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SOURDINE

J'allais oublier la sourdine. C'est une sorte de pince d'une forme particulière, qui vient s'emboîter sur le chevalet, et qui, en l'alourdissant, intercepte dans une certaine mesure la transmission des vibrations de la corde à la table d'harmonie, au coffre du violon, lequel n'est pas autre chose qu'un admirable résonnateur^ , dont elle atténue l'énergie.

On indique l'emploi de la sourdine par les mots : con sordino ou avec sourdine, et sa cessation par : senza sor~ dino ou âtez la sourdine. Un silence de quelques secondes suffit pour cette manipulation.

Par la simplicité et la souplesse de ses organes, par la richesse et la variété de leurs effets, comme aussi par ses dimensions commodes et maniables, par sa légèreté, et encore plus par l'absence totale de tout mécanisme interposé entre la corde sonore et la volonté de l'artiste, le violon est certainement l'instrument le plus docile, celui qui permet le plus complet développement de la virtuosité.

On n'attend pas que nous donnions ici le doigter du violon, pas plus qu'un aperçu même succinct des formules innombrables qui lui sont familières; c'est l'affaire des méthodes de violon et des traités d'instrumentation; tout ce que nous pouvons faire, c'est de signaler ce qui doit être considéré comme impossible, ou tellement difficile d'exécution qu'il est plus sage de ne pas le lui demander, au moins à l'orchestre, car depuis Paganini le virtuose violoniste ne connaît plus d'impossibilités.

Or donc, à l'orchestre, il est prudent de ne pas excéder.

comme

limite aiguë, le la fH ce qui fournit déjà une

belle étendue 1. Voir page 39

Quand on emploie le pizzicato, on ne peut guère espérer un bon effet des sons qui dépassent le do ou le ré ai-

gus : ^ - ; ils deviennent par trop secs et cassants.

Les sons harmoniques naturels sont seuls d'un emploi certain, et cela encore dans un mouvement modéré; pour les employer autrement, il faut de toute nécessité posséder soi-même la pratique du violon ou d*un autre instrument à cordes. Il en est un peu de même pour les doubles cordes, et à plus forte raison pour les triples et quadruples cordes, dont ne peut faire un usage certain, surtout dans des mouvements rapides, que celui qui a étudié le doigter de rinstrument. Donc, quand on n'est pas quelque peu violoniste soi-même, il faut s'abstenir d'écrire les intervalles suivants :

1° Tous ceux dont les deux notes sont inférieures au ré

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sont totalement

impraticables, par la simple raison que les deux sons qui les composent appartiennent exclusivement à la seule corde grave sol, qui n'en peut fournir qu'un à la fois; 2**

Les secondes au-dessus de fik^T ; 3** Les fterces au-dessus

I, de même que celles-ci :

ne sont pas sans présenter quelque difficulté; 4** Les quartes au-dessus de ^j^ — ; 5** Les quintes au-dessus

; 6° Les sixtes au-dessus de -JU \ ; 7® Les

septièmes au-dessus de fi^ r : 8° Les octaves au-dessus

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