‹ La musiqueChapitre 105 sur 181 · LA COMEDIE A ARIETTES · texte numérisé non relu

LA COMEDIE A ARIETTES

(M) fin Félix ou VEnfmif trouvé, la deriiir-io dos ]jarti1ions du musicien, et non la moindre (1777). A part, car (;'tst un opéra, joué à F Académie royale : la Reine de Goleotule, <( ballet héroïque » (1766), et encore un PhUémon et Bmieis, écrit vers 1780, cjui ne put être repiésenté, dont la ])arlition s'est perdue et dont le texte ne s'est reti'ouvé que récemment. Mais les opéras et les pièces entièrement eu vers ne sont pas ce que Sedaine a fait de mieux.

Avec La Borde, il écrivit V Anneau perdu et retrouvé (1764), et avec Duni : les Sahots, un petit acte, d'abord esquissé par Cazotte (1768), et TJuhnire, une pastorale (1770).

Avec Grétry enfin, c est le Magnifique, où certaine scène, certain « trio de là rose )>, fut tout de suite célèbre, autant par la grâce et l'imprévu de la comédie que par la façon dont la musique y naît spontanément et la qualité de celle-ci (1773) ; c'est Aucassin et Nicolefte, en vers, et bien moins heureux (1779) ; c'est Richard Cœur de Lion, double chefd'œuvi'e, bien que ni l'un ni l'autre des deux collaborateurs n'ait jamais pu se tirer de la conclusion (1785) ; enfin le Comte d'AWert et sa Suite (1786) ; et Raoïd Barhe-Ueue (1789), deux œuvres d'une véritable émotion dramatique. Notons enfin les spectacles de la cour : un Am'phitryon qui n'eut aucun succès (1786), et pour l'Opéra, un OuiUaume Tell, dont l'accueil fut au contraire triomphal (1791).

Il n'est pas sans intérêt, puisque aussi bien nous interrogeons ici les gens d'esprit de cette époque sur leur façon de juger, cfe montrer un peu quelle impression Sedaine avait faite et ce qu'on admirait surtout sous sa plume.

Diderot, que plusieurs endroits de sa correspondance montrent absolument enthousiaste, mais d'ailleurs aussi ses propres essais de théâtre, consigne cette note dans son Paradoxe sur le comédien :

Sans vouloir préférer Sedaine à Voltaire, ni Voltaire à Sedaine, pourriez-vous me dire ce qui serait sorti de la tête de Fauteur du Philosophe sans ie savoir, du Déserteur et de Paris sauvé, si, au lieu de passer trente-cinq ans de sa vie à gâcher le plâtre et à cniiper la pierre, il eût em])loyé tout ce temps, connue

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Voltaire, vous et moi, à lire et à méditer Homère, Virgile, Le Tasse, Cicéron, Démosthène et Tacite? Nous ne saurons jamais voir comme lui, et il aurait appris à dire comme nous. Je le regarde comme un des arrière-neveux de Shakspeare.

On a de Voltairo (le 11 avril 1 769) cette lettre charmante à Sedaine :

Je vous ai plus d'obligations que vous ne croyez, monsieur. Jï'tais très malade, lorsque j'ai reçu les deux pièces que vous avez bien voulu m'envoyer ; elles m'ont fait oublier tous mes maux. Je ne connais personne qui entende le théâtre mielix ((ue vous et qui fasse parler ses acteurs avec plus de naturel. ('"est un grand art que celui de rendre les hommes heureux pendant deux heui'es ; car, n'en déj)laise à MM. de Port-Royal, c'est être heureux que d'avoir du plaisir : vous devez aussi en avoir beaucoup en faisant de si jolies choses...

Dans les textes qui seront ])ubliés ci-après, on devra remarquer la façon très spéciale dont Sedaine faisait imprimer les paroles des parties chantées : avec leurs concordances entre elles, leurs répétitions, qui jamais n'étaient au hasard, mais selon le jeu de la scène et l'expression des personnages. Il est dommage que ce procédé, qui fait image en quelque sorte, ait été alDandonné depuis.

VADE LES TROQUEURS

OPERA-COMIQUE, EN UN ACTE, REPRESENTE POUR LA PREMIÈRE FOIS SUR LE THÉÂTRE DE LA FOIRE SAINT LAURENT, LE 30 JUILLET 1753.

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