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MONOCORDE

Après l'avoir accordée dans un ton quelconque, ébranlez la corde, soit avec un archet, soit en la pinçant avec le doigt, soit en la frappant; vous entendrez ainsi le son qu'elle produit en vibrant dans toute sa longueur, un mètre ; placez alors le chevalet mobile juste au milieu^ à 50 centimètres, et de quelque côté que vous ébranliez la corde, elle produira un son exactement à l'octave aiguë du premier. Gela démontre que les nombres de vibrations des cordes sont en raison inverse de leurs longueurs.

Remplacez cette corde par une autre, de même subs-

Fig. 7.

tance, dont le diamètre soit exactement double de celui de la première ; donnez-lui la même tension, c'est-à-dire employez pour la tendre les mêmes poids, et vous obtiendrez l'octave inférieure. Cela démontre que les nombres de vibrations des cordes sont en raison inverse de leurs diamètres.

En expérimentant successivement sur deux cordes de même diamètre et soumises à la même tension, mais formées de métaux différents, on arrive à trouver que les nombres de vibrations des cordes sont en raison inverse des racines carrées des densités.

De même, en faisant varier dans les rapports convenables les poids tenseurs, il est facile de constater que les

nombres de vibrations des cordes sont en raison directe de la racine carrée du poids par lequel elles sont tendues

Ces quatre lois fondamentales, dont la connaissance approfondie est nécessaire pour les constructeurs d'instruments, peuvent être ainsi résumées à Fusage des musiciens :

Plus une corde est longue^ grosse, lourde et faiblement tendue, plusses vibrations sont lentes, et plus par conséquent le son est grave ;

Plus elle est courte, fine, légère et fortement tendue, plus ses vibrations sont rapides, et plus par conséquent le son est

aigu.

Le son ainsi produit par une corde vibrant dans toute sa longueur s'appelle son fondamental ou son naturel; mais elle est apte à fournir aussi beaucoup d'autres sons^ en se subdivisant pour vibrer; on les appelle sons harmoniques^^ et, pour les étudier, nous allons avoir de nouveau recours à notre monocorde.

Cette fois, le chevalet et les poids sont inutiles; au moyen des chevilles, mettons l'instrument dans le ton

(ïut *J' m , qui correspond à 258 vibrations et 6 dixièmes

La corde, attaquée vers son milieu avec l'archet, prend nécessairement pour vibrer une forme en ^fuseau, qu'on peut se représenter ainsi (fîg. 8) :

Fig. 8.

et fait entendre le son fondamental que nous connaissons déjà, et que nous appellerons ici son partiel 1. Aux deux

1. On dit aussi, dans le même sens : sons concomitants , hypertons,. (ail. obertone = sons supérieurs), ou encore sons partiels.

extrémités fixes, le mouvement est nécessairement nul; le point milieu, où la vibration a sa plus grande amplitude, est un ventre.

Avec un doigt de la main gauche, ou simplement avec une barbe de plume, opérons un très léger contact sur ce point central, juste assez pour empêcher le ventre de 8*y former, et attaquons avec l'archet vers le centimètre 25; un nouveau point immobile, qu'on appelle un nœud, se formera sous notre doigt, et la corde vibrera selon cette figure (fîg. 9) :

Fig. 9.

Il y aura donc un nœud et deux ventres; chacun des segments vibrants, n'étant plus que d'une moitié de la corde, opérera un nombre double de vibrations, soit 517,2, et le

son produit sera à l'octave du précédent : *J' .C'est ce

qu'on appelle le deuxième harmonique, ou son 2.

Procédant de la même manière, effieurons la corde au centimètre 33, ébranlons-la au centimètre 50, et nous entendrons le 3® harmonique ou son 3 : m ^ . Le nombre

des vibrations sera 775, et la corde aura pris cette nouvelle forme [^g. 10) :

Il est à observer ici qu'en outre du nœud que nous

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