‹ La musique aux Pays-Bas avant le XIX ̊siècle. Documents inédits et annotés. Compositeurs, virtuoses, théoriciens, luthiers; opéras, motets, airs nationaux, académies, maîtrises, livres, portraits, etc.; avec planches de musique et table alphabétiqueChapitre 28 sur 60 · VI. Allegro en /«> 2; Menuet en la, 3/8; Gai en la · texte numérisé non relu

VI. Allegro en /«> 2; Menuet en la, 3/8; Gai en la

Tel qu'il nous apparaît dans son œuvre. De Brabandere devait être une nature sereine, insouciante, enjouée; un de ces caractères heureux que les contrariétés de la vie ne sauraient abattre, et qui jouissent, avec un abandon charmant, de l'existence qui leur est échue, contents de l'air qu'ils respirent, de Téiat qu'ils ont embrassé, de la famille qu'ils ont procréée, bons camarades, fidèles époux, oubliant le passé, vivant du présent et espérant en l'avenir.

Vrai tempérament flamand, en somme, auquel il ne manquait qu'un peu plus d'instruction pour se produire avec plus d'éclat. Sa musique est verveuse, badine, rayonnante. Pas une ombre de dissonance lugubre ; il y a comme quelque chose du doux susurrement qui vibre dans la Pastorale de Beethoven, (^ela est, à coup sûr, individuel, et nous ne rencontrons la touche de De Brabandere, même approximativement, dans aucun de ses compatriotes et contemporains.

Le musicien, imbu de la musique populaire en vogue, a su s'en inspirer à merveille, et, dans chacune des parties de son ouvrage, il a tissé un de ces motifs joyeux qui ont traversé les âges traditionnellement. Il s'est souvenu à la fois et de la Forlane, et de la Tarentelle, et de Pierlala, et de Sainte-Cécile, et du Zuigerlyngske, et de Marlborongh^ etc.

Ces motifs, disséminés partout, en teintes parfois imperceptibles, sont réunis en fragments plus accentués, dans Tailegro en fa, marqué Gai, que nous donnons à titre de spécimen, et où ils forment une sorte de bouquet étincelant, qui est, à notre avis, le chef-d'œuvre de sa composition. Partout de la spontanéité, de la franchise, de l'entrain. Après s'être épanoui en fa, le thème principal se reproduit à la quarte inférieure, pour être répété encore en fa, par une transition ex abrtipto, opérée sur la dominante, à l'aide des notes vivement attaquées à la basse : si (bémol), la, soL..,

Après ces éloges, il faut malheureusement faire la part des incorrections ou plutôt des négligences de l'auteur, lequel ne se gène nullement pour commettre une fausse relation ou pour aligner une série de quintes justes ou d'octaves ouvertes.Il paraît se soucier fort peu aussi de la monotonie tonale des parties d'un morceau. La mesure seule en est variée avec tact. Une seule fois seulement runifoimité des tons est rompue, au concerto IV, mais d'une façon si brusque et si maladroite, qu'on est tenté de croire qu'il

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