encore organiste de la régente des Pays-Bas, en 1541, il faut croire que sa nomination à la prébende de Saint-Bavon eut lieu postérieurement à celte date, ou bien qu'elle constituait une sinécure, pure et simple, ce qui est assez probable.
L'homonymie a parfois de singuliers caprices. Ainsi, dans la série des comptes des domaines de Flobecq et Lessines, conservés aux Archives du royaume, on en voit deux, du 1" octobre 1553 au 31 septembre 1555, qui ont été rendus par un certain « maistre Rogher Pathie, rece- » veur des terres de Flobecque et Lessines, appartenances » et appendauces d'icelle, par l'empereur, notre seigneur. » Assurément ce « maistre Roger Palhie » n'avait rien de commun avec l'organiste ou l'aumônier de la gouvernante des Pays-Bas.
Dans son Rapport stir les archives de la Chambre des comptes à Lille, M. Gachard cite un Nicolas Vander Ryt, comme raccoulreur des orgues de Marie de Hongrie, et il reproduit un extrait de compte du penninckmaistre de la reine, datant de 1532, et qui menlionne un payement de
63 livres, fait à maître Sigismond Vyer, « pour la réfec- » lion du grand positif, instrument que S. M. fit amener » avec elle d'Allemagne. » M. Henné transforme le nom de Vyer en Yver, au chapitre XVI de son Histoire de Charles- Quint en Belgique.
Etienne De Iflilt,
Maître de chant de Sainle-Walburge, à Audenarde. — Il est Tauleur présume de la musique d'un De Profundis des Kersauwieren de Pamele, à Audenarde. — Destination de ce client funèbre. — La musique et les paroles.
Etienne De Milt ou Van Milt fut nommé maître de chant de Téglise de Sainte-Walburge, à Audeuarde, le 3 juillet 1699. Les mots heer ende meester, accolés en son nom, dans l'apostille du magistrat, démontrent à la fois sa qualité de prêtre et de maîlre-ès-arts. Ce dernier titre, on le sait, ne s'accordait qu'aux mnsiciens qui avaient fait ce qu'on appelait le chef-d'œuvre, lequel consistait en une composition religieuse à plusieurs voix sur un chant donné. De Milt succéda, comme maître de chant, à Jean Van Loo, venu à Audenarde, nous ne savons d'où, en 1696. Il décéda en 1719.
De Milt est mentionné ici, parce qu'il est, à notre connaissance, le seul musicien d'Audenarde à qui Ton puisse attribuer la mélodie, reproduite plus loin, et qui nous paraît mériter un examen attentif. Les maîtres de chant de Notre-Dame de Pamele n'avaient aucune réputation, et nous ne sachions pas qu'aucun nom marquant soit parvenu jusqu'à nous. Cette pièce porte la date de 1717. Son titre est : Den de Puofundis van Retorica,
Que la musique ait été cultivée dans les anciennes cham-