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HARPE

Ses quarante-six cordes sont accordées de façon à faire entendre la gamme diatonique d^ut bémol majeur.

Sept pédales entourent sa base ec peuvent être abaissées et fixées chacune à deux crans différents. Si Ton fixe l'une d'elles à son premier cran, toutes les cordes fa j? sont simultanément raccourcies de la longueur correspondant à un demi-ton, le fa devient naturel, et on a la gamme de sol bémol majeur; une deuxième pédale agit de même sur tous les do (j, qui deviennent des do hécar^ res, ce qui produit le ton de ré bémol majeur; et ainsi de suite, en abaissant chaque pédale à son premier cran, on obtient les gammes de la bémol, mi bémol, si bémol, fa et ut maj'eurs. Dans ce dernier ton, toutes les pédales sont donc accrochées au milieu de leur course.

Si, revenant à la première pédale, celle du fa, on l'abaisse maintenant à fond en la fixant dans son deuxième cran d'arrêt, les cordes fa sont encore raccourcies, deviennent des fa dièses, d'où résulte la gamme de sol ma^ jeur; et en continuant ainsi à l'égard des six autres pédales, on obtient chaque fois une gamme majeure nouvelle, si bien que lorsque les sept pédales sont complètement abaissées et fixées à leur cran inférieur, l'instrument, qui était primitivement en ut bémol, se trouve en ut dièse m.ajeur.

On voit combien ce mécanisme diffère de celui de tout autre instrument. Voyons maintenant ce qu'il en résulte pour la façon d'écrire la musique destinée à la harpe.

D'abord, que le genre chromatique est celui qui lui convient le moins, et que la gamme chromatique lui est complètement interdite, sauf dans des mouvements d'une

Lavignàc. — La Musique. 10

extrême lenteur, puisque chaque note chromatique exigerait le mouvement d'une pédale; encore serait-elle d'un mauvais effet.

Ensuite, que la gamme mineure offre, bien qu'à un degré moindre, une difficulté analogue, en raison de la variabilité du 6* et du 7® degré, qui la Tait participer du genre chromatique.

Enfin, que les modulations rapides, surtout entre tons éloignés, sont dangereuses et risquées, puisqu'elles ne peuvent être obtenues qu'en modifiant la disposition des pédales, ce qui demande un certain temps, chaque pied n'en pouvant faire mouvoir qu'une seule à la fois.

Les tons les plus sonores sur la harpe sont ceux qui contiennent le plus de bémols, parce qu'ils utilisent les cordes dans leur plus grande longueur. Les tons majeurs sont les plus commodes, puisque l'instrument lui-même est accordé en majeur.

Les accords plaqués, arpégés ou brisés, les gammes et traits diatoniques, en octaves, tierces ou sixtes, sont les formules les plus familières à la harpe.

Le faible écartement des cordes permet à la main d'embrasser l'intervalle de dixième aussi facilement que sur le piano l'octave ; mais dans les accords il ne faut demander que quatre notes à chaque main, la plupart des harpistes ne se servant pas du cinquième doigt.

Le trille et les notes répétées ne sont pas d'un effet très heureux.

Tout comme les instruments à archet, la harpe possède des sons harmoniques ; en effleurant la corde au point milieu, avec le côté extérieur de la main, ce qui laisse les doigts libres pour pincer, on obtient le son partiel 2 (octave de la fondamentale), qui est d'une suavité ravissante, surtout dans le médium de l'instrument; la main droite ne peut attaquer qu'un seul harmonique à la fois, la main gauche deux, et dans un mouvement modéré ; ils

ont peu de force et ne peuvent être utilisés que dn pp au p. Leur notation est très simple : on écrit le son voulu une octave plus bas, et on le surmonte d"un 0.

En tenant compte des particularités qu'on vient de voir, et bien que ces deux instruments procèdent d'un principe totalement différent, on peut considérer que U musique de harpe s'écrit k peu près comme celle de piano ; les mêmes clefs et le même système de notation sont en usage, mais les procédés d'exécution sont tout autres.

Laharre, Nadermann, Pru-

Ce n'est pas, à proprement parler, un instrument d'orchestre, bien qu'on l'y ait parfois introduite dans un but pittoresque ; en Espagne et en lulie, elle sert souvent à accompagner les voix, et ne manque pas d'une certaine poésie dans la rousi que intime. Son accord rappelle celui du luth, dont elle dérive

on l'écrit une octave au-dessus, et en clef de sol. HÉTgODBS : Carulli, Gataytt, Coltin.

LB UATËRIEL SONORE

en a de plusieurs espèces ; celle qu'on rencontre

i fréquemment est munie de huit cordes accouplées

et accordées comme celles du violon

. doù résulte un doigter analogue; mais il ne Tant pas monter au delà du mi : JL

On ne pince pas les cordes de la mandoline directement avec le doigt, comme celles de la guitare ou de la harpe, mais avec un petit bec du plume ou un crochet d'écaillé. Le butdes cordes doublées est d'obvier à la faiblesse de la sonorité, et surtout de permettre une sorte de trémolo très rapide, par lequel les mandolinistes remplacent (îj les notes tenues ; c'est un effet spécial à cet instrument, dont on se fatigue rapidement.

î- 75. — HAKDOLIBE. MÉTHODES : CercUer, CoUia, Pietrapertoia, H.nieur 0",<0. 'le Sivry, F. de CrUtofaro, Patierno.

FAMILLE DUS INSTRUMENTS A CORl

Quoique le piano soit avant tout un instrument autonome, il suflirait de l'emploi qu'en ont fait: Berlioz dans Léîio, C. Saint-Saëns dans sa merveilleuse symphonie op. : 78, Vincent d'Indy dans le Chant de la Cloche,

et de quelques autres tentatives moins concluantes, pour le ranger dès à présent parmi les instruments qui peuvent, au moins exceptionnellement, faire partie de l'orchestre.

Rien ne prouve qu'il ne s'y introduira pas définitivement, car il y produit des efi'ets nouveaux et personnels, qui ne

peuvent être remplacés par aucun autre agent sonore. Les Hongrois n'ont-ils pas dans leur orchestre national le cembalo, qui est un piano sans clavier, et les anciens compositeurs italiens, allemands et français n'utilisaient-

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ils pas spn ancêtre, le clavecin', dans leurs partitions et pour l'accompagnement des récitatifs, où il était écrit en basse chiffrée ?

A l'église, d'oii il n'est exclu que par une sorte de préjugé, associé à l'orgue et joué avec discrétion, il revêt un caractère tout aussi religieux que celui de la harpe ; et

s'il ne peut en toutes circonstances être substitué à cette dernière, qui possède des eHets tout parculiers et un aspect spécialement hiératique, il prête, de son côté, à des combinaisons qui lui sont personnelles. Gounod l'employait souvent ainsi.

Le décrire me parait superflu ; disons seulement, pour

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