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Les deux organismes reçoivent, décomposent et transmettent au cerveau des vibrations de périodes très distinctes, les unes atomiques et les autres moléculaires, mais en lin de compte ce ne sont jamais que des vibrations.
Et l'émotion que produit la musique n*est peut-être elle-même qu'un autre phénomène vibratoire, dans lequel l'organe récepteur serait l'âme ? Mais en m'aventurant dans cette voie je craindrais de m'égarer.
Pour rester pratique, cherchons plutôt les moyens d'acquérir l'habileté nécessaire au maniement de l'orchestre, sans nous dissimuler que c'est une chose très difficile pour quiconque n'en possède pas l'intuition. Or, celui qui veut arriver à bien orchestrer, devra tout d'abord lire beaucoup d'œuvres en partition, en s'attachant à comprendre les raisons qui ont porté l'auteur à employer, dans chaque cas, tel instrument, tel groupe ou telle combinaison; il devra assister fréquemment à des concerts symphoniques, en suivant sur la partition d'orchestre, qu'il aura préalablement étudiée et qu'il relira ensuite en cherchant à reconstituer mentalement les sonorités, et à se rendre compte des moyens par lesquels elles ont été obtenues.
Ensuite il pourra se livrer à un exercice pratique excellent, qui consiste à orchestrer lui-même des fragments ou des morceaux entiers, ouvertures, entr'actes, pièces symphoniques, d'après une bonne réduction au piano, puis à prendre ensuite connaissance de la version originale.
Par ces procédés ou autres analogues, on arrive assez rapidement à écrire des choses exécutables, à orchestrer avec bon sens; mais la véritable habileté, la souplesse et la sûreté de main qui font qu'on peut se sentir certain qu'à l'exécution il n'y aura aucune surprise, qu'on a bien écrit ce qu'on voulait, cela ne s'acquiert que par une longue pratique et l'expérience, et n'appartient qu'à l'élite des compositeurs.