I.a gamme mineure ascendante
ul — ré — mil, — fa — sol — la — si — ut,
telle que nous l’avions trouvée précédemment par la seule considération des affinités sonores. L’hypodorien (mode de tierce), qui correspond à notre gamme mineure descendante, donne, par le changement de si J, en si,
(I) Der cvangelische Kirchengesang . Leipzig, 1843, vol. 1. Introduction.
ROLE DE LA SENSIBLE
La gamme mineure des instruments :
ut — ré — tml» — fa — sol — /ut — ri — ut,
que les chanteurs exécutent difficilement à cause du saut /«[, — si, mais qui se présente souvent, en montant et en descendant, dans la musique instrumentale moderne.
On retrouve encore le mode dorien (mode de sixte) avec septième majeure, dans la terminaison par l’accord de sixte augmentée dont on a parlé ci-dessus. *
L’introduction de la sensible dans tous les modes montre donc, se développant toujours de plus en plus, le sentiment de la prépondérance d’une tonique dans la gamme. Cette modification n’a pas seulement réduit d’une manière considérable la variété des anciens modes, et diminué essentiellement la richesse des moyens d’expression usités jusque-là ; elle a aussi interrompu et altéré les relations mutuelles des sons de la série originale. Nous avons vu que les plus anciens systèmes étaient des séries de quintes d'abord de cinq, puis de six termes. La domination prépondérante de la tonique comme centre unique du système, n’existait pas encore, ou du moins ne se faisait sentir que d’une manière indirecte, en ce qu’on limitait le nombre des degrés par quintes, aux sons qui existent dans la gamme naturelle. Tous les modes grecs sont forfnés par la série
fa , — ut, — sol, — ré, — la, — mi, — si,.
Mais dès qu’on arrive aux tierces naturelles, on altère la série par l’introduction d’une quinte qui n’est pas tout à fait juste :
La quinte réa — la, n’est pas juste. Et si on introduit enfin la sensible rehaussée, par exemple le so/j? au lieu du sol dans la mineur, on
interrompt complètement la série. .
Dans l’évolution successive du système diatonique, les considérations basées sur l’affinité des sons pris deux à deux ont dû s’effacer devant d’autres, tirées delà nécessité de relier tous les sons à un centre unique. Et, au fur et à mesure de celte transformation, nous voyons aussi que l'idée de tonalité s’est accentuée dé plus en plus nettement dans l’esprit des musiciens.
Le développement ultérieur du système musical européen se rattache d’ailleurs à la naissance de l’harmonie, à laquelle nous allons arriver mainténant.