GENTIL-BE11NARD, — CASTOR ET P0LLUX
TÉLAÏRE
Vous le pouvez, et mon unique espoir De vous seul enfin va dépendre.
POLLUX
Parlez! Que faut-il entreprendi'e?
Ah! disposez ici du suprême pouvoir!
Le roi du ténébreux empire N'a pas vu tout entier le malheureux Castor. Sa plus belle moitié, son amour vit encor.
Et c'est par lui que je respire.
TÉLAÏRE
Qu'entends-je?
POLLUX
Oui, belle Télaïre, Je brûle de ses feux, je vis de son ardeur.
Quand pour Lincée il m'a laissé sa haine, Tout son amour pour vous a passé dans mon cœur,
Et ce feu puissant qui m'entraîne, Au cœur d'un immortel se rallume aujourd'hui. Pour être immortel comme lui.
TÉLAÏRE
Que faites-vous? 0 ciel! ses mânes vous entendent... J'allais, seigneur, tombant à vos genoux. Exiger d'autres soins de vous.
Que les dieux, que mes pleurs, que vos vertus demandent !
POLLUX
Télaïre, vos pleurs sont les dieux qui commandent.
TÉLAÏRE
Jupiter vous donna le jour, A votre frère il peut le rendre.
Aux larmes de son fils quelle marque plus tendre Peut-il donner de son amour?
POLLUX
Quel ordre ! Quel espoir ! et qu'entends-je à mon tour !
TÉLAÏRE
Allez ! prince, à ses pieds osez vous faire entendre ! Montrez qu'aux immortels votre sort est lié. Jupiter, dans les cieux, est le dieu du tonnerre,
Et Pollux, sur la terre.
Sera le dieu de l'amitié.
D'un frère infortuné ressusciter la cendre. L'arracher au tombeau, m'empêcher d'y descendre,
LA MlJSlgUE