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SCÈNE V

L'ÉVEILLÉ, NICETTE l'Éveillé

Air : L'Agaçante. Je vous aime, Célimène.

Finette avec moi s'engage.

Ma parsonne l'attendrit.

Je l'empaumons par mon langage :

Morgue, vivent les gens d'esprit.

us = LA MUSIQUE. — CHAP. U\ -

La fortune nie rit ; J'épousons la parle du village.

La fortune me rit.

Morgue, vivent les o;ens d'esprit.

XI CETTE

Ah ! vous en avez? Donnez-m'en, monsieur l'Eveillé. l'éveillé

Air : Viens, ma bergère, viens seulette, ô Ion lan la landerira.

Que voulez-vous de moi. Ni cette?

0 Ion lan la landerira.

Tatigué, qu'aile est joliette ! 0 Ion lan la landerirette :

Que d'agréments elle a déjà !

NICETTE

Air : Vous en venez, vous en venez.

L'esprit serait mieux mon affaire ; J'en demande mon nécessaire.

l'éveillé Oh ! puisque vous en désirez, Vous en aurez, vous en aurez :

Je prévois bian que vous en aurez.

Que vous en aurez.

MCETTE

Voyez ce vilain M. Narquois ! il m"a dit com' ça, que ça ne se pouvait pas.

l'éveillé *

Bon, bon ! V'ià encore un biau olibrius, il n'a de l'esprit qu'en latin ; j'en avons en français.

Air : Le tout par nature.

Oh ! quant à l'égard de ça, Du reste j'en avons là.

Comme moi Finette en a.

Et bientôt, je vous jure.

Comme à nous il vous \nandra ; Le tout par nature.

Et ça ne peut -il pas se donner.

l'éveillé Oui, vi'aiment.

Air : Tout cela m'est indifférent.

En voici la comparaison :

Lorsqu'on greffe un sauvageon, La sève, par ce stratagème, Se communique et fait profit...

Il en est ainsi tout de même :

On peut se bâiller de l'esprit.

NICETTE

Et ne pourriez-vous m'en faire avoir dès à présent?

l'éveillé Moi? Eh mais... Tatiguoi ! Aile est bien drôlette !

Air : 0 ricandaine, ô ricandon.

Et pourquoi non, mon biau tendron?

0 ricaudaine, ô ricaudon.

Quoique j 'ayons l'air un peu rond,

J'en savons long.

Avec ce petit bec mignon.

Votre recharge, mon trognon,

N'est pas vaine.

Le joli minois que voilà !

Pour vous il me parle déjà.

(Il rit.) Ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! Ça, puisque l'esprit est sur jeu, Par la jarni, je sens bien que...

Oui, je vous en baillerai,

0 ricaudaine, Je vous en donnerai,

0 ricaudc.

NICETTE

Air : Donnez, Amants; mais donnez bien.

Vaudeville du Magnifique.

Vos bontés me rendent confuse :

120 = LA MUSIOUE. — ClIAl'. III ■

Me ferez-vous de tels })réscnts?

A moi (jui n'ai que (juatorze ans.

l'évkillé Jamais l'esprit ne se refuse...

Laissez faire, je vous donnerai tout ce que j'en ai. MCETTE, à part.

Air : Nun je ne veux fcis rire.

Me donner tout l'esprit qu'il a 1 {Bis.) Vaux-je la peine de cela?

l'éveillé Oui, ma petite reine Vous en valez bian la peine, Vous en valez biàn la peine.

Oui-dà, Vous en valez bian la peine.

XICETTE

Air : Allons la voir à Saini-Cloui.

D'un pareil bien fait, hélas !

Je serai reconnaissante.

Surtout ne me trompez pas ; Car je suis bien innocente.

l'éveillé Pargué, j'en serais bian fâché.

XI CETTE

n faut me faire bon marché ; Car je ne suis pas riche.

l'éveillé Et moi, je ne suis pas chiche.

Je sis un garçon fort sarviable, fort chaiitable ; je ne demandons que vot' amiquié.

XICETTE

C'est trop juste.

l'É\'EILLÉ

x\iR : Vaudeville du retour de Fontainebleau.

Gardez-vous, sur cet entretien, De jaser avec Finette.

Allez, je vous instruirons bien ; Ça, commençons, belle Nicette.

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