SONS ACCOMPAGNÉS D’HARMONIQUES FAUX
simples plus ou moins purs. Nous rencontrons en premier lieu, ceux qu’on obtient avec les diapasons , lorsqu’après les avoir ébranlés, on les place sur une table de résonnance, ou très-près de l’oreille. Les sons partiels des diapasons sont très-élevés ; dans les diapasons dont j’ai fait usage, le premier correspondait à des nombres de vibrations 8 6
de 5 fois ^ à 6 fois ^ plus grands, que celui des vibrations du son
principal : il se trouvait situé, par conséquent, entre la troisième quinte diminuée, et la troisième sixte majeure de la note fondamentale. Les nombres de vibrations de ces sons élevés sont entre eux comme les carrés des nombres impairs : si le premier don ne 3 X3 = 9 vibrations, les suivants en produisent 3x3=23, 7 X 7 = 49, etc. Leur hauteur croit alors extraordinairement vite ; en règle générale, ces notes ne sont pas harmoniques avec le son principal, mais il peut s’en rencontrer qui le soient par exception. Si nous appelons ut, la note principal d’un diapason, les suivantes seront à peu près /as4, re5, wf#„. Ces notes supérieures forment un tintement très-distinct, non harmonique avec le son générateur, etque l’on entend facilement si l’on attaque le diapason à une certaine distance ; si au contraire, on porte le diapason tout près de l’oreille, on n’entend plus que le son générateur. L’oreille sépare aisément le son principal de ses notes supérieures, et n’a aucune tendance à les confondre ; les notes élevées s’éteignant généralement vite, tandis que le son principal a une durée assez prolongée. D'ailleurs, il est à remarquer, que la série supérieure des sons du diapason varie un peu avec la forme de l’instrument, et que, par suite, les indications qu’on retire de ces expériences ne peuvent être qu’approximatives. Dans la détermination théorique des sons partiels, on pourra considérer chaque branche du diapason comme une tige fixée par une de ses extrémités.
Les tiyes droites élastiques donnent également, ainsi que nous l’avons dit ailleurs, des notes supérieures non harmoniques et passablement élevées. Si l’on fixe ces tiges suivant deux lignes nodales de leur son principal, la résonnance de ce dernier se trouve favorisée bien plus que celle des notes supérieures, lesquelles, se perdant assez vite, ne troublent point trop la sensation. Malgré cela, de pareilles tiges demeurent peu applicables à la musique véritablement artistique, quoique de nos jours, et à cause de leur son pénétrant, on les ait ' introduites dans la musique militaire, et dans les orchestres de danse. Autrefois on employait des tiges de verre et de bois dans certains instruments, tels que Y harmonica, le claquebois et l'instrument dt paille. Les tiges se trouvaient serrées entre deux cordons tressés ensemble, de telle sorte qu’elles étaient fixées suivant leurs lignes no-
dalos. On laissait tout simplement les tiges du claquebois reposer sur des cylindres de paille. On jouait de ces instruments avec des marteaux de bois ou de liège.
La matière des tiges n'influe sur le timbre que par le degré de persistance qu’elle prête aux sons supérieurs. Ordinairement, avec un métal élastique et parfaitement homogène, les sons, et surtout ceux du haut, durent plus longtemps qu’avec toute autre substance; cela lient à ce qu'en raison de sa masse considérable, le métal tend à conserver plus longtemps le mouvement une fois commencé. Les métaux qui présentent la plus parfaite élasticité sont l’acier et les alliages du cuivre avec le zinc ou l’étain. Dans les métaux précieux, faiblement alliés, la persistance du son est encore plus grande, quoique l’élasticité soit ici moindre : cela tieut à la densité considérable de ces métaux. L'élasticité, à un degré plus parfait, semble favoriser particulièrement la persistance des sons plus élevés, car les vibrations s’éteignent en général d’autant plus vite qu’elles sont plus rapides, pour une substance imparfaitement élastique. Ce qui caractérise, en général, la qualité spéciale qu’on a l’habitude d'appeler timbre métallique, consiste donc, à mon avis, dans le degré de persistance et de régularité qui distingue les sons partiels relativement élevés. Le timbre du verre jouit de propriétés analogues, mais comme on ne peut demander à cette matière que des ébranlements peu considérables, le son en est toujours faible et doux ; il est assez élevé et se perd très-vite, en raison de la faible masse du corps vibrant. Pour le bois dont la densité est faible, dont la structure intérieure est assez grossière, qui est rempli d’innombrables petites cavités, et qui possède une élasticité imparfaite, les sons s’éteignent rapidement, surtout les sons élevés. C’est pourquoi le claquebois satisfait peut-être plus une oreille musicale que les harmonicas formés par des tiges de verre ou d’acier, et dont les notes supérieures, non harmoniques, sont passablement aiguës. Nous parlerons d'ailleurs plus loin, de l’emploi restreint qu’on peut faire en musique des sons simples de cette nature.
On attaque tous ces instruments avec des marteaux de bois ou de liège, que l’on recouvre de peau afin d’affaiblir les notes supérieures les plus hautes. Ce résultat ne serait pas obtenu avec des marteaux métalliques rigides, qui amèneraient de grandes discontinuités au début du mouvement vibratoire des tiges. Je parlerai bientôt d’une influence de la même nature qui se manifeste dans la manière d'attaquer les cordes vibrantes.
Des plaques parfaitement élastiques , auxquelles on donne les formes circulaire, ovale, carrée, rectangulaire, triangulaire ou hexagonale, possèdent, suivant la découverte de Chladni , la propriété de
SONS ACCOMPAGNÉS D’ilARMONIQUES FAUX. IOI
résonner en affectant un grand nombre de formes différentes de vibration, et par suite de fournir des sons qui, généralement, ne sont pas harmoniques les uns avec les autres. Dans la figure 21 sont représen-
Fig. 21.
tées les formes les plus simples de vibration d’une plaque circulaire ; il se produit des formes autrement compliquées, lorsqu'il existe un plus grand nombre de cercles ou de diamètres qui jouent le rôle de lignes nodales, ou lorsque les cercles et les diamètres se combinent entre eux. Si la forme de vibration A donne l u/,, les autres formes donnent les notes du tableau suivant:
NOMBRE
des
CERCLES NODAl’X.