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L'ŒIL ET L'OREILLE

le rôle de la pédale est comparable à celui de l'estompe ; par Fune comme par l'autre, tout est mélangé, embrouillé, renforcé ou atténué, selon le mode d'emploi et son oppor tunité.

Personne ne niera qu'il y ait les plus grands rapports, comme manifestation d'art, entre l'orgue de barbarie et les images d'Ëpinal , entre la photographie et la phonographie, quoique l'avantage soit pour cette dernière, car le photographe ne peut encore reproduire les couleurs, tandis que le phonographe , bien qu'encore imparfait , donne déjà une certaine impression du timbre, que les Allemands, pensant un peu comme moi et l'aveugle, ai^" pelleni Klangfarbe (littéralement : couleur du son) ; je crois devoir le redire ici, à l'appui de ma thèse.

Le plus curieux rapprochement ne peut-il pas être fait, d'ailleurs, entre l'oreille, dont nous connaissons la structure*, et l'organe de perception des couleurs? Les paupières protègent l'œil comme le pavillon et le conduit auditif protègent l'oreille; la pupille, première lentille, et le cristallin, deuxième lentille, correspondent au tympan et à la fenêtre ovale ; la chambre antérieure et la chambre postérieure de l'œil contiennent chacune un liquide spécial, l'humeur aqueuse et l'humeur vitrée, qui offrent la plus grande analogie avec les liquides du vestibule et du labyrinthe de l'oreille; l'œil est en communication avec l'arrière-bouche par le canal lacrymal comme l'oreille par la trompe d'Eustache; enfin, le nerf optique vient s'épanouir sur la rétine en fibres et en bâtonnets microscopiques (les bâtonnets de la membrane de Jacob) de Iongueurs différentes, correspondant aux diverses couleurs, tout comme le nerf acoustique se termine par les ramifications appelées soies de Schultze et fibres de Gorti, dont chacune est impressionnable par un son simple différent.

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