‹ La MusiqueChapitre 57 sur 188 · SONS DES TUYAUX DE FU TE · texte numérisé non relu

SONS DES TUYAUX DE FU TE

propres correspondants du tuyau pour pouvoir être renforcés comme le son fondamental?

Ce n’est que dans les tuyaux cylindriques étroits et ouverts, comme les flûtes, et le registre du violon principal dans l’orgue, que les sons propres aigus du tuyau correspondent exactement aux harmoniques du son fondamental. En soufflant plus fort, ce qui augmente la hauteur du frôlement de l’air, on peut fajre parler isolément les sons aigus du tuyau. Une flûte qui, les trous fermés, et avec peu de vent, fait entendre le ré3, donnera re;, si on souffle plus fort; si on augmente successivement la force de souffle, on aura successivement le la3, le ré*, c’est-à-dire, les premier, second, troisième, quatrième harmoniques du ré3. Dans les tuyaux cylindriques, outre le son fondamental, une série d’harmoniques sont renforcés par la résonnance du tuyau, surtout si on souffle avec force, de manière à augmenter beaucoup la hauteur des sons contenus dans le frôlement de l’air. Aussi, sur les jeux de tuyaux cylindriques étroits de l’orgue ( violon principal , violoncelle, contre-basse, viola di gamba), avec un fort courant d’air, le son fondamental est-il accompagné d’une série d’harmoniques nets et éuergiques, ce qui donne au son quelque chose de mordant, analogue au timbre du violon. A l’aide des résonnateurs, je trouve que, dans des tuyaux de ce genre, les sons partiels sont nettement perceptibles jusqu’au sixième. Au contraire, dans les grands tuyaux ouverts cylindriques, les sons propres du tuyau sont tous un peu plus haut que les harmoniques correspondants du son fondamental ; aussi ces derniers sont-ils beaucoup moins renforcés par la résonnance du tuyau. Par la masse d’air plus considérable qu’ils renferment, et par la propriété dont ils jouissent, de ne pas sauter du son à un de ses harmoniques par l'effet d’un courant d’air plus fort, les grands tuyaux forment le fond de la masse sonore de l’orgue, ce qui leur a fait donner le nom de registre principal ; par suite des causes citées plus haut, le son fondamental seul y est plein et fort, et il n’est accompagné que d’un petit nombre de sons partiels plus faibles. Pour le registre principal des tuyaux en bois, je trouve le premier harmonique, l’octave, trèsnet, le second, la douzième, déjà faible; les harmoniques suivants ne sont plus nettement perceptibles. Dans les tuyaux de métal on percevait encore le quatrième son partiel. Le timbre de ces tuyaux est plus plein et plus doux que celui du violon principal. En soufflant doucement dans les jeux de flûte de l’orgue et dans la flûte traversière, on diminue l’intensité des harmoniques dans une plus forte proportion que celle du fondamental, et le son devient faible et doux.

Une autre modification se rencontre dans les registres où les tuyaux sont terminés en forme de cônes (tuyaux à biseau).

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12(i THÉORIE PHYSIOLOGIQUE DE LA MUSIQUE.

Leur orifice supérieur a généralement la moitié du diamètre de la section inférieure; il y en a de plus ou moins larges. C'est le Salicional qui a la plus faible section et le Gemshorn (1) qui a la plus grande pour une môme longueur. Ce qui caractérise ces registres, à ce que je trouve, c’est que quelques sons partiels aigus, du cinquième au huitième, sont relativement plus nets que les harmoniques graves. Cette circonstance rend le son creux, mais particulièrement éclatant.

Les tuyaux cylindriques fermés, d’un petit modèle, présentent des sons propres qui correspondent aux sons partiels impairs du son fondamental, c’est-à-dire au troisième ou à la douzième, au cinquième ou à la tierce au dessus, etc.. Dans les grands tuyaux fermés, comme dans les grands tuyaux ouverts, les sons propres de la masse d’air qui y est renfermée sont sensiblement plus aigus que les harmoniques correspondants du son fondamental émis à l’embouchure ; aussi ces derniers ne sont-ils que peu ou point renforcés. Les grands tuyaux bouchés donnent, par conséquent, le son fondamental presque pur, surtout si on souffle doucement, et nous les avons déjà cités comme exemples de sons simples. Les tuyaux bouchés plus petits font encore entendre très-nettement la douzième, ce qui leur a fait donner le nom de Quintaton (r/uintam tenens). Au reste, le cinquième son partiel y est aussi très-net, surtout si on souffle avec force.

Dans ce qu’on appelle les jeux de flûte (2), le timbre subit uneautre modification. Ici à chaque extrémité du tuyau fermé, le couvercle est traversé par un petit tuyau ouvert aussi long, dans les modèles que j’ai étudiés, qu’un tuyauouvertqui donnerait le cinquième son partiel du son du jeu de flûte. Aussi, le cinquième son partiely est-il relativement plus fort que le troisième, assez faible d’ailleurs, ce qui donne au timbre quelque chose de particulièrement éclatant. Comparé à celui des tuyaux ouverts, le son des tuyaux fermés, auquel manquent les sons partiels pairs, a quelque chose de creux; les grands registres bouchés donnent un son sourd, surtout dans le bas, doux et peu énergique.

Mais, par leur douceur môme, ils forment un contraste très-saisissant avec les timbres plus mordants des petits tuyaux ouverts, et du registre bruyant des jeux de fourniture dont il a été question plus haut, formés, comme on sait, par l’assemblage pour un seul son, de plusieurs tuyaux qui en donnent les harmoniques.

Les tuyaux de bois ne donnent pas un frôlement aussi aigu que les tuyaux de métal ; leurs parois ne renvoient pas aussi bien la trépidation des ondes sonores ; d’où il semble résulter que les vibrations des

(i) Registre non usité en France.

(2; Tuyaux à clicmince.

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