‹ La musique aux Pays-Bas avant le 19e siècle. Documents inédits et annotés. Compositeurs, virtuoses, théoriciens, luthiers; opéras, motets, airs nationaux, académies, mâitrises, livres, portraits, etc.; avec planches de musique et table alphabétiqueChapitre 2 sur 32 · VII. ROME [Jacques Arc adelt], Duiatum(?), Tivoli · texte numérisé non relu

VII. ROME [Jacques Arc adelt], Duiatum(?), Tivoli

Lucques, NiceC), Lorette.

VIII. ROME [Chrétien Ameyden], Riéti, Cività ducale, Magliano, Todi, Crémone, Naples(^), Padulla, Potenza.

Il semble à certaines personnes, peu au courant de travaux rétrospectifs du genre de celui-ci, que rien ne soit plus aisé que de garnir ses portefeuilles d'informations de tout genre, en posant le pied dans un Archivio quelconque, absolument comme si l'on avait à retracer des faits contemporains, obtenus, sans le moindre effort, en se faisant délivrer partout des notes et des prospectus par les secrétaires ou les directeurs des établissements visités. Cela provient-il de ce que, de nos jours, certains archéologues se créent une réputation brillante, en faisant simplement copier, dans les bibliothèques publiques, des manuscrits spéciaux, parfaitement réguliers,

(') Nice et Lucques ont possédé dans leurs murs la Chapelle sixtine. Trente ne pouvait figurer ici, étant située en Tyrol. Les deux cliapitres sur Rome n'embrassent pas moins de 275 pages.

(2) Pour cette ville importante, voy. plus loin, p. 4, note l^e. Le séjour du théorbiste Hans Vermeulen, à Rome, a été décrit au tome II™e de la Musique aux Pays-Bas, de même que la présence de Florent Canalis [Btiys?], à Brescia, a été constatée au tome I*»", etc.

comme rédaction et comme écriture, et même analysés sommairement dans les inventaires? Ah! Ton ne saura jamais ce qu'il y a de laborieux, d'incertain, de désespérant, dans ces informes "monceaux de paperasses administratives, traitant de tout in-extenso excepté de musique, et où, après des peines inouies, l'on se voit obligé parfois de s'accroclier à un mince fait, à une pauvre date, pour les rattacher, le mieux possible, aux autres exiguïtés qui le concernent. C'est former, en quelque sorte, un édifice à l'aide d'infimes grains de sable. Telle est, dans toute sa vérité brutale, la besogne de Tinvestigateur d'archives !

Et pourtant, nous préférons franchement ces insondables antres de papiers gouvernementaux, pour cette sorte de parfuui de l'inconnu qui s'en dégage, et pour le degré d'absolue authenticité qu'elles offrent sous l'égide de la firme ofificielle. Les résultats généraux, déjà obtenus dans d'autres conditions par les Martini, les Burney, les Hawkins, les De La Page, les De Coussemaker, etc., sanctionnent d'ailleurs à l'avance le mode de régénération locale adopté par nous. Un simple contrôle leur est applicable.

Les pièces imprimées que nous discutons ou que nous complétons, seront, par continuation, reproduites fragmentairement. Il y a lieu de s'étonner que l'on puisse se méprendre un seul instant là-dessus, et que l'on nous reproche, d'une part, des reproductions parfaitement légitimes, et, de l'autre, des omissions évidemment nécessaires. Nous avons, par exemple, dans notre cinquième

volume, donné quelques extraits des listes de Koechel, afin de mettre en lumière et d'enrichir de notes les noms de musiciens flamands ou néerlandais qui y foisonnent ; et nous nous sommes abstenu, en parlant de Philippe De Monte, de toucher aux documents mis au jour concernant ce grand artiste, parce que nous n'avions rien à en faire, du moins pour le moment. Est-ce clair?

Notre laconique Rapport à M. le Ministre de V Intérieur estime qu'eu égard à la rareté des pièces cherchées, à leur défliut de classement régulier et au temps limité dont nous disposions, noire récolte pouvait être envisagée réellement comme ayant dépassé les prévisions les plus optimistes. En dépit de certains subterfuges mis en œuvre — l'Italie a cela de commun avec beaucoup d'autres pays, — il convient de reproduire ici les lignes élogieuses servant de conclusion au Rajjport susdit :

~ Je serais injuste, si je ne décernais au zèle et à la complaisance de MM. les archivistes et bibliothécaires, que j'ai consultés, le tribut d'éloges qu'ils méritent. J'ai en vue particulièrement ceux préposés à la garde des dépôts, tant privés que publics, de Milan, de Venise, de Ferrare, de Modène, de Rome, de Xaples, de Florence, de Mantoue et de Parme. M. Foucard, conservateur des Archives de l'État à Modène, m'a guidé notamment de la façon la plus courtoise et la plus obligeante, dans l'intéressant local qu'il dirige avec une habileté si consommée. Je ne puis oublier non plus les maîtres de chal)elle de Saint-Pierre et de Saint-Jean de Latran, à Rome, MM. Meluzzi et Capocci, qui, pénétrés de l'importance

de ma mission, m'ont assisté très-assidûment et trôs-eiïicacement.

r> Pour l'appui si nécessaire de la délégation belge, à Rome, j'ai eu à me louer surtout de l'insigne dévouement de M. Reusens, chargé d'affaires près le Saint-Siège. Je dois à son active et intelligente interposition, d'avoir pu utiliser les richesses musicales et musicologiques d'un établissement célèbre dans l'histoire, et où, avant moi, personne n'avait pu avoir accès : j'ai nommé la Chapelle Sixtine. Tutti questi tesori sono corne perduti per Varie, non essendo permesso ad alcuno Vadito in questo Aj^cMvio. ^ Tous ces trésors sont comme perdus, — dit, après Lichtenthal, M. Florimo, secrétaire du conservatoire de Naples, — l'entrée de ces Archives étant interdite à chacun, r,

r> Grâce aux démarches infatigables de M. Reusens, on s'est départi, cette fois, des rigueurs habituelles, en m'autorisant à fouiller à volonté dans les papiers de cette glorieuse institution, et en me mettant ainsi à même de retrouver les traces de nos anciens compatriotes admis au cénacle, et qui, par la puissance de leur génie, ont élevé l'art musical à un degré de perfection si considérable, que les nations éclairées n'ont point hésité à leur décerner, d'une voix unanime, le titre impérissable de Souverains de la 7nusique. »

' Pour les entraves suscitées à notre entreprise 0), on sait que, chez nous, les repus de l'art et de la science,

(») Voir le début de la préface du tome IV^ de la Musique aux Pays-Bas.

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