VICTOR MASSON ET FILS
PI.4CK I>B 1,'ÉCOf.E DE MÉDECINE
Avant d’être traduit en français, ce livre a déjà trouvé auprès d’un grand nombre de savants et de musiciens français un accueil plus favorable que je n’aurais osé l’espérer. Il m’a semblé, et j’ai pu m’en convaincre dans les deux voyages que j’ai faits à Paris, il m’a semblé, dis-je, que la connaissance de la musique et l’aptitude à suivre des excursions dans le domaine des sciences exactes, se trouvaient plus fréquemment réunies en France que cela n’a ordinairement lieu dans les autres pays de l’Europe, pour des études d’une nature aussi différente. J’ai donc vu avec le plus grand plaisir disparaître dans celte traduction, qui m’a semblé bien faite, les obstacles que la différence de langue opposait à la lecture de mon ouvrage. Pour pouvoir répondre moi-même, autant que possible, de la fidélité de la traduction, j’ai revu les épreuves, et même, en quelques endroits, j’ai fait des modifications au texle original ou ajouté des éclaircissements. De même, à la fin du volume, il a été ajouté quelques nouveaux suppléments relatifs à des questions de physique ou de mathématiques.
Je n’ai trouvé aucun motif de modifier essentiellement les aperçus théoriques que renferme mon livre. On a attaqué surtout, parmi les musiciens, ce que j’avais dit au sujet de la différence entre le majeur et le mineur. Mais ma conviction a résisté à toutes les objections qui m'ont été opposées, et je crois encore
aujourd’hui que la pratique des grands maîtres est ici en contradiction avec les théories musicales ordinairement enseignées, tandis qu’elle s’accorde avec la manière dont j’ai présenté les choses.
En revanche, je dois avouer que j’ai beaucoup moins de confiance dans ce que j’ai dit sur l’histoire de la musique. Ce que nous savons sur ce sujet présente généralement tant de lacunes, que beaucoup de choses y demeurent encore à l’état d’hypothèses. Je ne puis même me considérer comme bien expert en pareille matière, et les sources que j’ai eues à ma disposition n’étaient pas très-nombreuses. C’est là un domaine sur lequel on a fait, en France et en Belgique, des travaux beaucoup plus approfondis que chez nous; aussi dois-je réclamer l’indulgence du lecteur, s’il venait à constater de notables erreurs dans cette partie de mon travail.