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ORCHESTRE CLASSIQUE

elles la solidité de la trame harmonique sur laquelle elles reposent, sans quoi elles ne constitueraient que des gaucheries, des maladresses ou des incohérences de style. En un mot, il faut que l'ensemble apparaisse comme purement et logiquement conçu si, le dépouillant de sa parure orchestrale, on l'amène à son expression la plus simple, la réduction au piano, par exemple.

Anciennement, on ne procédait pas ainsi. Les compositeurs qui ont précédé Bach, et lui-même le plus souvent, traitaient les parties instrumentales à peu près comme des voix, abstraction faite de leur étendue et de leur diapason, et en soumettaient la marche aux règles du contrepoint; mais il faut considérer qu'alors le tout était soutenu et relié par un instrument autonome à clavier, l'orgue à l'église, le clavecin au théâtre ou au concert, qui ne discontinuait pas, et résumait constamment le fonds de l'harmonie, d'où son nom de continua [basse continue) ; on l'écrivait en basse chiffrée, laissant ainsi à l'organiste ou au claveciniste toute liberté dans la disposition des accords. On obtenait par ce système, qui nous paraît maintenant primitif, une orchestration solide et puissante, mais assez monotone, massive, tous les instruments étant employés d'une façon à peu près ininterrompue et n'offrant d'intérêt réel que pour l'auditeur qui savait s'attacher à suivre la marche ingénieuse de ces voix instru^ mentales. Le procédé actuel, qui attribue plus d'importance à la richesse et à la variété de la sonorité qu'à la conduite absolument correcte des parties, est infiniment plus coloré, plus chaud et plus vivant, et constitue un progrès notable, aussi incontestable qu'incontesté Sans lui, l'orchestration moderne n'existerait pas.

Le quatuor, masse principale de l'orchestre, où il remplit un rôle prépondérant analogue à celui des jeux de fonds dans l'orgue, est ainsi constitué

Une partie de premiers violons; Une partie de seconds fiolons; Une partie à* altos ; Une partie de violoncelles.

Aux violoncelles sont presque constamment associées les contrebasses, qui les redoublent à l'octave inférieure, et affermissent ainsi la base de Tédifice sonore, sans constituer une partie indépendante*.

(L*é tendue utilisable de ces instruments a été définie au chapitre Instrumentation; nous ajouterons seulement, à ce sujet, que, la partie de second violon étant logiquement dévolue aux exécutants les moins habiles, il est prudent de récrire plus simplement que celle de premier, et

de ne pas dépasser à Taigu le fa ou le sol ^ ~.)

Le premier violon est la partie la plus importante de l'orchestre au point de vue mélodique et expressif, tandis qu'au point de vue harmonique, cette priorité appartient à la partie de violoncelle et contrebasse, qui fait presque toujours entendre la note grave des accords. Le second violon et l'alto sont des parties relativement secondaires, qui peuvent pourtant être appelées momentanément à jouer un rôle important, soit que les deux violons dialoguent ensemble, soit que l'alto, croisant au-dessus d'eux, vienne occuper pour un instant la partie supérieure, colorant ainsi la mélodie de la teinte mélancolique qui lui est propre.

A l'exception de la contrebasse, qui ne quitte jamais la région grave, toutes les parties peuvent d'ailleurs s'entrelacer; mais où le croisement est surtout fréquent, c'est entre l'alto et le second violon; c'est dans ces deux mêmes

1. Les contrebasses sont pour l'orchestre l'équiyalent du 16 pieds au pédalier de l'orgue

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