ACCORDS CONSONNANTS DU TON
La première forme, sous laquelle la musique à plusieurs parties parvint à un certain degré de perfection artistique, fut la polyphonie. Le caractère particulier, distinctif de ce genre, consiste en ce que plusieurs parties sont juxtaposées, et que chacune d'elles est une mélodie distincte, soit la répétition du motif précédemment exécuté par les autres, soit quelque chose de tout à fait différent. Dans ces circonstances, chaque partie devait obéir à la loi générale de toute mélodie, c’est à-dire à la loi de la tonalité, et môme, tous les sons de la „ phrase polyphonique devaient nécessairement se rapporter à la même tonique. Chaque partie, considérée isolément, devait donc partir de la tonique ou d'un de ses plus proches alliés, et aboutir à la tonique. En réalité, dans le commencement, on réunissait toutes les parties d’une phrase polyphonique sur la tonique ou l’une de ses octaves. La loi de . la tonalité était observée, mais on était forcé de terminer à l’unisson une phrase de musique polyphone.
Ce qui fait que les octaves supérieures peuvent accompagner la tonique dans la terminaison, c’est que, comme nous l'avons vu dans le précédent chapitre, ces octaves ne sont que la répétition partielle du son fondamental. Par suite, en juxtaposant dans la terminaison une des octaves supérieures à la tonique, nous ne faisons qu’en renforcer certains éléments ; il ne vient donc s’ajouter aucun son nouveau, et l’accord ne contient jamais que les parties constitutives d'un seul son, la tonique.
lien est exactement de même des autres sons partiels de la tonique. Le premier progrès qui devait se faire dans le développement de l’accord final, devaitôtre l’addition de la douzième. L’accord ut0 — ut, — sol, ne contient aucun élément étranger au son ut0, et un morceau dont la tonique est ut, pourra convenablement se terminer par tout accord, qui pourra être considéré comme le représentant du son simple ut.
De même, l'accord ut, — sol , — ut% pourra être employé dans le même sens; car, si on le donne, on entend, faiblement à la vérité, mais néanmoins d'une manière perceptible, s’ajouter le son résultant