Won* de® tuyaux de Uùte
Dans les instruments de cette catégorie, on produit le son en dirigeant un courant d’air contre un oritice à bords généralement tranchants, qui conduit à une cavité remplie d’air. Il faut ranger dans cette classe, indépendamment des bouteilles déjà mentionnées dans le précédent chapitre, et représentées, dans la figure 19, les flûtes en général, et la majeure partie des tuyaux d’orgue. Dans la flûte, la masse d'air résonnante est renfermée dans la cavité cylindrique de l’instrument, le souffle arrive de la bouche contre les bords un peu tranchants de l’embouchure. La construction des tuyaux d'orgue est représentée par les deux figures ci-contre. La figure 27 A représente une coupe, suivant la longueur, d’un tuyau de bois rectangulaire, et B figure un tuyau d’étain cylindro-conique. ltR désigne, dans les deux cas, les tuyaux qui renferment la masse d’air résonnante, ait l’embouchure par où arrive le vent, et qui est terminée à sa partie supérieure par une arête aiguë. Dans la figure 27 A, on voit en K la chambre à air où le vent arrive d’abord en sortant du soufflet; l’air ne peut en sortir que par la fente étroite cd, et est poussé exactement contre le tranchant de l’arête. Le tuyau de bois A est ouvert par le haut, il donne un son dont l’onde aérienne est deux fois aussi longue que le conduit RU. L’autre tuyau B est bouché, c’est-à-dire fermé à sa partie supérieure. Il donne un son dont l’onde est quatre fois aussi longue que le conduit RR, et qui, par conséquent, est d’une octave plus bas que le son produit par un tuyau ouvert de même longueur.
De même que pour les tuyaux de ce genre, pour les flûtes, les bouteilles précédemment décrites, les caisses sonores des violons, en peut, en général, avec toute cavité pleine d'air, et munie d’un orifice suffisamment étroit, produire des sons en dirigeant sur cet orifice un courant d’air étroit, en forme de ruban; il faut supposer cet orifice muni de bords assez saillants et tranchants.
C'est le choc de l’air contre ces bords qui donne naissance an son sur tous ces instruments; le courant vient s'y briser, et produit un sifflement ou frôlement particulier, qu’on entend isolément quand il n’y a pas de tuyau adapté, ou quand on perce un orifice semblable
Fig. 21.
sur une planchette. Plus l’orifice est étroit, plus le vent est fort, et plus ce sifflement est aigu. Un bruit de genre doit être considéré, on l’a dit plus haut, comme le mélange d’un grand nombre de sons discordants voisins les uns des autres. La cavité du tuyau vient renforcer, par résonnance, les sons de ce mélange qui correspondent à ses sons propres; ces derniers prennent alors une intensité supérieure à celle de tous les autres, qu’ils couvrent complètement. Aussi, sur tous les instruments de cette nature, entend-on toujours plus ou moins nettement, le frôlement de l’air qui accompagne le son, et qui donne au timbre quelque chose de particulier.
On peut de môme renforcer le son d’un diapason en l'approchant de l’orifice d'un tuyau, lorsque la hauteur du son du diapason correspond à l’un des sons propres à la masse d’air du tuyau, et on peut, au moyen d’une série de différents diapasons, trouver et déterminer facilement et d’une manière précise les sons propres du tuyau (1).
Au reste le caractère musical du timbre de ces tuyaux dépend essentiellement du fait suivant : les harmoniques du son produit par l’air, sont-ils ou non assez voisins des sons
(1) Aussi, dans mes recherches mathématiques, ai-je propose de les appeler aussi ton» de plus forte résonnance. Crelle, Journal de mathématiques, vol. LVII.