‹ La musiqueChapitre 96 sur 181 · LE PRÉCURSEUR · texte numérisé non relu

LE PRÉCURSEUR

YA nonobstant ton entêtement et l'opiniâtreté de ta démence, je ne t'ai pas rejeté dans ma colère, comme tu méritais, et je ne t'ai pas livré au mépris de tes voisins.

Et j'ai eu pitié deTenfance de ton jugement et de la dureté de ton oreille, et j'ai entrepris de te ramener dans la voie juste par les chemins mêmesoùtu t'étais égaré dans la folie de ton cœur.

Et j'ai entrepris de te dégoûter de la monotonie du Florentin et de l'insipidité de ceux qui l'ont suivi pendant plus de quarante ans.

Et j'ai fornu^ un homme exprès et j"ai organisé sa tête, et je l'ai animé, et je lui ai dit : aie du génie et il en a eu.

Et quand il fut temps, je l'envoyai et je lui dis : empare-toi de la scène qu'ils ont appelée Académie de musique, encore que ce n'en soit pas une, et purge-la de toute cette mauvaise nuisique qu'ils ont fait faire par des gens que je n'ai jamais avoués, à commencer du Florentin qu'ils appellent grand, jusqu'au petit Mouret qu'ils appellent gai et gentil.

Et tu les étonneras par le feu et la force de l'harmonie que j'ai mise dans ta tête et par l'abondance des idées dont je l'ai pourvue.

Et ils appelleront baroque ce qui est harmonieux, comme ils appellent simple ce qui est plat. Et quand ils t'auront appelé

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