CHAPITRE II
COMPOSITION DES VIBRATIONS
A la fin (lu chapitre précédent, nous avons rencontré ce fait remarquable, que l’oreille humaine, dans certaines circonstances, décompose le son produit par un instrument, en une série de sons élémentaires, le fondamental et les harmoniques, tous perçus et isolément distingués par elle. Que l’oreille puisse distinguer les sons les uns des autres, quand ils émanent d’une source variable et de plusieurs corps sonores différents, c’est ce que nous apprend l’expérience de chaque jour. Nous pouvons, sans difficulté, dans un concert, suivre la marche mélodique de chacune des parties vocales ou instrumentales, en concentrant sur elle notre attention ; avec un peu plus d’exercice, on arrive même à suivre le mouvement simultané de beaucoup de parties entremêlées.
Cette faculté existe, du reste, non-seulement pour le son musical, mais aussi pour le bruit ou pour le mélange des deux éléments. Quand plusieurs personnes parlent à la fois, nous pouvons, en général, à volonté, écouter et comprendre les paroles de l’un ou de l’autre des interlocuteurs, pourvu que sa voix ne soit pas trop écrasée par la seule intensité des autres. Il s’ensuit d’abord, que beaucoup d’ondes sonores diverses, peuvent simultanément se propager à travers une même masse d’air, sans se détruire réciproquement; ensuite, que l’oreille humaine possède la faculté d’analyser le mouvement aérien composé, produit par plusieurs agents sonores agissant simultanément, et de retrouver dans la sensation de ce mouvement, chacun des éléments constitutifs. Nous décrirons plus tard, de quelle nature est le mouvement de l’air dans le cas de plusieurs sons simultanés, et en quoi ce mouvement composé se distingue du son unique. On verra alors qu’il n’y a pas, dans tous les cas, une différence certaine et bien marquée entre le mouvement de l’air dû à plusieurs sons, émanant de sources distinctes, et celui correspondant au son d’un seul corps sonore ; en tant, toutefois, que ce mouvement de l’air peut agir sur l’oreille, et que celle-ci, par conséquent, grâce à la faculté d’analyser les sons composés, peut aussi décomposer le son simple en ses parties constitutives.