‹ La musique aux Pays-Bas avant le XIX ̊siècle. Documents inédits et annotés. Compositeurs, virtuoses, théoriciens, luthiers; opéras, motets, airs nationaux, académies, maîtrises, livres, portraits, etc.; avec planches de musique et table alphabétiqueChapitre 41 sur 60 · IV. Allégro · texte numérisé non relu

IV. Allégro

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Allégro: Pl^tH^I^E^^

De Timoré n'a donc écrit que des allégros ? Tout ce qui précède, est d'une faiblesse et d'une incorrection déplorables. L'allégro du n** II est un morceau mal développé, rempli de rosalies, et dérogeant continuellement à toutes les lois de l'harmonie et du rhythme. Ledeuxième allégro du n° III offre une sorte d'imitation en contre-sujet à la basse sur trémolos de l'accord correspondant:

En un mot, cela ne dépasse pas l'effort d'un simple amateur qui écrit étourdiment d'instinct, et qui n'a fait aucune élude sérieuse.

Nous connaissons encore la première page de : Quatre sonates pour le clavecin et le forte-piano, parj. De Timoré , organiste dam V abbaye de Tronchiennes. OEuvre 2"®.

Cahier in-f' oblong, comme le précédent, et marqué : « Appartient à moi P.-J. Walrave, Laerne. »

Ce fragment nous apprend les fonctions que remplissait le musicien. Par le cahier précédent, nous savons l'époque de son existence.

Quant au début de l'œuvre, que comporte le revers du frontispice susdit, il se confond avec celui qui a déjà été

annoté :

WALWEIiy (QjipR), organise de Saint-Marlin à Tpres. Cet artiste apf)artient à ujoa fa^nille yproise, dont quelques membres oiU été imprimeurs. Un maître Crispin Wallewyn est cité, en 4699, Qomme phonascus de Saipt-Martin (1). Sei*ait-ce, à la différence orthogi*aphique près, un frère d'Omer Walwein?

Jeune encore, et privé de toute ressource, celui-ci recul des leçons graluites d*orgue d'Antoine Van den Eynde, prétr^ chapelain et organiste du chœur audit Saint-Martin. A peine ayait-il appris quelques rudiments de son art, qu'il ^ut présenté, par son maître, au chapitre, qui lui promit la survivance des fonctions de Van den Eynde, quand il serait en état de les remplir complètement, «r plané capax (2). » Cela eut lieu le 3 avril 1762.

Plus de six ans s*écouIèrent, sans qu'il fût fait mention d'Omer Walwein nulle part. Enfin, au mois de novembre, rélève tint à prouver qu'il était passé maître, et il adressa au chapitre de Saint-Martin une lettre par laquelle il le suppliait de bien vouloir agréer les prémices de son talent de compositeur, lesquelles consistaient en sonates, « Sonatas primordiales suse compositionis, » très- vraisemblablement pour le clavecin. Le 12 novembre, il fut admis à exhiber à ces dignitaires le manuscrit de sou travail, qu'ils acceptèrent avec empressement, en lui promettant une gratification formée au moyen d'une collecte (3).

Grâce à ce don, le jeune artiste parvint à faire éditer son recueil de sonates, dont il offrit trois exemplaires à l'assemblée du chapitre, tenue le H février 1769. I^ procès-verbal de cette réunion le nomme ce organista secundarius,)» c'est-à-dire sous-organiste. On y voit aussi les mots « typi8 mandata, » qui annoncent peut être une impression ea caractères mobiles. Si les sonates avaient été gravées.

(1) Musique aux Pays- lias ^ t. U, p. 285. (S) /d., i^id.,p. S93et!i94.

rexpression « tove iUcisœ » eût été, sans le moindre doute, employée par le scribe (i).

Le 9 juin 1770, Omer Walwein fut ndmmé organiste en chef de Saint-Martin, en remplacement de VandenEyûde, qui s'était démis spontanément de son emploi. Jusqu'ici-, aucun exemplaire des susdites sonates n'a pu être retrouvé par nous.

JUST (J.-A.), claveciniste hollandais de la dixième moitié du xvm' siècle.

Fétis le fait naître à Groéningen vers 1760.0n se demande immédiatement, à la vue de cette date, comment il a pu se faire que, peu après 1773, son œuvre septième ait pu voit* le jour. Le renseignement de Fétis est donc erroné. Les Bouwsteenen, mieux avisés, placent la naissance de l'artiste en 1750, date bien douteuse encore, puisque Just n'aurait eu que vingt- trois uns tout au plus, lors de l'apparition de soh œuvre septième. Nous laissons aux érudits delà Néerlande lo soin de trouver une date plus logique, plus vraisemblable.

Fétis parie seulement d'éditions hollandaises et anglaises des œuvres de clavecin du maître. Or, le catalogue des ouvrages de musique instrumentale publiés par Boyer,à Paris, après 1773, renferme des recueils de sonates de Just formant les œuvres deuxième, troisième (pour les commençants), sixième et septième. Le catalogué dés musiques vendues ou éditées par M"*®* Le Menu et Boyer nous apprend, en outre, que l'œuvre deuxième était avec violon et basse ad libitum. C'est conséquemment la suivante, que liôû^ décrivons pour la première fois :

Six sonates pour le clavecin ou le piano-forte^ avec accompagnement de violon ou flûte et violoncelle ad libitum^ composées par J, 'A. Just, maître de musique de S. A. R. iïadanie

A) Aiusiqueaux Pays-Das^t II, p- 29i.

la prificesse d'Orange et de Nassau^ etc. OEuvre H*. — Gravées par Dupré : prix: 9 liv.

Ce titre est donné d'après une copie faite par Josse-Martin Thiebâut : « Desen boek behoort toe aen S' Judocus Martinus Thiebâut, 4782. » On y lit notamment :

c< Ouvrages de l'auteur (J -A. Just), mis au jour par M*^ Le Menu et Boyer, rue du Roule, à la Clef d'or : Six sonates pour le clavecin, avec violon et basse ad libitum, œuvre 2"*®; 9 liv. — Six petites sonates pour le clavecin avec violon ad libitum, à l'usage des commençants, œuvre 3*; 3 liv. 12 s. — Six divertissemens pour le clavecin, avec violon, œuvre 6'; 7 liv. 4 s. — Six sonates pour le clavecin, avec un violon obligé, œuvre 7« ; 7 liv. 4 s. »

Les morceaux du recueil sont ordonnancés ainsi :

I. Allegro spirituoso,en/a,W4.Largetto,en si bémol, 3/4. MiDuetto, en/fl, 3/4.

II. AUegro moderato, en si bémol, C. Rondeau gratioso, en « bémol, 3/4.

III. Allegro, en ré, C. Andante grazioso, en sol, 3/8. AUegro, en ré, 3/8.

IV. Moderato, en la mineur, C. Rondeau un poco presto, en ui, G barré. Minuetto, en la mineur, 3/4.

V. Allegro expressive, en ut, 3/4. Minuetto con variatione, en l/^3/4.

VI. Andante, en sol, C barré. Anglaise con variatione, en sol, 2/4.

Ces sonates, ou plutôt ces sonatines, car elles ne sont guère développées grandement, sont écrites avec une certaine facilité de style, et plaisent la plupart par leur rhythme soutenu et leur élégance expressive. Elles paraissent toutefois vouloir sortir du moule conventionnel, et tenter d'empiéter sur le domaine du neuf et de l'original. Le minuetto que nous transcrivons en partie, semble dériver d'Haydn. Il a fallu à l'auteur un certain talent, pour pai*venir à échelonner ses plans avec la clarté, la sobriété et le goût qu'il y déploie. C'est plus que delà routine et de l'expérience. C'est de la conception véritable. Il y a de l'entrain et de la verve ici,

de même que dans d'autres morceaux, que le déraut d'espace nous empêche de reproduire.

T I i ! I 1 ! Il

Lia.^

Çô:

On vient de voir l'indication de l'œuvre septième, éditée à Paris. Voici, pour la première fois, une description de la même œuvre, d'après un exemplaire de l'édition d'Amsterdam:

Sia: sonates pour le clavecin ou le piano-forte, avec aetompagnement d^un violon obligé, dédiées à S. À. S. Madame la duchesse régnante de Saxe-Gotha et Altenbourg, etc., etô., composées par J,-A, Just, maitre de musique de S. A. B. Madame la princesse d'Orange et de Nassau, etc., etc. OEuvre VIP. — Gravé aux dépens de l'éditeur, D.-L. VanDyk, sur le Réguliers Gracht, à Amsterdam. Prix : fl. 4-10. In- 9" de 25 pages pour le cembalo.

La dédicace de l'auteur porte :

Madame, la bonté avec laquelle Votre Altesse Sérénissime a daignéaccueilljp ce faible essai de mon travail, m'encourage à le rendre publique. Je m'estimerai heureux si, joint i^ la permission que Votre Altesse Sérénissime m'a donné de le faire imprimer, je puis avoir rhonneur de me dire avec la plus respecUieuse vénération. Madame,

Votre trôs-humble et très-obéissant serviteur,

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