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L'OPÉRA

nom nous est parvenu; je ne puis songer ici qu a en citer quelques-uns parmi les plus illustres.

Carissimi (1604 f 1674], né à Marino, près de Rome.

Grand nombre de messes, d'oratorios, de cantates, de motets, et quelques pièces légères et comiques. Son style est plus animé, plus yivant et plus gracieux que celui de ses contemporains, et a exercé une grande action sur l'évolution musicale.

Cambert (1628? f 1677), né à Paris.

L'un des fondateurs de l'Opéra français. Il partagea avec l'abbé Perrin le privilège de V Académie royale de musique^, lors de sa création, en 1669, et eut pour successeur Lully, en 1672.

Principales œuvres : la Pastorale et Pomone.

Vers 1645, Mazarin avait introduit en France le goût de la musique italienne, événement à noter en raison de l'importance qu'il prendra par la suite. Relativement peu après, en 1659, Cambert fait entendre à Vincennes, devant le roi, sa Pastorale écrite en collaboration avec Fabbé Perrin; en 1669, ils firent jouer avec un éclatant succès leur Pomone. C'est alors qu'ils obtinrent le privilège d'ouvrir un théâtre, situé rue Mazarine, qui fut le berceau de l'opéra actuel, ou au moins la première tentative de ce genre en France.

Cambert et Perrin ne conservèrent pas longtemps leur privilège; ils en furent dépossédés par Lully, un rusé Florentin, d'ailleurs plein de valeur et d'une rare sagacité artistique.

Lully 2 (1633 f 1687), né à Florence.

Célèbre comme compositeur et comme fondateur de l'Opéra français, bien qu'il y ait eu Cambert comme prédécesseur; mais, doué d'une nature intrigante, très en faveur auprès de Louis XIV, et possédant, sinon du génie, au moins un grand talent, à une époque où aucun compositeur dramatique n'existait en France,

1. Il a existé un troisième associé, le marquis de Sourdéac, qui s'occupait spécialement des décors.

2. On écrit généralement Lully: lui-même signait ainsi; mais son origine italienne démontre que cette orthographe était de pure fantaisie, et que son vrai nom devait s'écrire '^ulli.

il triompha aisément et obtint du roi toutes les charges et tous les honneurs qu'il put désirer.

Il était de naissance gentilhomme florentin, ce qui n'empêche qu'il fit son entrée en France comme simple marmiton chez M"* de Montpensier , vers l'âge de treize ans ; chassé de cette maison pour acte d'ingratitude, il trouva le moyen de se faire admettre dans la bande des violons du roi, de s'y distinguer comme compositeur, et d'être chargé de diriger une nouvelle bande, dite des Petits violonSy qui devint très supérieure à l'ancienne ; il avait alors dix-neuf ans. Ce trait donne bien la note et de son caractère et de son talent. Sa vie ne fut qu'un tissu d'indélicatesses , d'avarice et de brutalités, sans parler des mœurs, qui n'étaient pas brillantes ; mais il conservait la faveur !

S'il était peu estimable comme homme, il faut le juger tout autrement comme artiste, car il importa chez nous tous les éléments constitutifs d'un art qui y était inconnu, et d'où est sorti V opéra actuel.

Il écrivit une vingtaine d'opéras, dont Quinault fournissait le livret, et qu'il faisait orchestrer, d'une façon primitive, par de» élèves ; des œuvres importantes de musique religieuse ; la musique de la plupart des ballets de Molière, où il dansait à l'occasion (le Roy y dansoitbien!), et une quantité de pièces instrum.entales, danses, divertissements, morceaux de circonstance, qui contribuaient à le maintenir bien en cour.

Comprenant que le caractère français recherche et apprécie avant tout la clarté, la simplicité et le sentiment juste de l'expression, il sut abandonner à leur profit l'ornementation surabondante du style italien d'alors, et créa des ouvrages encore intéressants aujourd'hui, qui brillent surtout par la vérité de la déclamation.

Alceste, Thésée, Persée, Armide, sont ses œuvres principales. 11 est considéré, à tort, par le fait de l'élimination de Gambert, comme le créateur de l'opéra français.

Vinrent ensuite Gampra (1660 -j- 1738), né à Aix, créateur de l'opéra-ballet, qui produisit Hésiode, Idoménée, les Fêtes vénitiennes; DestOUChes, avec le ballet des Élé^

ments; Charpentier, Golasse, Marais, Lalande, Desma-

rets, puis enfin le grand Rameau,

Rameau (Jean-Philippe) (1683 f 1764), né à Dijon.

Bien qu'ayant manifesté dès son enfance des aptitudes spécia-

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