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SCÈNE II TÉLAÏRE, PHÉBÉ

PHÉBÉ

OÙ courez- VOUS? Calmez cette douleur extrême.

TÉLAÏRE

Au pied de ce tombeau, laissez tomber mes pleurs En dois-je craindre les horreurs, Quand j'y viens expirer moi-même?

Lincée a vaincu mon amant.

Je perds un héros que j'adore.

Hélas ! puis-je à mes maux ajouter le tourment De voir à mes genoux son rival que j'abhorre?

PHÉBÉ

Poilu x est immortel : ce héros offensé

Va le venger et vous défendre.

D'un frère et d'un dieu courroucé Vous devez tout attendre.

(Air.)

Que le sort de vos ennemis De votre cœur enfin calme la violence !

Goûtez l'espoir de la vengeance Quand celui de l'amour ne vous est plus permis !

TÉLAÏRE

(Mr.)

Quelle faible victoire Lorsqu'on perd un bien sans retour!

La vengeance plaît à la gloire Mais ne console pas de l'amour.

Quel fut sur moi votre avantage Quand les fils de Léda virent naître nos feux? Castor était mortel : Castor eut tous mes vœux.

= GENTIL-BERNARD —CASTOR ET P0LLUX = 9o

Le fils dp Jupiter, son frère, eut votre lioiiimage, Et sou nom raffrauchit du séjour ténébreux. Jouissez, jouissez de cet heureux partage !

PHÉBÉ

(Ain)

Qu'il est aisé de s'enflammer, Mais que j'ai lieu de m' alarmer

D'un amour téméraire !

Pourquoi le dieu qui fait aimer ]^'est-il pas le dieu qui fait plaire?

La gloire trop longtemps me dispute son cœur.

TÉLAÏRE

Un tendre intérêt vous appelle Aux lieux où combat le vainqueur.

iVUez, allez jouir de sa gloire nouvelle ! x\u nom d'une amitié fidèle Laissez-moi toute à ma douleur :

Mon cœur n'est plus fait que pour elle !

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