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Nous commencerons notre étude par les sons qui ne sont pas accompagnés de notes supérieures, c’est-à-dire par les sons simples. On peut aisément produire des sons de cette espèce parfaitement purs, en faisant vibrer un diapason à l’orifice d’un tuyau sonore, de la manière que nous avons décrite au chapitre précédent. Les sons ainsi obtenus sont en général doux, ne présentent ni mordant ni dureté; ainsi que nous l’avons dit précédemment, ils paraissent plus bas qu’ils ne sont en réalité, au point que ceux d’entre eux qui égalent en hauteur les sons graves d’une voix de basse-taille, produisent une impression grave toute particulière et insolite : leur timbre a quelque chose de sombre. Les sons simples, compris dans le registre du soprano, sont clairs ; les plus élevés mêmes sont très-doux, sans aucune trace de cette acuïté stridente dont sont affectés les sons aigus de la plupart des instruments : les sons de flûte seyls ont quelque chose d’analogue, parce qu’ils ont des harmoniques peu nombreux et faiblement perceptibles, ce qui les rapproche des sons simples. Parmi les sons de la
voix humaine, la voyelle OU se rapproche des sons simples, quoiqu’elle ne soit pas entièrement exempte de sons partiels. En comparant le timbre d’un son simple avec celui d’un son composé accompagné d’harmoniques peu élevés, on observe que le dernier, à côté du son simple, a quelque chose de plus éclatant, de plus métallique, de plus sonore. La voyelle OU elle-même, quoique la plus sourde et la plus pauvre en sonorité de toutes les voyelles, est remarquablement plus éclatante et moins sourde qu’un son simple de même hauteur. C'est que, si nous considérons la série des six premiers sons partiels d’un son composé, nous pouvons très-bien admettre, au point de vue musical, que ce dernier représente une sorte d’accord majeur avec un son fondamental prépondérant. Et en réalité un son de cette nature, une belle note delà voix, par exemple, possède, contrairement au son simple, un timbre où l’on distingue quelque chose de l'effet agréable d'un accord harmonieux.
Puisque la forme d’une onde sonore simple est complètement déterminée, lorsqu’on connaît l'amplitude de la vibration, les sons simples peuvent différer d’intensité, mais non de timbre. Par le fait, le caractère de ces sons est toujours le même ; seulement il faut avoir le soin de transmettre àl’airenviron nantleson fondamental d’un diapason, comme nous l’avons expliqué précédemment, au moyen d'un tuyau sonore d’une substance convenable, telle que du verre, dumétal ou du carton, ou bien encore par le moyen d’une corde ; il faut, en outre, que rien dans l’appareil ne puisse donner lieu à des crépitations résultant de chocs.
Des sons simples, et qui sont seulement accompagnés de bruissements de l’air, peuvent être obtenus, ainsi que nous l'avons dit, quand on souffle dans la concavité d’une bouteille. Dès qu'on parvient à éliminer les petits bruits accessoires, le timbre musical de ces sons redevient identique à celui du diapason.