‹ La musique aux Pays-Bas avant le XIX ̊siècle. Documents inédits et annotés. Compositeurs, virtuoses, théoriciens, luthiers; opéras, motets, airs nationaux, académies, maîtrises, livres, portraits, etc.; avec planches de musique et table alphabétiqueChapitre 26 sur 60 · SICILIENNE · texte numérisé non relu

SICILIENNE

DE

DiEUDONNÉ RAICK.

[vers 1757 J

SICILIANA

■ ' f fifiy-YtrA)

raison, et même quelquefois sans savoir ce qu'ils disent, et qui ne prouvent d'ailleurs rien contre le genre. Si la critique musicale avait existé alors, nous aurions, comme sur le sol bémol enharmonique du chœur des démons d'Orphée, un déluge de notices plus déroutées les unes que les autres. L*adagio a-t-il été entrevu seulement par Tœil perspicace d'un juge compétent? Nous dépassons les limites de notre cadre, en le donnant en double planche placée en regard.

Raick mourut vers la fin de novembre 1764. Afin d'assigner h ia magnifique inspiration qui vient d'être mise en évidence pour la première fois, une date sensément approximative, un simple rapprochement est nécessaire. Raick était réinstallé dans ses anciennes fonctions à Anvers, le SS décembre 1757. Sa dernière composition, empreinte d'une espèce de nostalgie fiévreuse, a vu lejouràGand. Conséquemment, ce chant de cygne de l'artiste doit dater d'une année ayant pour limites extrêmes 1783 et 1757.

Nous connaissons de Dieudonné Raick un Domini est terra, motet pour chœur et orchestre qui a été chanté, au siècle dernier, dans plusieurs églises de la Flandre.

DE BRABANDERE (Pierre), organiste de Saint-Sauveur, h Bruges, vers le milieu du xvni' siècle, etc.

La famille de cet artiste comptait plusieurs musiciens de mérite, tous brugeois de naissance, comme lui. Guillaume De Brabandere, peut-être, son père, était organiste de Saint-Sauveur de 1712 à 1729. Charles De Brabandere, appelé senm musicoi^m^ réiùplissait,en 1784, les fonctions de maître de chant à la même église. On comptait encore trois demoiselles de cette famille, l'une organiste au couvent iVHemelsdale, à Bruges, l'autre organiste à Clemskerke, la troisième musicienne-amateur audit Bruges; enfin, on trouvera plus loin le nom de plusieurs amateurs de musique, vraisemblablement des proches parents de notre Pierre De Brabandere.

Par une étrange fatalité, les actes capitulaires de l'église du Saint-Sauveur offrent des lacunes nombreuses, à la période d'activité présumée de l'artiste. De façon que les seuls registres qui eussent pu jeter quelque lumière sur l'existence du musicien, manquent à l'appel pour cet objet. La gestion de Pierre De Brabandere doit s'être effectuée, selon toute apparence, de 1730 à 1780. 11 aura succédé comme organiste à son père, et, à son tour, il aura laissé la place vacante pour un de ses frères ou de ses neveux. Ce dernier, on Fa vu, s'appelait Charles De Brabandere.

L'artiste a dû avoir de nombreuses relations artistiques, à en juger par la liste des souscripteurs qui figure en tête du seul ouvrage connu de lui. Cet ouvrage, qu'un heureux hasard nous a fait découvrir dernièrement, présente, quant à l'époque de sa publication, une difRcuIté dont la solution ne pourra se faire qu'approximativement. Jacques Keukelare, l'un des souscripteurs au livre de Pierre De Brabandere, est porté, sur la nomenclature, comme maître de chant à Saint-Sauveur. La date extrême de ses fonctions est 1764, où il fut appelé au phonascat de Saint- Jacques. D'autre part, on voit, sur la même liste, le nom de Pierre Magermans, « organiste de la cathédrale à Bruges. » Or, la nomination de celui-ci eut lieu le 12 octobre 1750. 11 en résulte que la publication musicale de De Brabandere doit être placée entre les années 17B0 et 1764.

On apprendra, par le titre que nous allons reproduire, que De Brabandere gravait lui-même sa musique, ce qui est, du reste, facile à reconnaître, à la naïveté avec laquelle les diverses planches sont ordonnées :

Six Concerto ad libitum^ Première Partie^ an clavecine obligatOf un violon primo et un alte viola, composé et gravé par Pierre De Brabandere, organist à la collégiale de Saint- Sauveur à Bruges. Opéra prima. Prix V flotins, argent de change. — Se vend à Gand, chez A. A. Vanden Berghe, organiste à la collégiale de S. Nicolas ; à Bruges, chez l'au-

leur. In-P» de 24 pages, pour la partie de clavecin, la seule qui soit parvenue jusqu'à nous.

Le titre, à encadrement fleuronné, la liste des souscripteurs, ainsi que la dédicace, également encadrées, sortent d*un atelier d'imprimerie, moins le blason qui orne la dédicace susdite (1).

La Liste des Souscripteurs, remplie de noms d'artistes ou d'amateurs d^ musique, est un document trop curieux pour n'être pas reproduit ici en entier :

A. — Monsieur Tabbé Stonor, à Douai.

B. — M. Bruneau, président à mortier au Parlement de Flandre, à Douay. — M. Briffault, docteur en droits et professeur royal, ù Douay. — M. Beaufort, prêtre et organist de Tabbaïe de St-André. — M. A. Vanden Berghe, organist de la collégiale de St-Nicolas, à Gand.

— M. N. Vanden Buelcke, musicien de la cathédrale à Bruges. — ^^^ Agnès de Brabandere, religieuse et organiste de Ingelandale^ à Bruges. — M. M. Ballenberge, organist de St-Gillis, à Bruges. — M"" B. de Brabandere, organiste à Clemskerque. — M"« Barbe Jo. Bruckart, amatrice à Bruges. — M. Bergez, faiseur d'orgues, à Bruges. — M. P. C. R. de Brabandere, amateur à Bruges. — M. A. de Brabandere, amateur à Bruges. — M. F. E. de Brabandere, amateure Bruges. — W^ Marie de Brabandere, amatrice à Bruges. — M. Joannes Antonius Behagel, amateur à Bruges.

C. — M. Coppieters, échevin de la ville de Bruges. — M. Gabriel Antoine Geulemans, vicaire delà collégiale do St-Gommar, amateur du clavecin, etc., à Liôze {sic). — M"« Louise Adrienne Berte de Cerf, à Ypres. — Le R. P. Adalbertus à S. Joanna, alias de Gosier, organist des Grands Carmes, à Bruges.— M. Coniaux,prétre et bénéficié de la cathédrale, cy-devant maître de musique de la même église, à Bruges.

— M"« Marie Jacobe Cools, amatrice, etc., à Lièze. — M. F. Constan, maître de musique de Sl-Gillis, à Bruges.— M. Joseph Coene, amateur à Bruges.

D. — M. Droyers, prêtre et vicaire de la cathédrale, à Bruges. — M. Dol Feyne, prêtre et maîti^ de musique de St-Michel à Rousselaere.

E. — Bernardus Everaert, amateur à Lichtervelde.

F. — M. D. F. Fryson, carillonneur à Ipres.

G. — M. de Guillon, trésorier de la ville de Douay. — M"« Van

(1) Od y remarque deux fols la signature à la plume du clerc d'église J. Vander Haeghen, premier possesseur sans doute du cahier.

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