Le faut-il ? Il le faut ! il le faut
Lavignac. — La Musique.
des procédés de Timitation par mouvement contraire? C'est ainsi qu'on peut remonter à la véritable origine du système, et la retrouver... dans la fugue.
Les leit-motifs, dans leurs curieux enchevêtrements, leurs transformations si intéressantes, sont traités par Wagner et ses disciples, avec toutes les ressources de Tart moderne en plus, exactement comme le sont dans la fugue le sujet et les contre-sujets; au lieu de leur donner ces noms de pure technique, on attribue à chacun d'eux une signification conventionnelle et philosophique, d'où dépendra son emploi dans telle ou telle partie de l'ouvrage, à tel ou tel moment; mais, à cela près, il sont tra^ vailles selon des principes analogues, quoique modernisés, à ceux du vieux contrepoint. La seule différence, c'est qu'on attache à leur forme l'idée déterminée et invariable d'un des héros, fût-ce un animal, comme le Cygne, ou d'une action, comme la Cène, ou d'un caractère, comme la Bonté de Sachs, ce qui leur permet, malgré la complication purement apparente de leurs combinaisons , d'être de véritables fils d'Ariane conduisant l'auditeur initié à travers les méandres du drame, sur lequel ils répandent au contraire la plus grande clarté. C'est dans cette systématisation philosophique que réside [en ce qui concerne le leit- motif) l'invention de Wagner, qui n'aurait donc pas existé sans Bach et les grands classiques.
Bien plus importante et surtout plus personnelle cette autre partie de la réforme wagnérienne qui, en abandonnant l'ancienne division en morceaux détachés formant chacun un tout complet, souvent sans aucun lien entre eux, lui substitue la division par scènes, empruntée à l'art dramatique, la cohésion de ces scènes étant encore augmentée et renforcée par l'action symphonique ininterrompue qui la suit pas à pas, l'explique et la commente. Ceci est une véritable invention géniale, car aucune tentative similaire antérieure n'existe, et cette vaste concep-