A TROIS TEMPS
Le Menuet, décrit à propos de la sonate ;
La Gaillarde, plus mouvementée ;
La Polonaise, solennelle et élégante, qui offre cela de particulier que chaque phrase et même chaque membre de phrase se termine sur un des temps faibles ^ ;
La Chacone, très rythmée et pas très vite ; c'est une longue suite de reprises formant comme des couplets, le plus souvent variés ;
La Sarabande, plus lente que le menuet ;
La Courante, plus lente encore que la sarabande, malgré ce que son nom semble indiquer ;
Le Passepied, plus animé encore que la gaillarde, et dont les reprises doivent commencer en levant,
1. Les marches aux flambeaux de Meyerbeer sont d'admirables types de polonaises modernes. Ce sont des marches à 3 temps.
Indifféremment a deux ou trois temps :
La Passacaille, dont la forme rappelle la chacone, avec un mouvement plus lent ;
La Pavane, dans laquelle les danseurs se pavanaient en faisant la roue comme des paons (en italien paçone), ce qui en indique Tallure ;
La Musette, dont la basse forme une pédale simple ou double, mais constante, à la façon de l'instrument dont elle tire son nom ; quand on l'intercale comme trio dans une gavotte, elle est nécessairement rythmée à deux temps; etc., etc.
J'en oublie, et beaucoup ; aussi bien ne pourrais-je pas les citer tous. Je ne crois pas qu'il existe d'airs de danse rythmés à quatre temps, ce qui semble réservé à la Marche; mais on a souvent écrit des marches religieuses ou solennelles à trois temps, et il est bon de remarquer que la démarche lente emprunte une noblesse toute particulière à ce fait du temps fort portant alternativement sur le pied droit et sur le pied gauche, ce qui a lieu dans la. polonaise.
De ce que je viens de dire, il ne faudrait pas inférer que toute composition doit nécessairement être coulée dans un moule connu et adopté. Loin de là, le compositeur reste libre de créer des formes nouvelles, et de fait, bonnes ou mauvaises, il en crée tous les jours; c'est une de ses fonctions, un de ses devoirs. Quand elles sont bonnes, elles s'imposent, elles restent comme de nouveaux types, et viennent enrichir le domaine de l'art.
Tout est à observer pour les jeunes étudiants compositeurs, car partout ils peuvent trouver quelque chose à apprendre, à emmagasiner, pour en tirer parti en temps opportun ; mais il importe que ces investigations soient méthodiques et sages, prudentes, sous peine de voir faussé leur jugement, leur sens artistique, ce dont résulterait la perte irréparable de leur originalité propre.
Un des écueils les plus dangereux pour eux, c'est l'é-