‹ La musique aux Pays-Bas avant le XIX ̊siècle. Documents inédits et annotés. Compositeurs, virtuoses, théoriciens, luthiers; opéras, motets, airs nationaux, académies, maîtrises, livres, portraits, etc.; avec planches de musique et table alphabétiqueChapitre 40 sur 60 · ELEVATION · texte numérisé non relu

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(JEAN THIEBAUT

( FIN DUXVI1I?SIÈCLE.)

Aria.

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Nous voici en plein romantisme italien, dont la mélodie du Saule de YOtello de Rossini, datant de 1816, est la plus haute expression dramatique. Les grands maîtres italiens du XYU!"" siècle étaient généralement délaissés, parmi nous, à cause des difficultés inhérentes à leur exécution complète. On ne recherchait, pour la musique d'église, que ce qui caressait le plus Toreille, par le charme de la mélodie ou les traits brillants de la virtuosité. En voici un écho, se répercutant en plein village de Flandre (1).

On verra, à la rubrique J.-A. Just, que Jean Thiebaut avait un parent, un frère peut-être, musicien comme lui.

En fermant cette notice, nous nous apercevons de l'oubli d*un cahier renfermant cinq morceaux non cités, à savoir:

i. Minuetto en la; — 2. Allegro en ré; — 3. Allegro en sol; — 4. Andante en ui; — 5. Allegro en ul mineur.

Ce dernier morceau est plus vigoureusement accentué et plus richement harmonisé que tout le reste. En voici les deux premières mesures :

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À la fin de la pièce, surgit une jolie progression, que nous n'aurions pas remarquée ailleurs, mais qui constitue

(4) La lettre de L. J. Paiilot, à laquelle noas faisions allusion tout à Theure, contient, sous ce rapport, un renseignement précieux. S'adressant au magistrat d^Audenarde, pour demander la succession du maître de cbant de Tégiise de Saifite-Walburge, François Cantoni, natif de Rome, il dit, entre autres choses susceptibles de lui servir de recommandation : a Je chante dans le goût itHlien ; je suis assës muni, pour 4es musiques d*église, des pièces des meilleurs maîtres d'Italie, tant en messes qu'en motets ! >

une sorte d'exception chez Thiebaut, toujours si réservé et si timide dans ses mouvements harmoniques:

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DE TIMORE diàs DE VREEZE (J.), organiste de Tabbaye de Tronchiennes, pendant la deuxième moitié du xvHi® siècle.

Voici un musicien flamand qui reprend les traditions des xv« et xvi*^ siècles, en traduisant son nom en latin, mais en le traduisant mal, attendu que le De qui précède Vreeze, est un article au nominatif, et non un de préposition régissant l'ablatif. S*il avait connu la manie des génitifs, dont il a été question au début de ce volume, il l'eût peut-être mise avec empressement à contribution.

Le nom de /. De Vreeze figure en tète d'un allégro en ni inscrit dans un recueil desonales, provenant deJeanDammekens de Meirlbeke, près de Gand.

S'il y a analogie onomastique parfaite entre De Vreeze et De Timoré, il y a aussi conformité entière de style entre les compositions signées de ces deux musiciens. Conséquemment l'identification des deux personnages ne saurait faire l'objet du moindre doute. L'allégro en question est probablement le premier et le seul qui porte ia signature flamande. Toujours est-il que nous n'en avons rencontré d'autres.

Le nom de De Timoré apparaît dans un cahier manuscrit

presqu'exclusiveinent composé d'ouvrages du musicien. Il habitait Gand, ou était originaire de cette ville, d*après l'entête d*une de ses œuvres, ainsi conçu : « Andante par M. J. De Timoré, à Gand, »

Ses compositions annoncent un homme écrivant, par une espèce de routine, une foule de sonatines, où il n'y forme ni idée, ni la moindre qualité requise pour ces sortes de pièces. Cela se déroule facilement, comme le pendule d*un cylindre, mais faiblement, maigrement et banalement. Des batteries de la main gauche soutiennent, tant bien que mal, les sautillements arpégés de la main droite. Que de rosalies, grand Dieu ! C'est du Thiebaut affaibli, à coup sûr.

Pourtant, à voir, dans le cahier, un certain ordre assigné aux sonatines de De Timoré, on est induit à en inférer que ses œuvres ont vu le jour, par la voie de la presse. îîn premier lieu vient le titre « !■ Sonata par J. De Timoré, Î80? » Ce 180? sont-ce les mesures dont se compose l'œuvre, ou une date incomplète? Il y a d'abord un allégro maestoso en C, puis un allégretto en 3/4. Vient ensuite, avec le nom de De Timoré, un allégro en 6/8, assez long, et qui semble former la conclusion du morceau. Le tout est en sol.

Il y a alors: a II" Sonata, par M. J. De Timoré. » Elle est en ré^ et débute par un allégro G.

Puis : « Sonata par J. De Timoré, » un morceau en mi bémol, allégro 6/8.

Suit : ce 4^ Sonata « également en mi bémol » et en 6/8.

Puis plus loin : « 3» Sonata allégro, par J. De Timoré, o Cet allégro est en fa 2/4.

Viennent alors un allégro en ré C, et un andante en mi bémol, morceaux sans nom, mais qui trahissent la plume de De Timoré.

Voici maintenant : « Sonata allégro, œuvre I^par J. De Timoré. » Allégro en fa S/8. C'est comme enchaînement et

comme logique d'idées, la meilleure pièce do musicien, bien qu'il y ait des harmonies impossibles.

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Quel galimatias ! Notons que nous sommes dans le ton de fa ! Cela se résout en ré mineur, dont profite Fauteur pour revenir dans la tonalité primitive.

Il y a enfin : « Allégro P. (reste ou première) œuvre, par J. De Timoré, » en mi bémol; et un « Andante par M. J. De Timoré, à Gand, » un 6/8 en iU mineur. » Un demi-allégro en fa 3/4, sans nom, parait être de De Timoré également.

Nous avons réussi à avoir sous les yeux une œuvre entière de ce musicien. En voici le titre : Quatre sonates pour le clavecin ou piano-forte^ composées par /. De Timoré. Prix 6 liv. Ce titre annonce évidemment une œuvre imprimée.

En dessous on lit: c< Competeert aen mij onderschreven P.-J. Walrave. Laerne, 1791. » Le contenu de l'ouvrage est le suivant :

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