LE QUATUOR
parties aussi qu'on fait le plus grand usage des doubles cordes, surtout dans les formules d'accompagnement.
Les triples et quadruples cordes sont généralement réservées aux grands fortissimo; la contrebasse seule n'en fait jamais usage, nous avons dit pourquoi.
Quand on veut employer le timbre spécialement sym pathique du violoncelle pour mettre en valeur un contour mélodique important, on lui écrit une partie spéciale, et la contrebasse reste seule chargée de la note grave; une autre combinaison est aussi employée dans ce même cas et affaiblit moins la basse : on divise les violoncelles et on écrit ainsi :
Premiers yioloncelles
Deuxièmes yioloncelles f TjT
et contrebasses : \
Mais alors la partie mélodique (les violoncelles) perd un peu de son intensité; on peut atténuer à son tour ce défaut en la doublant à l'unisson par les altos, procédé très employé par Beethoven et depuis.
D'ailleurs toutes les parties peuvent se redoubler à l'unisson, à l'octave ou la double octave, soit pour quelques notes seulement, soit pour de longs passages. Souvent aussi on fait taire pendant un certain temps la contrebasse pour obtenir un effet d'allégement; son retour fait toujours naître un sentiment de bien-être; il semble qu'il manquait quelque chose.
Le pizzicato peut s'employer simultanément dans tout le quatuor, en sons simples, en doubles, triples et quadruples cordes, ou seulement dans une ou plusieurs parties; il en est de même de la sourdine et des sons harmo^ niques.
Un exécutant peut aussi être détaché de son groupe pour faire entendre une partie distincte ; on l'écrit alors sur
une portée à part, avec l'indication : Violon solo, alto solo, violoncelle solo.
Enfin, un procédé très en honneur dans Técole actuelle consiste à subdiviser chaque catégorie d'instruments, de façon à avoir quatre parties de violons, deux d'altos, deux de violoncelles, ou plus, ce qui permet de disposer comme en gradins des accords formés de beaucoup de sons occupant un grand espace.
Pour ceux surtout qui savent employer les sons harmoniques, il y a là une mine inexplorée de sonorités éthérées à mettre en exploitation.
Ce système de division est surtout praticable dans les orchestres nombreux et possédant beaucoup d'instruments à archet.
Dans un orchestre complet bien pondéré, pour faire équilibre aux deux groupes d'instruments à vent, il ne doit pas y avoir moins de :
10 premiers yiolons; 10 seconds yiolons ;
8 altos ;
6 yiolonnelles ;
6 contrebasses.
Comme limite supérieure, quinze violons à chaque partie, douze altos, douze violoncelles et dix contrebasses; au delà, les instruments à vent seraient trop effacés*.
Aucun autre groupe n'a une importance égale à celle du quatuor, tant pour la richesse et la variété des effets que par sa parfaite homogénéité. Aussi est-il très fréquemment employé seul, à l'exclusion de toute autre soit Il pourrait sembler, a première Tue, qu'en augmentant proportionnellement le nombre des instruments à yent, on rétablirait l'équilibre ayec un nombre quelconque d'instruments à archet; ce ne serait yrai que pour des effets de masses ; car, selon la conception yraie de l'orchestre moderne, il est nécessaire que les instruments à yent conseryent leur individualité^ et que chacun d'eux soit un soliste^ ce qu'on yerra plus loin.