SCÈNE IV AKMIDE, KENAL'D, IBALDK, LE CIIKVAIJEK IJANOIS
KKNAUD
Allous, liâtuiis-nous de partir.
ARMiDE. saivdid Renaud.
Renaud ! Ciel ! à mortelle peine !
Vous partez, Renaud ! vous partez !
Dénions, suivez ses pas, volez et Tarrêtez. Hélas ! tout me trahit, et ma puissance est vaine !
Renaud ! Ciel ! ô mortelle peine !
Mes cris ne sont plus écoutés !
Vous partez, Renaud ! vous partez !
{Renaud s'arrête pour écouter Armide qui continue à lui parler.) Si je ne vous vois plus, croyez-vous que je vive? Ai-je i)u mériter un si cruel tourment? Au moins comme ennemi, si ce n'est comme amant,
Enmienez Ainiide captive.
J'irai dans les combats, jirai m'offrir aux coups
Qui seront destinés pour vous.
Renaud, pourvu que je vous suive, Le sort le plus affreux me paraîtra trop doux.
RENAUD
Armide, il est tem})s que jévite -
Le péiil tioj) charmant (pie je trouve à vous voir. -m
La Gloire veut (]ue je vous quitte, . * Elle ordonne à l'Amour de céder au devoir.
Si vous souffrez, vous pouvez croire Que je m'éloigne à regret de vos yeux,
=^ OUINAIJLT. — AIUIIDR il
Vous régnerez toujours dans ma nuMiioirc ; Et vous serez, après la Gloire, Ce que j'aimerai le mieux.
AKMIDE •
Non, jamais de TAmour tu n'as senti le ciiarme. Tu te plais à causer de funestes malheurs, 'i'u m'entends soupirer, tu vois couler mes pleurs, Sans me rendie un soupir, sans verser une larme. Par les noeuds les plus doux je te conjuie en vain ; Tu suis un fier devoir, tu veux qu'il nous sépaie.
Non, non, ton cœur n'a rien d'humain,
Le cœur d'un tigre est moins barbare.
Je inourrai si tu pars et tu n'en peux douter,
IngTat, sans toi, je ne puis vivre ; Mais, après mon trépas, ne crois pas éviter
Mon ombre obstinée à te suivi'e.
Tu la verras s'armer contre ton cœur sans foi.
Tu la trouveras inflexible !
Comme tu l'as été poflr moi ;
Et sa fureur, s'il est possible, Egalera l'amour dont j'ai brûlé pour toi...
Ah ! la lumière m'est ravie !
Barbare, es-tu content?
Tu jouis en partant,
Du plaisir de m'ôter la vie.
{Armide tomie et s'évanouit.)
RENAUD
Trop malheureuse Armide, hélas !
Que ton destin est déplorable !
UBALDE et LE CHEVALIER DANOIS
Il faut partir, hâtez vos pas, La Gloire attend de vous un cœur inébranlable.
RENAUD
Non, la Gloire n'ordonne pas Qu'un grand cœur soit impitoj-able.
UBALDE et LE CHEVALIER DANOIS, emmejiant Renaud malgré lui. Il faut vous arracher aux dangereux appas D'un objet trop aimable.
RENAUD
Trop mallieureuse Armide, hélas !
Que ton destin est déplorable !
A8 = LA MUSIOUR. — INTRODUCTION ==