ANATOMIE DE L'OREILLE 4S
tiques ; la seule ouverture qui ne soit pas entièrement close est la tromoe d'Eustache, sorte de conduit conique
qui met l'oreille moyenne en rapport avec le pharynx, dans lequel il s'ouvre à chaque mouvement de déglutition. A l'intérieur de cette caisse se trouve la curieuse cAaîne des osselets, qui est tendue entre le tympan et la membrane de la fenêtre ovale (fig. 30) ; elle se compose de quatre petits 03 auxquels on a donné des noms rappelant leurs formes ; le mar- Fig-^u. — Lesosseiou. teau est fixé par son manche au centre 'lajre; Ék, snciame; m, du tympan; après lui vient l'enclume, ™'™"puis un petit os presque rond, appelé l'os lenticulaire, et enfin Vétrier, dont la base recouvre presque entièrement la fenêtre ovale.
Par ces deux fenêtres, Toreille moyenne communique aiwecVoreille interne. C'est là qu*estla merveille. L'oreille interne ou labyrinthe est une cavité creusée dans la partie osseuse la plus résistante de la boîte crânienne, le ro" cher, entièrement remplie d'un liquide transparent, l'humeur vitrée acoustique ; elle se compose du vestibule, en communication directe avec la fenêtre ovale, du limaçon, organe cartilagineux rappelant la forme de cet animal, et des canaux semi-circulaires j au nombre de trois *. Dans le liquide spécial qu'elle contient flotte une sorte de sac membraneux, ne se reliant aux parois osseuses que par quelques vaisseaux sanguins et des faisceaux de fibres nerveuses passant au travers du liquide (fîg. 31). Aussi bien dans le vestibule que dans le limaçon, le microscope permet de voir une multitude de petits crins ou filaments qui ne sont autre chose que des prolongements ou ramifications de l'extrémité du nerf acoustique ou de ses annexes ; ces minuscules organes portent le nom des savants auxquels est due leur découverte ; ceux du vestibule sont les soies de Schultze, ceux du limaçon les fibres de Corti; de ces derniers, on est arrivé à en compter trois mille
Voilà, décrit bien sommairement, trop peut-être, l'instrument. Voyons-le en fonction.
Une vibration parvient à Y oreille externe ; il se produit tout d'abord, dans le conduit auditif, une condensation suivie d'une dilatation. Le tympan se trouve repoussé à l'intérieur, puis tiré à l'extérieur (c'est ici le cas de se rappeler que les membranes s'accommodent de toutes sortes de vibrations) ; par la chaîne des osselets, la trépi-
1. Les canaux semi-circulaires, bien qu'enclavés dans l'oreille, ne paraissent pas participer exclusivement à l'acte de l'audition. Ce sont les organes spéciaux d'un sens non catalogué jusqu'ici, le sens de VéquilibrCf de la tferticalité.
Lorsque l'un d'eux est rompu accidentellement, l'individu, homme ou animal, perd le sentiment de l'aplomb, semble ivre.