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CHOIX DES TONALITÉS

tion est bien sortie tout entière du cei'veau de Wagner; qu'elle fasse école ou qu'elle reste un fait isolé, ce que l'avenir seul peut nous apprendre (malgré quelques applications récentes), on doit la saluer avec le respect dû aux plus hautes manifestations de l'esprit humain.

Après avoir étudié Wagner et Berlioz, s'être consciencieusement assuré que l'on comprend vraiment leurs deux langages si différents, on peut aborder n'importe quelle lecture. On peut même lire de mauvais ouvrages, afin de connaître aussi des exemples de ce qu'il ne faut pas faire. Mais il ne faut pas craindre de se replonger souvent dans la lecture des vieux classiques, car c'est encore là qu'on trouvera pendant longtemps tous les grands enseignements et le germe viable de l'école future.

Avant de quitter ces exercices d'analyse, je dois signaler ici un fait assez étrange pour surprendre et attirer fortement l'attention des esprits observateurs; c'est que, malgré l'uniformité inhérente au système du tempérament, chaque tonalité majeure ou mineure possède des caractères particuliers. Ce n'est pas au hasard que Beethoven a choisi le ton de mi [> pour la Symphonie Héroïque, et celui de fa pour la Symphonie Pastorale; c'est en vertu de cette mystérieuse loi qui assigne à chaque ton une l>hysionomie propre, une couleur spéciale.

Je ne prétends pas dire que chacun de ces tons ne peut exprimer exclusivement que les seuls sentiments que je lui attribue ici, mais seulement qu'il y excelle, que c'est là sa dominante, et qu'il possède pour leur expression une aptitude particulière.

Chacun peut envisager cette physionomie selon son tempérament personnel; la caractériser d'une façon absolue serait probablement excessif; ainsi, en ce qui me concerne, voici la teinte prépondérante des diverses gammes majeures ou mineures :

Ut îf MAJ : ?

Fa#maj. :. rude.

Si MAJ. : . . énergique.

Mi MAJ. : . . éclatant, chaud, joyeux, franc, sonore.

LiA. MAJ. .

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