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CADENCES
bientôt surannée, s'applique à tout ensemble d'accords combinés de Taçon à conduire la phrase vers sa chute, et àaboutirnécessairementà une cadence, quelle qu'elle soit. Chaque école, chaque compositeur a ses formules favo-
Formule
de cadence
à la dominante.
Forma le interrompae.
Formule
de cadenct plagale, ^
précédée, selon J 5+i 6 5
GRAMMAIRE DE LA MUSIQUE
Dans toute cadence dont le premier accord contient la note sensible ou la sous-dominante, la tendance attractive de ces notes acquiert une force encore plus grande que partout ailleurs, et l'auteur ne peut se dispenser de leur donner leur résolution propre que dans le cas, assez rare, où il aurait justement en vue d'atténuer ou d'amoindrir le caractère particulier de la cadence ; une cadence parfaite ainsi réalisée perd toute sa force :
Txr
11 -faut donc admettre que le besoin résolutif des notes à mouvement obligé s'impose ici d'une façon spéciale.
Dans les cadences et leurs formules, on tolère très volontiers l'unisson sur la dominante, entre le ténor et la basse, pourvu qu'il soit amené par un mouvement contraire ou oblique :
rr
fr
HT
on tolère aussi l'unisson sur la tonique, entre parties quelconques, à la condition qu'il soit produit par des mouvements contraires :
rXKT
jjL.
TÏ^-&
CADENCES
enfln, on |3eut encore se permettre Toctave directe descendante sur le premier degré, la partie supérieure procédant par degrés conjoints :
dans ce dernier cas, qu'il vaut pourtant mieux éviter, la basse de l'accord final est triplée, la quinte supprimée. La cadence plagale autorise l'unisson, par mouvement oblique, entre les deux parties inférieures, sur son accord final.
Les mouvements caractéristiques de basse qui, placés à la fin d'une phrase, constituent une cadence, ne produisent pas la même impression si on les emploie, à un autre moment; ainsi, dans l'exemple suivant :
i IZ 5 5 5-]z 5-6- |r 5-
il y a cadence à la dominante en A, cadence parfaite en B, tandis que les fragments a et b, quoique formés des mêmes accords et des mêmes notes, n'éveillent nullement l'idée de cadences et n'en sont pas.
330 GRAMMAIRE DE LA HUSIQUE
De mëiDe, au point marqué c, il ne faudrait pas voir une cailence rompue, parce que ce n'est pas une fin de phrase.
Un procédé harmonique très usité dans le style rigoureux consisteà considérerun petit grouped' accords comme modèle, et à le reproduire symétriquement à des intervalles égaux, en montant, ou en descendant; les reproductions s'appellent progressions, et l'ensemble marche.
On conçoitquele même modèle, selon que ses progressions sont espacées à un, à deux ou plusieurs degrés, selon qu'elles sont prises dans l'ordre ascendant ou dans l'ordre descendant, peut donner lieu à des marches très diverses. Ainsi celui-ci, par exemple, "J' J '1 Tl ^°^^~ nit les combinaisons suivantes :
et bien d'autres, infiniment d'autres même, si on songe qu'on peut non seulement changer les accords , mais les modifier de toutes les manières, par des retards, des altérations simples ou doubles, et y introduire tous les artifices mélodiques précédemment décrits, tels qu'appogiatures, notes de passage, broderies, échappées, anticipations, etc.
Et encore, je n'ai parlé jusqu'ici que de marches unitoniques ou non modulantes, c'est-à-dire de marches dans
lesquelles il n'est fait usage, d'un bout à l'autre, que d'accords appartenant à une seule et unique tonalité.
Il en existe pourtant d'autres, qu'on appelle marches modulantes, et pour mieux faire ressortir la différence, je vais convertir ici toutes les marches unitoniques de l'exemple précédent en marches modulantes, quoiqu'il résulte de celte transformation certaines incorrections apparentes sur lesquelles je reviendrai immédiatement.
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etc.
On peut être surpris en rencontrant fréquemment, dans les exemples précédents, des mouvements mélodiques défendus' et des fausses relations'. Ces licences sont per' mises dans les marches, pour deux raisons : la première, c'est qu'on ne pourrait les éviter sans rompre la symétrie caractéristique de la marche ; la deuxième, c'est que dans ce cas spécial il n'en résulte aucune impression désagréable ni aucune difficulté d'exécution. On y tolère aussi le mouvement harmonique direct des quatre parties.
Quand on écrit une marche, il faut avant tout en construire le modèle correctement, puis s'assurer qu'il s'enchaîne d'une façon irréprochable àlapremièreprogression. Le reste n'est plus ensuite qu'une question de transposition mécanique. Mais quand la marche prend fin, il faut s'inquiéter que son dernier accord se relie, selon les principes ordinaires, à l'accord suivant, les quelques licences autorisées dans les marches n'ayant plus leur raison d'être dès ce moment.
GRAMMAIRE DE LA MUSIQUE
Avant de quitter les marches, faisons observer qu'elles ne sont pas toutes également symétriques. Absolue dans les marches modulantes, la symétrie n*est que relative dans les marches unitoniques, ainsi qu'on peut s'en convaincre en examinant de près la structure d'une même marche prise successivement dans les deux tableaux précédents. La marche unitonique, constituée avec les seuls sept sons appartenant à une même gamme, voit chacune de ses progressions appartenir à un degré différent; et comme il n'existe pas deux degrés formés des mêmes intervalles, il ne peut y avoir qu'un à peu près de symétrie, aussi bien dans les rapports horizontaux des sons (les mouvements mélodiques] que dans leurs rapports verticaux (les accords).
Je reproduis ici l'exemple a du tableau des marches unitoniques :
ff
ton
ton
etc.
Mesurons les dimensions verticales. Le premier accord du modèle est un accord de sixte, renversement d'accord parfait majeur; dans la première progression, il dérive de l'accord mineur, et dans la deuxième, d'un accord de quinte diminuée. Le deuxième accord du modèle, accord parfait majeur, devient mineur dans les deux progressions suivantes, et ne se retrouverait majeur qu'à la troisième progression, sur le fa, sous-dominante.
Des irrégularités semblables se trouvent dans les proportions horizontales : j'en ai signalé quelques-unes dans l'exemple même.
La symétrie existe pour l'œil et pour ce qui est du nom