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SYSTÈME DES TONS

Au premier abord, rien ne fixe la hauteur de la tonique d’un morceau. Mais si l’on a des instruments ou des voix d’une étendue déterminée, pour exécuter différentes mélodies, différents morceaux, il faudra prendre la tonique à différentes hauteurs, selon que l’air s’élève au-dessus, ou descend au-dessous de la tonique. Cette note doit être placée à une hauteur telle, que le morceau soit compris tout entier dans les limites de la voix ou de l’instrument sur lequel il doit être exécuté. Cette considération pratique ne peut être éludée, et implique la possibilité de pouvoir placer le son fondamental d’un morceau à une hauteur quelconque.

En outre, dans un morceau un peu long, on éprouve le besoin de changer de temps en temps de tonique, c’est-à-dire de moduler , pour éviter la monotonie, et pour mettre à profit l’effet musical produit par le changement et le retour du ton primitif. De môme que les dissonnances font ressortir les consonnances, leur donnent plus d’action, de même quelques excursions dans les tons voisins renforcent encore le sentiment de la tonalité dominante, ainsi que le bien-être qu’on y trouve. La variété d’effets obtenue au moyen des modulations est .d’autant plus nécessaire dans la musique moderne, que l’ancien principe qui permettait de varier l’expression au moyen des divers modes, a dû disparaître ou du moins se renfermer entre des limites très-étroites.

Les Grecs pouvaient librement choisir entre sept modes, le moyen Age entre cinq ou six, et nous seulement entre deux, le mode majeur et le mode mineur. Ces anciens modes comportaient une série variée de caractères, dont deux seulement sont encore restés à la disposition delà musique harmonique. En revanche, pour accroître la clarté et la solidité de construction d’une phrase harmonique, les modernes peuvent se permettre de plus grandes libertés dans les excursions en dehors du ton initial, et ouvrir par là, à la richesse des combinaisons musicales, un domaine nouveau qui n’était que très-peu accessible aux anciens.

Enfin je dois encore mentionner la question si souvent soulevée, de savoir si les différents tons ont, pareux-mômes, des caractèresdifférents.

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