DIX-HUITIÈME SIÈCLE
Les auteurs illustres que nous allons maintenant passer en revue: les Ber-
nouilli, les Cramer, les Euler, et tant d’autres, ont répandu le nom de la Suisse dans
l'univers entier. Il va sans dire que nous ne pouvons parler ici que de leurs ouvrages
ui concernent la musique, ouvrages qui, à quelques exceptions près, s'occupent d’une q |
de ses branches entièrement scientifiques: de l’acoustique. On trouvera d’autres q q
renseignements dans presque tous les recueils de biographies.
BERNOUILLI, JEAN, célèbre professeur de mathématiques et de physique,
est né à Bâle le 27 juillet 1667.
Après avoir fini son collège, Bernouilli fut envoyé (1683) à Neuchâtel pour apprendre le français et le commerce; mais, comme il le dit lui-même, « destiné à un autre genre de vie, » il retourna au bout d’un an à Bâle pour continuer ses études. En 1684, il fut nommé bachelier et, en 1685, docteur en philosophie. Il employa aussi ces deux années, suivant en cela l'exemple de son frère aîné Jacques, à l'étude des
mathématiques, science dans laquelle il fit de rapides progrès. Appelé plus tard
comme professeur à Groningue, Bernouilli rentra dans sa ville natale en 1705 pour occuper la chaire devenue vacante par la mort de son frère. Parmi les élèves que sa renommée attira figurent les noms des plus illustres mathématiciens. — Bernouilli est mort le 1° janvier 1748.
L'ouvrage qui a sa place marquée ici, ef qui se trouve dans la troisième partie des Mémoires de l’Académie des sciences de St-Pétersbourg (1732), a pour
re ba he Aer in gleicher ne beschwert ne (Découvertes J es vibrations des cordes tendues, etc.)
. BERNOUILLI, DaNEL, fils du précédent, est né à CHAReR le 19 février
nu. 1 8 D banait vers 1 oo. que son père lui avait enseignées. Après D or a années s la Neue de de ne à St- Pétersbourg, il revint
= de l Robe.
__: Ses travaux sur l’acoustique sont:
1° De vibrationibus et sono laminarum elasticarum. (Comm. Acad.
4 De Dm Lu partibus tam longiludine quam crasoilie noicem diversis compositarum. (Ibid., tome XVI.) 5 De coexislentia vibrationum simplictum baud perturbalarum in syslemale com-
Goes Sur à vibrations LÉ cordes d'une épaisseur inégale. (Ibid, 1765. ) ge Recherches physiques, mécaniques et analytiques sur le son et sur les tons des | je : d'a orgues différemment construits. (Mémoires de l’Acad. des sciences [1762],
“ESCHERNY, FRANCÇOIS- LOUIS, COMTE D’ ..., né le 23 novembre 1733 à
Neuchâtel, et mort le 15 juillet 1815 à Paris, s’est fait connaître par plusieurs petits : écrits sur la musique, de fort peu de valeur, lesquels ont paru sous le titre de Fragments sur la musique, Paris, 1809, 1 vol. in-12. Ce sont des extraits de son ouvrage: Mélanges de littérature, d'histoire et de philosophie. Paris, 1809. Fétis dit qu’il était bon musicien, qu'il chantait d’une manière agréable et qu’il jouait de l’alto dans les parties de quatuors et de quintettes. — Somme toute: c'était un grand amateur.
EULER, LÉONARD, célèbre mathématicien, naquit à Bâle, le 15 avril 1707. Son père, élève de Jacques Bernouilli, lui donna les premières leçons de mathémafiques, science qu'il continua à étudier sous Jean Bernoulli. Lié d'amitié avec les fils de ce dernier, ils lui procurèrent, à St-Pétersbourg, la place d’adjoint dans l’Académie des sciences, place modeste qu'il devait bientôt quitter pour prendre la chaire laissée vacante par la mort de Nicolas et le départ de Daniel Bernouilli. Euler était d’une fécondité extraordinaire, car on prétend qu'il a composé plus de . la moitié des mémoires de mathématiques contenus dans les quarante-six volumes publiés par l’Académie de St-Pétersbourg depuis 1727 jusqu’en 1785, et cela outre les mémoires qu’il inséra dans le recueil de l’Académie de Berlin et dans celui de. l’Académie des sciences de Paris, outre les ouvrages fort importants qu'il à publiés séparément, et une cenfaine de mémoires qu'il a laissés inédits, et qui, pour la plupart, ont paru depuis. Voici la liste des nombreux travaux sur la musique et sur l’acoustique, dont ce célèbre auteur, mort le 7 septembre 1783, nous a enrichis:
1° Disserlalio de sono. Bâle, 1722, in-4°.
2°" Ténlanten novas theoridé mugicac cerliodimé barmonias PrEACLPLLS dilucide expositae. St-Pétersbourg, 1729. Cet ouvrage, rempli d'erreurs, a eu plusieurs éditions.
3° Conjeclura physica circa propagalionem soni ac luminis. Berlin, 1750, in-4°.
4° Mémoires sur les vibrations des cordes. (Mém. de l’Acad. de se 1 7482
5° De la propagation du son. (Ibid., 1750.)
6° Conjectures sur la raison de quelques dissonances généralement recues dans la musique. (Ibid., 1750.) |
7° Du véritable caractère de la musique moderne. (Ibid., 1764.)
8° Sur Le mouvement d’une corde qui, au commencement, n’a éle ébranlée que dans une parle, (bid., 1765.)
9° Éclaircissements plus détaillés sur la génération et la REe du son el sur la formation de l'écho. (Xbid., 1765.)
10° De minimis oscillationibus corporum tam rigidorum quam flexibilium. (Mëm. de lAcad. de St-Pétersbourg, t. VII.)
11° De molu oscillatorio corporum flexibilium. (Ibid. EUX
12° De motu vibratorio fili flexibilis corporibus quotcunque onusti. (N.Mém., Ibid., tome, I.) |
13° De molu chordarum inaegualiler crassarum. (Xb., tome IX.)
14° De sono tympanorum. ({bid.)
LA
15° De sono campanarum, (Ibid., t. X.)
16° De molu aeris in tubis. (Ibid, t. XVI.)
17° Quatre dissertations sur les vibrations des cordes, etc. (Tbid., t. XVII.)
18° De harmoniae veris principus per speculum musicum repraesentatis. (Tbid., ts XVIII)
19° De molu lurbinalorio chordarum musicorum. (Tbid., t. XIX.)
20° Znvesligalio motuum, quibus laminae et virgae elasticae contremiscunt. (Kbid., 1770.) ee | 21° Delerminalio omnium moluum quos chorda lensa, ete. (Ibid., 1780.)
22° Delucidationes de molu chordarum inaequaliter crassarum. (Xbid., 1780, t. II.) 23° De perturbatione motus chordarum ab earum pondere oriunda. (Tbid., 1781.) 24° Deux dissertations sur les vibrations des cordes. (Mëm. de l’Acad. de Turin.) me 25° Quelques lettres (134, 135 et 136) dans les Lettres à: une princesse d Allemagne (3 vol.) traitent de la physique musicale. | | LAMBERT, L -H., né en 1730, instituteur diez M. Salis de Marschlin dans les Grisons, a inséré dans les bulletins de l'Académie des sciences de Berlin:
1770. — Sur la vilesse Ou son.
1776. — Sur le lempérament en musique.
Are — Sur Les flüles.
ObtER, LOUIS, né à Genève en 1748, Ho après avoir fait ses humanités, le cours de physique de de Saussure et de mathématiques de Bertrand. Plus tard il étudia la médecine à l’Université d'Édimbourg. À l’occasion de ses examens, il soutint une thèse qui a pour titre: Epistola phystologica inauguralis de elementariis musicae sensalionibus. Elle a été éditée à Édimbourg en 1770. De retour à Genève, Odier professa la médecine jusqu’à à la fin de ses jours, le 13 avril 1817.
* PESTALOZZI, JEAN-HENRY, le célèbre pédagogue et philanthrope de Zurich
(né le 12 janvier 1746 et décédé le 27 février 1827), n’est l’auteur d’aucun livre spécial sur la musique. Les données générales que dans plusieurs livres il a fournies sur cet
art au point de vue de l’enseignement, ont été utilisées par Naegeli et Fr. Pfeiffer.
PRÉVOST, PIERRE, né à Genève le 3 mars 1751, a publié le 3 mars 1786,
dans les mémoires de l’Académie de Berlin, une Dissertalion sur le principe des beaux-
arts el des belles-lettres dans laquelle on examine les rapports de la poésie el de la musique
avec les sens et les facultés intellectuelles. Y1 était professeur de philosophie dans sa ville natale, où il est mort le 8 avril 1830.
ROCHEMONT (DE), grand amateur de musique, natif de Genève (1716), prit part à la polémique relative à la lettre de J.-J. Rousseau sur la musique française, et publia à ce propos la brochure intitulée: Réflexions d'un patriote sur l'opéra français el sur l'opéra italien qui présentent le parallèle du goûl des deux nations dans les beaux-arts. Lausanne, 1754, in-8° de 137 pages.
"ROUSSEAU, J.-J. écrivain des plus célèbres, est né à Genève le 28 juin 1712
et mort à Ermenonville, près Paris, le 3 juillet 1778. Il ne figure ici que comme compositeur et écrivain sur la musique. ,
Dans ses « Confessions », nous apprenons comment il fit à Laden. à l âge de dix-neuf ans, ses premiers essais dans la composition, essais qui font preuve d’une complète ignorance dans l’art d'écrire la musique. Il ne parvint, du reste, jamais à acquérir la connaissance complète de cet art. 14
En 1742 (le 2 août), il présenta à l’Académie des sciences, son nouveau système de notation intitulé: Projet concernant de nouveaux signes pour la musique. Système connu aujourd’hui sous le nom de méthode Galin-Paris-Chevé.
On l’a accusé d’avoir emprunté ce nouveau genre de notation au père Souhaity, car il y a identité entre ces deux systèmes. Nous serions plus disposé à croire qu'il a utilisé, amélioré, approprié à l'écriture musicale du moment, la méthode de Davantèés (voir ee IX), ce qui n’offrait d’ailleurs aucune difficulté.
Personne n’ignore la part qu'il prit à la querelle dite des Bouffons. De nombreuses brochures ont résulté de ce débat.
L'oeuvre de Rousseau qui a eu le plus de valeur, et qui est encore au- Jourd'hui utilisée, est, quoi qu’en disent certains critiques, son dictionnaire de musique. La partie didactique, il est vrai, n’est pas sans reproche; quant à la partie esthétique, elle est admirablement traitée ; ses détracteurs même y ont souvent puisé.
Comme compositeur, Rousseau ne s’est guère élevé au-dessus de la médiocrité, la vraie science du compositeur est restée lettre close pour lui. |
Si ses chants sont doux, naturels, simples, naïfs, quelquefois même de l'harmonie et la forme laissent souvent à désirer.
On a édité de lui: |
1762. — Le devin du village, petit opéra. Paris, in-folio.
1773. — Pygmalion, scène lyrique ou mélodrame. Paris, in-folio.
1780. — Fragments de Daphnis et Chloe. Paris, in-folio.
1780. — Six nouveaux airs du Devin du village. Paris, in-folio.
1781. — Les consolalions des misères de ma vie. Paris. Contient environ cent mélodies. Je
L'opéra ballet en trois entrées: Les muses galantes, exécuté en 1745 chez la Popelinière, à l'Opéra en 1747, et chez le prince de Conti en 1761, n’a pas été puèse
Voici maintenant les titres de ses écrits:
— Examen des deux principes avancés par M. Rameau dans sa brochure intitulée { Erreurs sur la musique dans ! Encyclopédie ».
— Dictionnaire de musique (première édition, Genève 1767).
— Lettre à M. Grimm au sujet des remarques ajoutées à sa lettre sur Ompbale.
— Lettre sur la musique française.
— Lettre d'un symphoniste de l’Academie royale de musique à es camarades de l'orchestre.
a Leltree à 7. F abbé Raynal, au sujet d'un nouveau mode Ne rubis — Lyoat our origine des langues où il est parlé de la mélodie et de limitation
on our Les principes de l'harmonie où l’on traite de La théorie de l'harmonie en L des droits reapeclifs de l'harmonie et de la mélodie, de la basse fondamentale et de du mode mineur. Paris, Prault, 1763, in-8°, de 159 pages.
: Observations aur + Poe de re ocCasionnées par Hs écrils mo-