SCÈNE II
.lE AN-LOUIS, LOUISE, JEANNETTE, LA TANTE, BERTRAND {Il a une lacjueite à la main, dont il niaise.)
JEAN-LOUIS
Je le veux, je le veux. Eh bien !
LOUISE, à fart Ah ! ciel !
LA TANTE
On l'a vu, on l'a vu.
BERTRAND
n était de l'autre côté de l'eau.
LOUISE
Vous l'avez vu. Et comment avez-vous fait?
BERTRAND
En regardant.
LOUISE, en levant les épaules de pitié. En regardant !
LA TANTE
J'ai vu l'instant qu'il allait se jeter à la nage : mais son havrosac, son épée, tout cela l'embarrassait. Il fait le tour.
LOUISE
Il a bien fait.
JEAN-LOUIS
Il a bien fait.
JEANNETTE
Il a bien fait.
BERTRAND
Oui, oui, il a bien fait.
JEAN-LOUIS
Or çà, Louise, il faut que tu fasses ce qu'a recommandé Mme la duchesse.
LOUISE
Quelle fantaisie !
SEDAtNE. — LE DÉSERTEUR == 2-47
JEAN-LOUIS
Elle le veut ; et voilà la lettre.
LOUISE
Vous ne voulez pas nous la lire?
JEAN-LOUIS
Si, si, si, je vais vous la lire : mais il faut bien ni'écouter, et ne pas m'interronipre, comme vous faites les soirs, quand. je lis de mon gros livi-e.
LOUISE
Lisez donc, mon père.
JEAN-LOUIS
Or çà, écoutez. Mettons-nous là.
LOUISE
Ah ! mon père ! mettons-nous plutôt sous cet orme.
JEAN-LOUIS
Où tu voudi'as, je le veux bien. Mettez-vous là, vous, Marguerite, et toi ensuite. Passe là. Jeannette, et toi près de moi ; tu y es la plus intéressée. (Quand ils sont tous assis, il tire sa lettre.) Or çà, écoutez-vous?
LOUISE
Oui.
Oui.
Oui.
Ah ! que oui.
Vous écoutez tous?
Tous.
Tous.
Tous.
( )ui, tous, tous.