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L'ART RELIGIEUX

les pour la musique et tout ce qui la touche, ce n'est guère avant l'âge de trente-quatre ans que les circonstances lui permirent d'entrer dans la carrière. Il fut d'abord organiste à Lille, puis à la cathédrale de Glermont.

C'est là qu'il élucubra son système d'harmonie, basé sur l'idée de la basse fondamentale^ qui a eu et a encore une grande importance en ce qui concerne la structure harmonique. Ce système contenait des défauts aujourd'hui évidents pour tous les musiciens, mais il n'en était pas moins l'œuvre d'un homme de génie.

Il a écrit sur ce sujet de nombreux ouvrages didactiques.

Gomme compositeur, il a laissé beaucoup d'œuvres célèbres, parmi lesquelles on peut citer ; Hlppolyte et Aricie^ les Indes i^alanteSj Castor et Pollux, Dardanus, et de nombreuses pièces de clavecin fort intéressantes.

Il était déjà âgé de cinquante ans lorsque son premier ouvrage fut joué à l'Opéra ; mais en vingt-sept ans on en représenta vingtdeux, plus ou moins importants, presque toujours avec succès.

Toutefois, et malgré cette vogue, il considéra toujours ses ouvrages théoriques comme son plus beau titre de gloire.

A citer encore :

Lotti (vers 1667-1-1740), né à Hanovre, de parents vénitiens.

Organiste, puis maître de chapelle à Saint-Marc de Venise, de 1704 à sa mort. On connaît de lui des Opéras ^ des Madrigaux, des Messes, et beaucoup de musique religieuse.

Durante (F.) (1684 -{-1755), né dans le royaume de Naples.

Élève de Scarlatti, fut considéré en son temps comme un chef d'école et produisit des élèves tels de Paisiello , Piccinni et Sacchini. Il a écrit principalement de la musique d'église.

Marcello (Benedetto) (1686 f 1739), né à Venise.

Noble seigneur vénitien, pendant longtemps membre du conseil des Quarante, il est surtout connu musicalement par de splendides Psaumes pleins de majesté et de foi chrétienne ; aussi par quelques pièces de musique instrumentale, des madrigaux et des chansons. Son sentiment musical réprouvait les exagérations de fioritures et ornements de tout genre que l'art du bel canto répandait à profusion, au détriment de la sincérité expressive.

Je ne sais pourquoi Berlioz, dans ses Grotesques de la musique^ a jugé à propos de le tourner en ridicule, au sujet du splendide psaume : Icieli immensi narrano, dans lequel il voit « une chanson de marchands de bœufs revenant de la foire (!) ». Il ne méritait vraiment pas cela.

Porpora (1686 f 1767), né à Naples.

Remarquable maître de chant et auteur de très nombreux opéras oubliés, dont il n'y a aucun intérêt à connaître les titres. Il eut pour élèves notamment deux des plus célèbres castrats, Gaffarelli et Farinelli, et a joui d'une grande réputation. Il a aussi écrit de la musique sacrée.

Léo (1694 -|-1746), né dans le royaume de Naples.

L'un des plus grands maîtres de l'école italienne. Opéras, oratorios et musique sacrée. Nombreux solfèges.

et parmi les compositeurs exclusivement voués à la musique religieuse, le maître de chapelle Dumont (1610 -J- 1684), né à Liège, auteur des cinq Messes Royales, dans Tune desquelles se trouve le fameux Credo de Dumont, d'un fort beau style, mais déjà archaïque à l'époque.

Buxtehude (1635 f 1707), né en Danemark.

Admirables pièces d'orgue, dont fort peu ont été publiées ; fut célèbre comme organiste.

Couperin (François) (1668 f 1733), né à Paris.

Organiste, claveciniste et compositeur. Nombreuses pièces de clavecin.

Il y a eu plusieurs autres musiciens du même nom appartenant à la même famille.

Corelli (Archangelo) (1653 f 1713), né près de Bologne.

Un des plus grands violonistes comme virtuose et comme compositeur. Ses Sonates d'église font l'admiration des connaisseurs.

Tartini (1692 f 1770), né à Pirano.

Possède une triple célébrité comme violoniste, comme compositeur, et comme acousticien, car il fut le premier à découvrir les sona résultants différentiels, c'est-à-dire la propriété qu'ont deux sons harmoniques quelconques, rigoureusement justes, de reconstituer et faire résonner leur son fondamental, qu'il appelait le troisième son. Où il eut tort, c'est lorsqu'il voulut édifier sur cette seule découverte tout un système d'harmonie, nécessairement incomplet.

Il a composé de remarquables Sonates pour violon, environ cinquante, dont la plus célèbre s'appelle la Sonate du diable, un très grand nombre de Concertos et des ouvrages didactiques qui ont puissamment contribué aux progrès de l'art du violon.

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