DOUBLES ET TRIPLES CORDES
de JL r , ainsi que celles-ci : JL m H -^ |,L ' , qui exi-
gent une extension assez pénible.
Au delà de l'octave , toute double corde dont la note
grave n'est pas une corde à vide, comme
doit être considérée comme impraticable, ou tout au moins d'une exécution dangereuse.
Pour les accords de trois et quatre sons, qui ne peuvent être émis, en raison de la convexité du chevalet, qu'au moyen d'un arpège plus ou moins rapide, les plus commodes sont naturellement ceux qui contiennent des
cordes à vide, comme :
etc. ; en
dehors de ceux-ci , il n'est prudent d'écrire que des accords disposés en quintes et en sixtes mélangées, tels
que :
. On peut encore admet-
tre quelques septièmes, ainsi disposées sur les trois
cordes aiguës, depuis r^j^ F^j^^^^p^ jusqu'à :
mais ce n'est guère que dans les parties d'accompagnement, ou au contraire lorsque le violon est traité en instrument solo (deux cas diamétralement opposés), qu'il y a lieu d'employer fréquemment les doubles, triples et quadruples cordes. Le violon est avant tout un organe mélodique, le splendide et étincelant soprano des instruments
à cordes, le plus riche en effets variés, le plus agile, le plus expressif et le plus passionné des éléments de l'orchestre.
Toutes les tonalités lui sont accessibles, mais il est d'autant plus à son aise qu'il peut faire un usage plus fréquent des cordes à vide. En conséquence, les tons les plus commodes, comme aussi les plus sonores, sont ceux qui contiennent peu d'altérations; toutefois il n'y a guère à tenir compte de cela que dans les mouvements rapides, en raison de l'extrême habileté des violonistes actuels.
Il n'existe pas d'instrument dont la connaissance intime soit utile au même degré pour quiconque veut s'occuper intelligemment d'instrumentation. Tout compositeur ayant souci de ^bien écrire pour l'orchestre devrait avoir tenu un violon en main, ne fût-ce que pendant quelques mois, et aucun traité d'instrumentation, quelque parfait qu'il soit, ne pourra jamais remplacer les notions pratiques ainsi acquises.
L'origine du violon et des autres instruments de la famille dont il est le chef doit être recherchée dans l'Inde. Du temps de Ravana, roi de Geylan, qui vivait environ 5000 ans avant l'ère chrétienne, fut inventé le Raçanastron^, qui paraît être le plus ancien type des instruments à archet. (On le retrouve encore dans cet état primitif entre les mains de pauvres moines boudhistes appartenant à des ordres mendiants.) Cet instrument rudimentaire possédait déjà tous les éléments constitutifs du violon : les cordes en intestins de gazelle, le chevalet, la caisse sonore, le manche, les chevilles et l'archet, dont nous suivrons plus loin le développement. Son premier perfectionnement fut Vomerti, qui a fourni le modèle de la kemangh''a'gouz des Arabes et des Persans, puis de