SCÈNE DERNIÈRE A RM IDE, SEULE
ARMIDE
Le perfide Renaud me fuit. Tout perfide qu'il est, mon lâclie cœur le suit. Il me laisse mourante, il veut que je périsse, A regret je revois la clarté qui me luit,
L'horreur de réternelle nuit
Cède à riiorreur de mon supplice.
Le perfide Renaud me fuit ; Tout perfide qu'il est, mon lâclie cœur le suit.
Quand le barbare était en ma puissance, Que n'ai-je cru la Haine et la Vengeance ! Que n'ai-je suivi leurs transports !
Il m'échappe, il s'éloigne, il va quitter ces bords ; D brave l'enfer et ma rage ; Il est déjà près du rivage, Je fais, pour m'y traîner, d'inutiles efforts.
Traître, attends... je le tiens... je tiens son cœur perfide...
Ah! je l'immole à ma fureiu"...
Que dis-je ! Où suis-je ! hélas ! Infortunée Armide !
Où t'emporte une aveugle erreur?
L'espoir de la vengeance est le seul qui me reste. Fuyez, Plaisirs, fuyez, perdez tous vos attraits. •
Démons, détruisez ce palais.
Partons, et, s'il se peut, que mon amom" funeste Demeure enseveli dans ces lieux pour jamais.
{Lps Démons détruisent le palais enchanté, et Armide part sur un chm volant.)