SANS EMPLOI DANS
l'orchestre
A cordes piDcées.
Harpe.
Guitare.
Mandoline.
Ccmbalo
(cordes Trappées).
i clavier.
Grand orgue.
Typophone.
Piano.
Hiirmonium.
!•■■ violon.
1 2m« violon.
i archet. 1 Alto.
j Violoncelle, f Contrebasse.
Viole d'amour.
La première colonne contient les instruments d'un usage absolument classique dans V orchestre symphonique^ depuis Haydn, Mozart et Beethoven.
La deuxième nous donne ceux qui sont d'un emploi relativement moderne, et plus fréquent au théâtre que dans l'orchestre purement symphonique, au moins jusqu'à pré sent.
La troisième, ceux qui ne figurent dans l'orchestre qu'à titre exceptionnel, ou dans une intention pittoresque ou des^ criptive,
La quatrième enfin, ceux qui, tout en ayant un caractère parfaitement musical, nont rien à voir dans la constitution de l'orchestre*.
Ce tableau compris, nous allons maintenant étudier séparément, non plus chaque instrument, mais chaque groupe par ordre d'importance, en commençant par celui qui occupe le bas de la première colonne, c'est-à-dire les ins-
1. Cette dernière colonne pourrait en contenir beaucoup d'autres; mais ils seraient sans intérêt pour notre étude.
truments à archet, qui constituent le fonds solide et inébranlable de toute orchestration.
Mais auparavant quelques considérations générales sont nécessaires, sur la façon dont le compositeur peut mettre en action ces différents agents de la sonorité.
Certes, il serait téméraire d'aborder l'orchestration sans posséder de sérieuses et fortes notions d'harmonie; mais ce serait une autre faute de croire qu'on doit s'astreindre servilement à la lettre de ses règles absolues, et traiter les instruments comme des voix théoriques; une plus grande liberté d'allure est nécessaire pour que chacun d'eux puisse développer ses moyens et mettre en relief sa physionomie particulière, tout en concourant à la belle sonorité de l'ensemble.
Si l'harmonie est la charpente solide de tout morceau de musique, le squelette nécessaire dont on doit toujours conserver le sentiment, l'orchestration est le coloris , le revêtement extérieur, l'habillement tour à tour austère ou resplendissant de la pensée musicale. Il faut donc l'envisager tout autrement, et ne pas s'étonner de voir des parties instrumentales se redoubler ou renforcer à l'unisson ou à l'octave, se croiser, se diviser, se disloquer, s'enchevêtrer de toutes les manières, se taire, reparaître de nouveau, sans cause harmonique appréciable; les octaves consécutives sont très tolérables entre une partie intermédiaire et une autre partie quelconque, sauf la basse, bien qu'il soit mieux de s'en dispenser quand cela se peut; les quintes peuvent être utilisées d'une façon pittoresque; beaucoup de fausses relations, de frottements, de duretés, sont considérablement atténués par la diversité des timbres *. On peut et doit donc se permettre toutes ces licences, pourvu qu'elles soient motivées et guidées par le bon goût, et qu'on sente toujours à travers
1. Pour tous ces termes techniques, Toir le chapitre suiyaiit , Grammaire de la musique (harmonie).