‹ La musiqueChapitre 158 sur 181 · SCENE PREMIERE ORESTE ET PYLADE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE ORESTE ET PYLADE

PYLADE

Quel silence effrayant ! quelle douleur funeste ! Quoi? tu ne me réponds que par de longs sanglots !

Que peut la mort sur l'âme des héros?

Ne suis-je plus Pylade? Et n'es-tu plus Oreste?

ORESTE

Dieux ! à quelles horreurs m'aviez-vous réservé? D'un aveugle destin déplorable victime,

Partout errant et partout réprouvé, Mon sort est accompli, j'étais né pour le crime !

PYLADE

Que dis-tu? quel est ce remords?

Quel nouveau crime enfin?

ORESTE

Je t'ai donné la mort ;

274 LA MIJSIQUF:. — CIIAP, V l ==

rv iiT'tait pas assez (|ue ma main meurt ri ("to Vm\ |)l(iiiji,('' le poiuiiaid dans le ciTur d'une ni«''ie, Les dieux Jiie réservaient pciur un foil'ail nouveau : .le n'avais qu un aini, je deviens son bourreau.

Dieux, qui me poursuivez, dieux, auteurs de nu's crimes,

l)e l'enter scms nu's pas entr'ouviez les abîmes!

Ses su|)pliees pour moi seront t'ueor trop doux.

J'ai trahi l'amitié, j"ai trahi la nature,

Des j)lus m)irs attentats j'ai comblé la mesure!

Dieux! frappez le coupable et justifiez-vous!

Dieux, qui me poursuivez, dieux, auteurs de mes crimes,

De l'enfer sous mes pas entr'ouvrez les abîmes !

Ses supplices {)our moi seront encor trop doux.

PYLADE

Quel langage accablant pour un ami (pii t'aime!

Reviens à toi, mourons dignes de nous.

Cesse dans ta fureur extrême

D'outragei' et les dfenx, et Pylade, et toi-même !

Si le trépas nous est inévitable, (Quelle vaine terreur te fait pâlii- pour moi? Je ne suis pas si misérable, Puisqu'enfm je meurs près de toi.

Unis dès la plus tendre enfance, Nous n'avions qu'un même désir.

Ah ! mon cœur applaudit d'avance Ail coup qui va nous réunir.

Le sort nous fait périr ensemble, N'en accuse point la rigueur :

La mort même est une faveur, Puisque le tombeau nous rassemble.

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