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COR

Par une légère modification dans la pression des lèvres sur l'embouchure, l'artiste arrive à déterminer la colonne d'air à se diviser en 2, 3, 4... 15 ou 16 segments vibrants, et à produire ainsi tous les harmoniques du son fondamental. L'échelle naturelle du cor est donc, théoriquement, la série des sons harmoniques, déjà fréquemment exposée au cours de cet ouvrage. Mais les dimensions du tuyau rendent l'émission du son fondamental très

douteuse et d'un timbre flasque, sans caractère; on n'en fait jamais usage, et la note laplus grave que puisse donner un cor est en réalité le son 2 de la série des harmoniques. Voici l'échelle, ou, comme on dit quelquefois assez improprement, la gamme du cor en ut, dont la fondamentale (impraticable) serait l'ut .''J' -■ . au diapason réel où cha-

Et voici comment on l'écrit :

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Ceci donne lieu déjà à deux remarques intéressantes :

1** Il est d'usage, je ne sais trop pourquoi, de noter constamment le son le plus grave (et celui-là seul] en clef de fa. Les autres sont écrits en clef de sol, mais une octave au-dessus du son réel, comme cela a lieu pour les voix de ténor.

2^ Les sons 7, 11, 13 et 14 (en blanches] ne sont pas absolument justes; les deux si bémol (7 et 14) sont sensiblement trop bas; ce défaut s'amoindrît quand on joue un peu fort, mais reste très apparent dans les effets de douceur, où il ne faut les employer qu'en qualité de notes de passage, ou encore seuls, sans aucune harmonie ; le la (13) est aussi trop bas; quant au fa jif (11), il tient autant du fa naturel que du fa tt, tellement que dans la plupart des ouvrages spéciaux on le considère comme un fa trop haut. Tous ces sons ont donc besoin d'être corrigés par l'habileté de l'exécutant; dans leur état naturel, ils détonneraient avec les autres éléments de l'orchestre, et, même isolés, ils surprendraient désagréablement notre oreille; on ne les emploie qu'en les dénaturant légèrement par l'introduction de la main dans le pavillon, ce qui abaisse leur intonation et assourdit en même temps leur timbre. Ils rentrent alors dans la catégorie des sons dits bouchés, par opposition aux sons naturels, qu'on appelle aussi ouverts.

Le même procédé peut s'appliquer à toutes les autres notes de l'échelle naturelle^ et c'est par cet artifice que le cor arrive à se créer une sorte de gamme chromatique factice, dans laquelle les sons ouverts résonnent seuls écla-

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