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IMITATIONS

Nous n'avons plus à examiner, pour terminer notre coup d'œil sur ce style si riche en combinaisons, et d'une telle vitalité qu'il vivifie encore les grandes œuvres modernes, que le contrepoint en imitations, qui offre au compositeur des ressources infinies d'une séduction particulière.

Nous avons déjà dit qu'il existe plusieurs espèces d'imitations ; il nous reste à les étudier une à une, avec quelques mots d'explication et quelques exemples pour en faire saisir la physionomie.

hUmitation proprement dite consiste dans le fait musical d'une partie quelconque reproduisant plus ou moins fidèlement le dessin mélodique qu'une autre partie a énoncé précédemment. Quand cette reproduction est absolument exacte, quand les espaces de tons, demi-tons diatoniques ou chromatiques de la partie modèle sont représentés dans la partie imitante par des espaces identiquement semblables, quand enfin il y a une ressemblance

IMITATIONS SIMPLES

parfaite dans le contour de l'une et de l'autre, l'imitation est dite régulière ou canonique^. Disons de suite que cette imitation absolument parfaite ne peut être obtenue qu'à l'unisson, à l'octave ou à la quinte'. Elle est soumise à toutes les lois du contrepoint simple, fleuri, de la cinquième espèce.

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1. Quelques auteurs disent : imitation contrainte, et qualifient de libre l'imitation irrégulière. Ce n'est qu'une question de mots, de nomenclature.

2. L'imitation régulière à la quinte, soit supérieure soit inférieure, ne peut exister, bien entendu, qu'en altérant le septième degré ou la sous-dominante de la partie imitante ; c'est une véritable transposition, et les deux parties se meuvent dans deux tons différents, quoique très voisins.

Si on néglige ce détail, l'imitation à la quinte existera toujours, mais elle cessera d'être régulière.

380 GRAMMAIRE DE LA MUSIQUE

Si on veut la rendre renversable ou convertible, il faut lui appliquer, en plus, les règles du contrepoint double.

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Il n'est pas difficile de combiner ainsi des imitations régulières à trois ou quatre parties. Quand elles ont une certaine étendue, elles prennent le nom de canon, qui est particulièrement justifié lorsqu'elles sont conçues de telle sorte qu'une reprise perpétuelle permette à chaque partie de revenir incessamment de la fin au commencement. Voici un exemple correct de canon perpétuel :

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A tout autre intervalle , on ne peut former que des imitations irrégulières, en raison même de la conformation de la gamme et de la distribution ^C des tons et demi-tons. Dans

IMITATIONS COMPLIQUEES

celles-ci, la similitude est moins complète, un ton se trouve répondre à un demi -ton, une tierce qui était majeure dans le modèle devient mineure dans l'imitation , etc. ; mais l'aspect général reste le même, ainsi que la disposition rythmique, ce qui est parfois suffisant.

L'imitation irrégulière peut aussi être écrite en contrepoint double, et alors elle devient renversable.

Dans toutes les espèces d'imitations, la partie qui propose, celle qui fournit le modèle, prend le nom à'antécé^ dent, et celle ou celles qui répètent le dessin mélodique sont autant de conséquents.

L'antécédent peut être confié à une partie quelconque;

il peut débuter indifTéremment par la tonique, la dominante ou la médiante.

On doit éviter les redites, les redondances, les répétitions de groupes semblables, et ne faire qu'un emploi discret des silences et des croisements. Les seules modulations permises sont celles aux tons voisins.

Toutes les règles du contrepoint fleuri restent en vigueur. '

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